dimanche , 27 septembre 2020
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Covid-19 : les recommandations de pédiatres pour que la rentrée se passe au mieux


Alors même que l’épidémie de Covid-19 repart à la hausse avec plus de 3 700 nouveaux cas en 24 heures en date du 19 août à 14h, la rentrée scolaire semble pour le moins compliquée. Quant au protocole sanitaire allégé publié début août par le ministère de l’Education nationale, qui met fin à la distanciation sociale entre enfants, il semble un brin léger.

Certes, comme le souligne Santé Publique France, moins de 5% des cas Covid-19 signalés dans l’Union européenne (UE), l’Espace économique européen (EEE) et le Royaume-Uni concernent des enfants. En outre, les enfants infectés sont moins susceptibles d’être hospitalisés que les adultes, souffrent d’une infection généralement plus légère voire asymptomatique. Toutefois, lorsqu’il y a des symptômes, les enfants atteints excrètent la même quantité de virus que les adultes.

Loin de les considérer comme faiblement contaminants, sept sociétés savantes pédiatriques s’inquiètent pour la rentrée scolaire, tant pour les écoliers que leurs encadrants adultes. 

“Il est certain qu’avec la rentrée scolaire et le retour en collectivité des plus petits, le risque de survenue de contamination par le SARS-CoV-2, aussi bien chez les enfants que chez les adultes qui les encadrent, est réel”, écrivent-elles dans une lettre ouverte rendue publique ce 19 août.

“Cependant, le poids sanitaire de cette rentrée pour les enfants va dépendre des mesures appliquées face au nombre élevé de situations de suspicion de la maladie en raison des symptômes très peu spécifiques, la plupart du temps engendrés par d’autres agents pathogènes viraux ou bactériens”.

“Nous ne pouvons que nous montrer inquiets devant l’organisation de la rentrée telle qu’elle se profile, tant sur le plan de la prévention que de celui de la prise en charge des enfants”, écrivent encore les sept sociétés savantes. 

Mieux tester et vacciner pour désengorger les services médicaux et améliorer le diagnostic

Pour mieux tester et a fortiori soigner les jeunes enfants atteints, les pédiatres réclament la mise en place de tests de diagnostic moins invasifs, notamment salivaires. Ils jugent les tests de diagnostic Covid par PCR coûteux et peu adaptés aux enfants, car désagréables et potentiellement répétitifs avec l’arrivée des maladies hivernales dont les symptômes sont souvent proches de ceux de la Covid-19 (fièvre, toux, diarrhée…).

“Si le SARS-CoV-2 continue de circuler cet hiver, il va obligatoirement s’ajouter aux virus saisonniers habituels (VRS, grippe, rotavirus…). Des difficultés sont à prévoir pour les jeunes enfants qui sont chaque hiver, particulièrement touchés par ces virus, notamment ceux vivant en collectivité”, notent les pédiatres.

Ces derniers indiquent donc soutenir les prises de position de l’Académie de médecine en faveur d’un renforcement de la vaccination antigrippale et de la généralisation de la vaccination contre le rotavirus (responsable de la gastro-entérite) chez les nourrissons. Le système de santé aura de cette façon moins de cas d’infections virales autres que la Covid-19 à gérer, et les médecins pourront plus facilement poser le diagnostic de la Covid-19.

Car “15 à 30% des enfants hospitalisés ou vus en consultation pour COVID-19 ont des signes digestifs, dont la diarrhée, ce qui rend très difficile le diagnostic différentiel avec les gastro-entérites à rotavirus”, expliquent les pédiatres. Rappelant que “quinze pays européens recommandent déjà ce vaccin en routine”, ils assurent que le risque d’invagination intestinale liée à ce vaccin est “bien connu, bien circonscrit”, et que la balance bénéfice/risque est favorable.

Les sept sociétés savantes soulignent par ailleurs le flou existant quant à la conduite à tenir en cas de dépistage d’un sujet atteint de COVID-19 (enfant ou adulte) dans une collectivité (crèche ou école). Ils craignent donc une rentrée “chaotique”, avec des fermetures de classes ou d’écoles non justifiées sur le plan épidémiologique, et “fortement délétères pour les enfants et leurs apprentissages”.

Les sept sociétés savantes se disent prêtes à contribuer à la réflexion des autorités de santé et à relayer le plus efficacement possible les décisions qui seront prises.

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