mercredi , 13 janvier 2021
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COVID-19 : l’Académie de médecine ne souhaite pas l’espacement des doses de vaccins


Dans un contexte européen de déploiement de la campagne de vaccination contre la Covid-19, plusieurs pays souhaitent l’accélérer, notamment pour les personnes les plus fragiles. L’une des solutions adoptées, notamment au Royaume-Uni et au Danemark, consiste à différer la deuxième injection du vaccin, par exemple dans le cadre du vaccin de Pfizer-BioNTech dont le schéma d’administration repose sur deux doses espacées d’au moins 21 jours. Le but : permettre aux autorités sanitaires de disposer de davantage de doses disponibles et ainsi élargir la couverture vaccinale à plus de patients face à la nécessité d’en vacciner le plus grand nombre le plus rapidement possible.

Mais cette mesure ne serait pas sans risque, comme l’affirme l’Académie de médecine dans un récent avis. Certes, l’organisme estime qu’il est important de pallier la faible disponibilité de stocks de vaccins, principal facteur limitant la réalisation d’une vaccination de masse. Celui-ci rappelle également que deux agences, l’Organisation mondiale de la santé et l’Agence européenne du médicament ont accepté que le délai de 21 jours entre l’administration des deux doses du vaccin Comirnaty (Pfizer-BioNTech) soit retardé de quelques semaines. En France, l’ANSM* s’est elle aussi déclarée favorable à l’élargissement de ce délai jusqu’à 42 joursdans un avis publié le 07 janvier dernier.

Le risque : une faible immunité au sein de la population

Mais de l’autre côté, le laboratoire BioNTech lui-même a tenu à faire savoir que le taux d’efficacité du vaccin n’est que de 52% après la première dose : elle s’élève à 95% seulement lorsque la deuxième dose a été administrée à 21 jours. Il « ne garantit pas un taux d’efficacité aussi élevé si la seconde injection est différée au-delà », note l’Académie de médecine. Or le Royaume-Uni, confronté à une résurgence majeure de l’épidémie liée à la diffusion d’un variant hautement transmissible depuis plusieurs semaines, a par exemple choisi un délai de 12 semaines entre les deux injections pour pouvoir doubler le nombre de personnes primo-vaccinées dans les trois prochains mois.

Mais quels sont les risques potentiels induits par cet élargissement ? « Dans le contexte actuel de recrudescence épidémique, c’est la persistance d’un taux d’immunité faible, voire insuffisant, pendant les semaines supplémentairesprécédant la seconde injection qui doit être prise en considération », explique l’Académie. D’un point de vue individuel, celle-ci évoque un risque précis, celui « d’aggravation par anticorps facilitants ». Soit lorsque l’infection survient chez une personne ayant un faible taux d’anticorps neutralisants contre le virus : le report de la deuxième injection prolonge cet état de réceptivité accrue. Cette méthode présenterait aussi ses limites d’un point de vue collectif.

Continuer à appliquer les gestes barrières

L’Académie dit en effet craindre que « l’obtention d’une couverture vaccinale élargie, mais fragilisée par un faible niveau d’immunité » ne constitue un terrain favorable « poursélectionner l’émergence d’un ou de plusieurs variants échappant à l’immunité induite par la vaccination. » Ses experts concèdent néanmoins que « l’administration tardive d’une injection de rappel ne compromet pas son efficacité puisqu’elle est généralement suivie d’une ré-ascension rapide d’anticorps et d’un renforcement durable de l’immunité protectrice. » Face aux avantages et inconvénients de cette pratique, l’organisme recommande de se conformer autant que possible au schéma vaccinal prescrit par le fabricant.

Pour le vaccin de Pfizer/BioNTech, l’injection de la seconde dose doit donc se faire 21 jours plus tard, contre 28 jours plus tard pour le vaccin Moderna approuvé par l’Agence européenne des médicaments (EMA) le 06 janvier dernier. Si les circonstances l’exigent (manque de doses disponibles) l’injection de la seconde dose peut être différée mais sans excéder un dépassement de 3 semaines. Surtout, l’Académie recommande de « réserver cet élargissementaux personnes de moins de 50 ans et ne présentant aucun facteur de risque de forme grave de Covid-19 » et « d’évaluer l’impact de cet élargissement sur l’augmentation du nombre de personnes primo-vaccinées chaque semaine. »

Enfin, l’Académie de médecine insiste sur le fait que les mesures barrières doivent être maintenues pour que toute personne vaccinée évite d’être infectée avant l’administration de la seconde dose. Même recommandation pour l’Assurance maladie qui précise que « les vaccins disponibles réduisent la gravité des symptômes mais pas la contagiosité. Il faut donc continuer à s’isoler en cas de test positif à la Covid-19, de contact avec une personne positive ou de symptômes. Les gestes barrières sont toujours à appliquer scrupuleusement. Le masque reste recommandé, y compris pour les personnes vaccinées. » A noter que depuis le début de la vaccination en France, 189 834 personnes ont été vaccinées selon le ministère de la Santé.

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