lundi , 14 décembre 2020
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COVID-19 : ce qu’il faut faire pour réduire le risque de transmission en voiture

La voiture représentant un espace clos, le risque de contamination est présent pendant la pandémie de COVID-19 si elle contient plusieurs personnes. Pour le limiter, des chercheurs évoquent dans une récente étude les astuces à suivre : tout est question de configuration de fenêtres ouvertes ou fermées. 


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La transmission de maladies respiratoires infectieuses, y compris le SRAS-CoV-2, est facilitée par le transport de gouttelettes et d’aérosols expirés qui peuvent rester en suspension dans l’air pendant de longues périodes. Après des études concernant les risques de transmission du virus dans des transports clos comme le train et l’avion, des chercheurs de l’University of Massachusetts Amherst (ou UMass Amherst) se sont intéressés au risque concernant la voiture. Il s’agit en effet du mode de transport où la distanciation sociale s’avère être très compliquée à respecter : faut-il donc l’éviter complètement ? Leur étude publiée dans la revue « Science Advances » donne un élément de réponse.

Pour un isolement social maximal, conduire seul est l’idéal, mais cette habitude n’est pas écologiquement durable, et il existe de nombreuses situations dans lesquelles deux personnes ou plus doivent faire le trajet ensemble. Le port du masque et le fait de désinfecter l’habitacle offrent une première étape efficace vers la réduction du risque d’infection en voiture mais même avec des mesures de protection de ce type, l’émission d’aérosols de taille microscopiques est pratiquement inévitable. Les chercheurs ont donc voulu savoir quels modèles de circulation d’air à l’intérieur d’une voiture pourraient augmenter ou limiter le risque d’infection aéroportée pendant les trajets quotidiens.

Fenêtres fermées et climatisation : combo risqué

« On imagine que les gens ouvrent instinctivement les fenêtres juste à côté d’eux lorsqu’ils roulent avec un co-passager pendant la pandémie. Ce n’est peut-être pas optimal, même si c’est mieux que de n’ouvrir aucune fenêtre. », explique l’auteur principal de l’étude le Pr Varghese Mathai, membre de l’UMass Amherst. « Nous avons conçu cette recherche à partir d’un covoiturage, d’un taxi traditionnel ou d’un Uber ou pour des trajets non commerciaux, avec un conducteur et un passager assis à l’arrière, de sorte à ce que l’espacement soit optimal entre les occupants. » Ainsi, leur étude suggère que l’ouverture des fenêtres les plus éloignées du conducteur et du passager pourrait offrir la meilleure protection.

Plusieurs scénarios de transmission d’agents pathogènes aéroportés dans une voiture ont été pris en compte : l’ouverture de toutes les fenêtres ainsi que l’apport d’air frais par les buses d’aération, sont censés créer le meilleur environnement pour réduire le risque de transmission en augmentant de la ventilation. A l’inverse, garder toutes les fenêtres fermées et n’utiliser que le mode de recirculation d’air serait l’option la plus risquée. Mais, conscients de l’impossibilité de garder toutes les fenêtres ouvertes en hiver ou par temps pluvieux, les chercheurs ont aussi analysé ce qui arrive aux aérosols expirées par les occupants à l’intérieur de la voiture sous diverses configurations de fenêtre ouverte et fermée.

Toujours ouvrir les fenêtres à l’opposée des passagers

« Ces minuscules particules potentiellement pathogènes restent dans l’air pendant de longues durées sans se déposer, donc si elles ne sont pas évacuées hors de la cabine, elles peuvent s’accumuler avec le temps, ce qui augmente le risque d’infection.», attestent-ils. L’équipe scientifique recommande d’ouvrir les vitres arrière et avant mais sur les côtés opposés des occupants de la voiture pour créer un courant d’air allant de l’arrière vers l’avant de l’habitacle de sorte à le traverser. Concrètement, l’ouverture de la fenêtre avant du côté droit et de la lunette arrière du côté gauche pourrait mieux protéger le conducteur et le passager des centaines de particules d’aérosol libérées avec chaque respiration.

« Les simulations ont montré un courant d’air qui agit comme une barrière entre le conducteur et le passager. », ajoute le Pr Varghese Mathai, qui a comparé ce phénomène au rideau d’air créé par un courant d’air soufflé verticalement à certaines entrées de supermarché, ce qui empêche l’air de se mélanger à l’air intérieur même si la porte d’entrée est ouverte. « Bien que ces mesures ne remplacent pas le port d’un masque facial à l’intérieur d’une voiture, elles peuvent aider à réduire la charge d’agents pathogènes à l’intérieur de l’espace très confiné d’une cabine.», conclut-il. L’équipe scientifique précise cependant que les implications de l’étude se limitent au mode de transmission aéroporté.

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