vendredi , 11 décembre 2020
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COVID-19 : des tests fréquents et rapides pourraient faire reculer l’épidémie en quelques semaines


Des tests rapides et peu coûteux pour la COVID-19, en particulier pour les personnes ne montrant aucun signe d’infection, pourraient mettre fin à la pandémie dans les six semaines, selon une nouvelle étude menée par des chercheurs de la Harvard TH Chan School of Public Health et de l’Université du Colorado Rocher. Et ce même si ces tests sont nettement moins sensibles que les tests cliniques de référence, à l’instar des tests antigéniques qui permettent de détecter les antigènes queproduit le virus SARS-CoV-2 pour déterminer si la personne est infectée au moment du test. Comme le test RT-PCR (virologique), ce dernier consiste en un prélèvement par voie nasale avec un écouvillon.

Mais grâce à des résultats disponibles en 15 à 30 minutes, ces tests antigéniques qui consistent aussi en un prélèvement par voie nasale avec un écouvillon « permettent la mise en œuvre sans délai des mesures d’isolement et de contact tracing », explique l’Assurance maladie sur le sujet. Publiée dans Science Advances, l’étude suggère que les tests rapides, bien que moins fiables, permettraient aux autorités de santé publique de s’appuyer sur des interventions plus ciblées de confinement. « Notre constat est qu’il vaut mieux avoir un test moins sensible avec des résultats aujourd’hui qu’un test plus sensible avec des résultats demain », déclare l’auteur principal de l’étude le Pr Daniel Larremore.

Le taux de reproduction du coronavirus diminue de 80%

Concrètement, « plutôt que de dire à tout le monde de rester à la maison pour être sûr qu’une personne malade ne transmettra pas le virus, nous pourrions donner des ordres de rester à la maison uniquement aux personnes contagieuses afin que tout le monde puisse vivre sa vie », ajoute-t-il. Pour l’étude les chercheurs ont voulu savoir lequel des deux facteurs concernant le dépistage était le plus important pour freiner la propagation du virus : la sensibilité du testou le délai d’exécution. Pour ce faire, ils ont parcouru la littérature disponible sur la façon dont la charge virale grimpe et diminue pendant l’infection et à partir de quel moment les personnes ont tendance à ressentir des symptômes et à devenir contagieuses.

Ils ont ensuite utilisé une modélisation mathématique pour prévoir l’impact du dépistage avec différents types de tests selon trois scénarios : chez 10 000 individus, dans un cadre de type universitaire avec 20 000 personnes et dans une ville de 8,4 millions d’habitants. Ils ont constaté qu’en ce qui concerne la réduction de la propagation, la fréquence ou le délai d’exécution sont plus importants que la sensibilité des tests. Par exemple pour une grande ville, des tests généralisés deux fois par semaine, avec un test rapide mais moins sensible, ont réduit le taux de reproduction (R0) du virus de 80%. Contre 58% pour les tests PCR plus sensibles mais dont les résultats arrivent en 48H.

« Prioriser la fréquence et le délai d’exécution »

La raison est simple : environ les deux tiers des personnes infectées ne présentent aucun symptôme et en attendant leurs résultats, elles continuent de propager le virus. « Cet article démontre que nous devrions moins nous soucier de la sensibilité des tests et, en matière de santé publique, prioriser la fréquence et le délai d’exécution », ajoute Roy Parker, directeur du BioFrontiers Institute. Les chercheurs ont ensuite voulu déterminer à quel point le fait de privilégier les tests fréquents pouvait raccourcir la durée de la pandémie. Dans leur scénario, 4% des personnes dans une ville étaient déjà infectées et des tests rapides étaient réalisés auprès de trois personnes sur quatre tous les trois jours.

Les cas positifs s’isolaient et les résultats montrent que ce protocole a permis de réduire les infections de 88%, un chiffre « suffisant pour conduire l’épidémie vers l’extinction dans les six semaines », estime l’équipe scientifique. Celle-ci concède cependant que les tests antigéniques nécessitent une charge virale relativement élevée, environ 1 000 fois plus de virus que pour le test PCR, pour détecter une infection. Mais si la crainte est de passer à côté de beaucoup de cas positifs de COVID-19 en début d’infection pour cette raison précise, les chercheurs soulignent qu’une personne infectée « peut passer de 5 000 particules à 1 million de copies d’ARN viral en 18 à 24 heures ».

« Ces tests rapides sont des tests de contagiosité, efficaces pour détecter la COVID-19 lorsque les personnes sont contagieuses », affirme le Michael Mina de la Harvard TH Chan School of Public Health. Ainsi, ces tests pourraient permettre la réouverture des stades de football, salles de concert et aéroports, les gens se testant sur le chemin et portant un masque par précaution. A noter qu’en France les tests antigéniques, disponibles en pharmacie, sont un complément des tests RT-PCR. Sur l’avis de la Haute autorité de santé, ils peuvent être utilisés pour les personnes symptomatiques dans les 4 jours après apparition, et asymptomatiques hors cas contact dans le cadre de dépistages collectifs ciblés.


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