vendredi , 25 septembre 2020
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Coronavirus : un dépistage par bain de bouche autorisé au Canada pour les enfants


Pour se faire dépister en cas de suspicion de Covid-19, il existe deux types de tests principaux : le test virologique (RT-PCR) et le test sérologique. Le premier permet de déterminer si une personne est porteuse du virus au moment du test grâce à un prélèvement par voie nasale et le second permet de rechercher si une personne a développé une réaction immunitaire après avoir été en contact avec le virus via la présence d’anticorps au moyen d’une prise de sang. Dernièrement, la Haute Autorité de santé a rendu un avis favorable à l’utilisation et au remboursement des tests salivaires pour le diagnostic des patients symptomatiques pour lesquelles le prélèvement nasopharyngé est difficile voire impossible. 

Se gargariser avec une solution saline pendant 30 secondes

La salive pourrait en effet être une alternative car ce type de test facilite les prélèvements et se trouve être moins désagréable pour les patients. Au Canada, alors que la population est également aux prises avec des temps d’attente excessivement longs pour pouvoir réaliser un dépistage, les responsables politiques de la province de Colombie-Britannique ont donné leur accord pour un nouveau type de test unique en son genre à destination des écoliers. Celui-ci, appelé «  gargle and spit test » selon le BC Centre for Disease Control (BCCDC), consiste à se rincer la bouche et se gargariser avec une solution saline pendant 30 secondes, pour balayer les tissus susceptibles de contenir des particules virales, puis de cracher dans un tube.

Alléger la demande pour le dépistage par voie nasale

Ce nouveau test pour les élèves de 4 à 19 ans est, selon le BCCDC aussi précis et fiable que les tests avec écouvillon nasal et peut être effectué sans l’intervention d’un professionnel de la santé, bien qu’il doive être pratiqué dans un centre de dépistage. « Les enfants sont de retour en classe et avec la saison automnale imminente, nous prévoyons qu’ils seront plus nombreux à passer des tests dans les mois à venir », explique le Dr David Goldfarb du BC Children’s Hospital. « Nous voulions trouver une solution pour rendre la collecte d’échantillons rapide et simple afin que les parents et les élèves se sentent à l’aise pour venir passer un test. »

Celui-ci a été mis au point par le laboratoire de santé publique du BCCDC en collaboration avec une équipe du BC Children’s Hospital. Et pour aider les enfants à se préparer, l’organisme a publié une vidéo sur son site afin de fournir les instructions à suivre. « Nous avions d’abord envisagé cela comme une option pour aider à alléger la pression sur notre chaîne d’approvisionnement pour la collecte d’échantillons nasopharyngés », explique la Dre Linda Hoang, l’une des responsables médicales à l’origine de cette initiative. Les chercheurs ont tout d’abord réalisé une étude clinique au sein du BC Children’s Hospital pour garantir la performance et l’acceptabilité de ce testauprès des enfants.

Les adultes devront attendre

« En pilotant le programme, le personnel médical et ceux du laboratoire ont entendu que les gens préféraient cette méthode et que les enfants la trouvaient amusante », ajoute le Dr David Goldfarb. Une fois que ce nouveau test a fait ses preuves, ce dernier a été étendu à tous les centres de collecte à l’échelle de la province en quelques semaines seulement. Les enfants qui ne peuvent pas suivre les instructions ou qui sont trop jeunes ont toujours la possibilité de se faire tester via un prélèvement nasopharyngé. Avec la méthode « bain de bouche », les enfants doivent en revanche éviter de boire, manger, mâcher du chewing-gum ou même se brosser les dents, dans les heures qui précèdent le prélèvement. 

Bien que de nombreux adultes préfèreraient aussi cette option, celle-ci n’est pour l’instant proposée qu’aux écoliers, même si la province envisage d’élargir le programme à l’avenir. A noter qu’en ce qui concerne les bains de bouche de type bétadine, la Société française de pharmacologie et de thérapeutique a fait savoir « qu’il n’existe pas de preuve à l’heure actuelle qu’ils diminuent la quantité de virus au niveau de la gorge, ni que cette éventuelle diminution réduirait le risque de transmission du virus ou de déclarer une infection Covid-19 ». Il n’est donc pas recommandé d’effectuer des bains de bouche à la povidone iodée pour diminuer un éventuel portage oropharyngé.

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