vendredi , 11 décembre 2020
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Cosmétiques : trop peu sont sûrs pour la santé, déplore 60 millions de consommateurs


Dans son nouvel hors-série intitulé La crème des cosmétiques (janvier-février 2021), le magazine 60 millions de consommateurs nous propose de profiter des congés de fin d’année pour faire un tri dans notre salle de bain et mieux choisir nos cosmétiques. Car bien que le consommateur soit de plus en plus alerte et averti quant à la dangerosité pour la santé et l’environnement de certains ingrédients, les fabricants ont encore quelques efforts à faire.

Le magazine de défense des consommateurs a passé au crible la liste d’ingrédients, l’emballage et les allégations marketing de quelques 160 produits cosmétiques, appartenant à 14 familles de cosmétiques et une centaine de marques – des classiques de supermarché aux produits d’enseignes spécialisées (Sephora, Yves Rocher) en passant par les marques de distributeur, de luxe ou bio. Le magazine a ainsi distingué trois notes : le vert pour les produits à privilégier, le orange pour les produits comportant quelques substances problématiques pour la santé et/ou l’environnement, et le rouge, pour les produits à proscrire. Il en ressort qu’un tiers des cosmétiques analysés sont classés “à privilégier”(couleur verte), car ils contiennent pas ou que très peu d’ingrédients problématiques pour la santé. 

Fonds de teint, gels douche, dentifrices et sticks à lèvre souvent dans le rouge

D’autres références, en revanche, posent sérieusement problème, estime 60 millions de consommateurs.

  • C’est notamment le cas des fonds de teint : sur douze références analysées, sept sont classées rouge, notamment parce qu’ils contiennent des filtres UV et des silicones.
  • De nombreux gels et crèmes de douche sont également mal notés, du fait de “l’emploi trop fréquent de sodium lauryl sulfate et d’ammonium lauryl sulfate, des tensioactifs irritants pour les yeux et la peau, toxiques pour la vie aquatique”, note le magazine. Celui-ci précise pourtant que “certains fabricants les remplacent par des agents dits éthoxylés, plus doux… mais difficilement dégradables une fois rejetés dans l’environnement”, et qu’une “alternative existe pourtant, comme le coco-glucoside, un dérivé de sucres végétaux doux pour la peau et la planète”.
  • Peut mieux faire également du côté des dentifrices, puisque certains contiennent du sodium lauryl sulfate, agressif pour les muqueuses, là où d’autres, souvent bios, font l’impasse sur le fluor, pourtant essentiel pour lutter contre les caries. Les alternatives plus “naturelles” utilisées à la place du fluor “n’ont pas d’allégation santé” ou “ne sont pas homologués comme anti-caries”, nous expliquent Sylvie Metzelard, rédactrice en chef du magazine, et Marie-France Corre, consultante consommation et marketing responsables.
  • Le magazine déplore aussi la présence d’ingrédients potentiellement nocifs, issus de la chimie du pétrole, et de BHT, soupçonné d’être un perturbateur endocrinien dans certains sticks et baumes à lèvres.

Cosmétiques solides, un atout pour l’environnement mais pas forcément pour la santé

Nouveauté dans cet nouvel hors-série par rapport au précédent publié en juillet 2017, l’analyse de cosmétiques solides, qui ont le vent en poupe depuis quelques temps. S’ils représentent un atout indéniable pour l’environnement, du fait d’un emballage moins important sinon absent, et pour le porte-monnaie, du fait de leur caractère souvent plus économique, ils ne sont pas forcément parfaits. 60 millions de consommateurs déplore en effet la présence d’ingrédients potentiellement nocifs dans certaines références. 

Certains produits présentent bel et bien des perturbateurs endocriniens suspectés ou des tensioactifs agressifs et allergènes”, note le magazine, qui a notamment attribué la note orange à la “Fleur de shampooing cheveux normaux” de Douce Nature, la note rouge au shampooing solide “Seanik” de Lush (qui contient notamment du sodium lauryl sulfate, irritant), et la note orange au shampooing solide « chanvre Bio & Ortie Bio” de Logona. Ce dernier contient notamment des huiles essentielles, qui peuvent s’avérer irritantes pour les peaux sensibles et sont allergènes.

Notons que le magazine fait état d’un “boom” de l’intérêt des consommateurs pour les cosmétiques faits maison(ou DIY pour “do it yourself”), notamment lors du premier confinement national de 2020. Une tendance qui semble se maintenir dans la durée. Le magazine avertit cependant : gare à l’utilisation “à gogo” des huiles essentielles, et attention à bien respecter les consignes d’hygiène (matériel stérile).

Que penser des applications qui notent les cosmétiques ?

Interrogée par Santé Magazine au sujet des applications smartphone permettant de scanner ses cosmétiques et d’en connaître la note (Yuka, QuelCosmetic, INCI Beauty, Clean Beauty…), l’équipe de 60 millions de consommateurs est nuancée. Certes, ces applications ont le mérite d’exister, et permettent au consommateur de faire pression sur les industriels afin qu’ils s’améliorent.

Mais elles ont toutefois des limites et des défauts : certaines pénalisent des produits quel que soit la place du ou des ingrédient(s) indésirable(s) dans la formule et donc quelle qu’en soit la concentration dans le produit ; d’autres n’évoquent pas le risque environnemental. Certaines se retrouvent également avec un même produit à qui l’on a attribué plusieurs notes du fait d’un changement opéré par l’industriel dans la liste d’ingrédients. Difficile alors pour le consommateur de s’y retrouver. Le mieux est encore de s’atteler à lire soi-même la liste d’ingrédients affichée sur l’emballage, en mémorisant les ingrédients à fuir. fastidieux, mais payant au final. Notons que 60 millions de consommateurs comme son concurrent Que Choisir fournissent une liste des ingrédients à éviter sur leur sites internet.


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