samedi , 17 octobre 2020
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COVID-19 : la France au 8ème rang parmi 21 pays en termes de bilan de mortalité


Le COVID-19 a été la cause directe de centaines de milliers de décès dans le monde. Par effets directs mais aussi indirects car l’impact de la pandémie sur la mortalité ne se limite pas au million de décès confirmés COVID-19 : elle a aussi fait augmenter le nombre des décès par d’autres maladies comme le cancer en raison de son effet sur les systèmes de santé ou de facteurs économiques et sociaux aggravés par la crise. A ce sujet, une équipe de recherche internationale*, à laquelle l’Institut national d’études démographiques a été associé, a voulu évaluer le nombre total des décès dus à la COVID-19 et à toutes les autres causes de mortalité pendant la première vague de l’épidémie.

Pour cela, les chercheurs ont analysé les données de décès hebdomadaires, toutes causes confondues, de 21 pays industrialisés de plus de 4 millions d’habitants, notamment la France, l’Angleterre, le Pays de Galles et l’Ecosse, l’Australie, l’Autriche, le Danemark, l’Espagne, la Finlande… Ils ont utilisé différents modèles statistiques afin d’estimer le niveau « normal » des décès qui se seraient produits dans ces pays en l’absence de la pandémie, entre mi-février et la fin du mois de mai 2020. Ils ont également pris en compte un ensemble de facteurs, dont la température et d’autres éléments saisonniers, ainsi que les tendances générales de court et long termes dans ces pays.

La France parmi les pays avec un impact « moyen »

Ces niveaux normaux ont ensuite été comparés au nombre réel de décès, ce qui a permis d’estimer le bilan de mortalité de la première vague de l’épidémie de COVID-19. Les résultats de l’étude ont montré qu’entre mi-février et la fin du mois de mai, 206 000 personnes supplémentaires sont décédées de toutes causes confondues dans ces 21 pays par rapport aux niveaux attendus en l’absence de pandémie. « Cela représente une augmentation de 18 % sur la période dans l’ensemble de ces pays. L’Angleterre et le Pays de Galles regroupent 28 % des décès en excès de l’ensemble des pays, tandis que l’Italie en représente 24 %, l’Espagne 22 %, et la France 11 %. », indiquent-ils.

L’équipe de recherche a par la suite utilisé ses résultats pour regrouper les pays étudiés en quatre catégories, selon leur bilan de mortalité pendant la première vague de la pandémie de COVID-19. Le premier groupe est composé de ceux qui ont pu éviter une augmentation perceptible des décès : Bulgarie, Nouvelle-Zélande, Slovaquie, Australie, Tchéquie, Hongrie, Pologne, Norvège, Danemark et Finlande. Les deuxième et troisième groupes incluent des pays ayant connu un impact faible à moyen de la pandémie. Le groupe à impact « faible » comprend l’Autriche, la Suisse et le Portugal, tandis que le la France, les Pays-Bas et la Suède figurent quant à eux dans le groupe à impact « moyen ».

Le Royaume-Uni et l’Espagne, les pays les plus touchés

Le quatrième groupe comprend ceux qui ont connu le nombre le plus élevé de décès toutes causes confondues, à savoir la Belgique, l’Italie, l’Ecosse, l’Espagne, l’Angleterre et le Pays de Galles. En effet, l’Angleterre et le Pays de Galles et l’Espagne ont connu l’impact le plus important : environ 100 décès pour 100 000 habitants, soit l’équivalent d’une augmentation relative des décès de 37 % pour l’Angleterre et le Pays de Galles et 38 % pour l’Espagne. La France a connu un impact moins fort : environ 35 décès pour 100 000 habitants, une augmentation relative des décès de 13 %. Selon les chercheurs, « c’est moins que l’augmentation relative des décès en Belgique mais plus qu’en Suisse. »

Plus précisément, le pays se classe au 8ème rang en termes de bilan de mortalité, devant le Portugal, la Suisse et l’Autriche. « L’impact en France n’a pas été aussi fort qu’en Angleterre, en Italie ou en Espagne, mais la France reste au-dessus de la médiane des 21 pays en termes d’excès de mortalité. Elle se distingue également comme un pays dont le nombre de décès en excès a été plus faible que le nombre de décès COVID-19. », explique le Dr Michel Guillot, Directeur de recherche à l’Institut national d’études démographiques et co-auteur de l’étude. Selon l’équipe de recherche, des leçons peuvent être tirées de ces résultats, pour éviter que de futures vagues de l’épidémie ne deviennent mortelles.

Confinement, tests et traçage ont bien permis de limiter le bilan

Par exemple, contrairement au Danemark, l’Espagne, l’Italie et la France se sont confinés une fois la pandémie bien avancée dans la population. La Suède (qui n’a pas mis en place un confinement), l’Angleterre et le Pays de Galles ont connu les durées les plus longues d’excès de mortalité. « Notre étude suggère que de nombreux facteurs peuvent expliquer pourquoi certains pays ont un nombre de décès supérieur à d’autres. Ceux ayant mis en place des campagnes de tests et de traçage des cas contacts au niveau local ou ceux ayant mis en place des mesures de confinement précoces et efficaces ont connu un bilan de mortalité inférieur pendant la première vague. », ajoutent les chercheurs.

Ces derniers ajoutent que les nations avec les décès en excès les plus importants pendant la période de l’étude sont ceux qui ont connu des investissements inférieurs dans leurs systèmes de santé. Par exemple, l’Autriche, qui a déploré très peu de décès toutes causes, possède presque trois fois plus de lits d’hôpital par habitant que le Royaume-Uni. Alors que beaucoup de pays s’apprêtent à affronter une deuxième vague de l’épidémie, les auteurs de l’étude plaident donc dans leur conclusion pour un « investissement à long terme dans les systèmes de santé » pour permettre aux pays de répondre à la fois à la pandémie et de continuer à fournir les soins de routine courants dont les gens ont besoin.


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