mardi , 2 juin 2020
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Covid-19 : lancement d’une enquête en ligne sur le ressenti des asthmatiques face à la crise


Depuis le début de l’épidémie de coronavirus en France, l’association Asthme & Allergies multiplie les points d’informations pour rassurer les sujets allergiques, et en premier lieu les personnes asthmatiques. Celle-ci souligne en effet que de nombreuses personnes ont exprimé des craintes par rapport aux médicaments utilisés pour traiter l’asthme. C’est pourquoi elle a décidé de mener une enquête en ligne auprès des personnes concernées pour savoir si la prise en charge de leur asthme a été perturbée et comment elles ont vécu cette période. Sous forme d’un questionnaire à remplir de manière anonyme, l’enquête prend en compte les conditions des asthmatiques (âge, région d’origine, traitement suivi…). 

Un numéro vert pour les asthmatiques

« Le vécu de l’asthme en tant que maladie chronique et la poursuite du traitement de fond sont particulièrement au cœur des préoccupations exprimées par les asthmatiques au Numéro Vert (0800 19 20 21). Aussi, une place importante dans l’enquête est-elle consacrée à ces sujets. Celle-ci permettra d’avoir un aperçu de la manière dont les personnes asthmatiques vivent cette pandémie. », précise Asthme & Allergies. Outre la mise en place de cette enquête, l’association a également rassemblé en avril les recommandations des structures référentes de la Pneumologie et de l’Allergologie* pour lutter contre les idées reçues et les nombreux messages erronés qui continuent de circuler.

Asthmatiques, n’arrêtez pas votre traitement

Que ce soit la société de Pneumologie de Langue Française ou la Fédération Française d’Allergologie, celles-ci ont un seul mot d’ordre: pas d’arrêt des traitements de fond (de tous les jours) à base de corticoïdes inhalés ou oraux sans l’avis d’un pneumologue ou du médecin traitant. Une recommandation qui concerne toutes les personnes souffrant d’une maladie respiratoire chronique (asthme, BPCO, autre). Leurs traitements permettent de contrôler l’inflammation, un paramètre essentiel pendant l’épidémie de COVID-19. Par ailleurs, un arrêt expose à la survenue d’une crise d’asthme ou à une rechute de sa maladie respiratoire si elle nécessite un traitement de fond.

« A l’arrêt du traitement de fond, l’inflammation des bronches réapparaît lentement, d’abord à bas bruit sans symptômes, puis insidieusement avec des symptômes de plus en plus importants, jusqu’à une crise qui peut mettre la vie en danger.», souligne l’association. En ce qui concerne cette période spécifique d’épidémie de COVID-19 elle rappelle qu’une personne asthmatique sans symptômes du Covid-19 qui ressent un essoufflement ou une gêne respiratoire anormale doit prendre son bronchodilatateur sans attendre et renouveler plusieurs fois les bouffées si nécessaire (jusqu’à 10 bouffées toutes les 20 minutes). Le 15 doit être contacté s’il n’y a pas d’amélioration ou en cas d’aggravation des signes.

Covid-19 ou asthme/allergie respiratoire : ce qu’il faut savoir

Selon elle, « ces recommandations s’adressent à tous les asthmatiques, y compris hors période Covid-19 lorsque survient une crise plus importante qu’à l’accoutumée. Ne pas se rendre à l’hôpital par ses propres moyens, mais attendre les secours. » Dans le cas où une personne asthmatique et/ou allergique présente des symptômes du Covid-19, celle-ci doit joindre son pneumologue ou son médecin pour avis. Dans l’attente de la consultation (ou téléconsultation), la marche a suivre est la même : prendre son bronchodilatateur, renouveler les bouffées si nécessaire et appeler le 15 si elle ressent une dégradation de ses capacités respiratoires, une oppression thoracique et/ou un essoufflement important.

Enfin, cette dernière a récemment insisté sur l’importance de proscrire l’utilisation de parfums d’ambiance et/ou de désodorisants pour « assainir » son air intérieur, surtout en période de confinement. Ces produits exposent en effet à un risque d’allergie notamment chez les personnes asthmatiques. De son côté, 60 millions de consommateurs rappelle que l’asthme bien contrôlé ne serait pas un facteur de risque d’une infection par le coronavirus. En revanche, le printemps étant une période de pollinisation, les rhinites, conjonctivites et parfois les crises d’asthme peuvent être fréquentes. « Mais dans ce contexte très anxiogène, ces symptômes sont sujets à interprétation. », indique l’organisme.

Comment ne pas confondre les symptômes respiratoires du COVID-19 avec ceux d’une crise d’asthme ou d’allergie ? Pour l’asthme, les symptômes courants sont : essoufflement, difficultés à respirer, toux. Dans le cas des allergies, les symptômes sont : rhinite et conjonctivite, voire une gêne respiratoire. En aucun cas les symptômes sont : fièvre, maux de tête, perte du goût ou de l’odorat, fatigue importante, ce qui est fréquemment le cas pour le Covid-19. Les personnes ayant des questions quant à leur traitement contre l’asthme ou leur allergie respiratoirepeuvent aussi consulter la plateforme de la Société française de pharmacologie et de thérapeutique qui recense plus de 150 « questions-réponses » sur la prise de médicaments dans le cadre de l’épidémie COVID-19.

*Société de pneumologie de langue française, Société pédiatrique de pneumologie et allergologie, Société française d’allergologie, Fédération française d’allergologie.

En vidéo : L’eau de Javel favorise-t-elle l’asthme et les allergies ?

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