lundi , 28 septembre 2020
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Covid-19 : non, les masques de protection ne conviennent pas au visage de tous les soignants


Dans les hôpitaux, encore plus qu’ailleurs, le port du masque s’impose pour le personnel soignant. En première ligne face à l’épidémie de Covid-19, les professionnels de santé s’équipent au quotidien d’un masque pour éviter la contamination. Et si leur protection n’était en réalité pas optimale ? C’est en tout cas ce que sous-entend une étude dévoilée mercredi 16 septembre. 

En effet, les masques filtrants de type FFP2 ne sont pas adaptés à toutes les formes de visage. Précisément, ils correspondant moins à la morphologie des femmes ou des Asiatiques. Une inadéquation qui n’est pas sans conséquence puisque ceux qui portent le masque se retrouveraient donc moins protéger du virus. En effet, si l’équipement n’est pas adapté au visage alors la capacité de filtrer les particules chargées en Covid-19 se retrouve altérée. Dans le détail, les masques de protection dits FFP2 portés principalement par les soignants ne sont adaptés que pour 85% des femmes et 84% des personnes d’origine asiatique contre 95% des hommes caucasiens. Ces conclusions ont été publiées dans la revue médicale Anaesthesia. « Les masques filtrants ne peuvent apporter une bonne protection que s’ils épousent bien la forme du visage de l’individu, afin qu’ils soient hermétiquement ajustés et ne laissent pas passer de l’air non-filtré« , a souligné l’autrice principale de l’étude, la professeure Britta von Ungern-Sternberg, de l’université australienne University of Western Australia.

Des tests à revoir

Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques ont comparé l’efficacité des masques filtrants utilisés par les soignants. Ainsi, ils ont constaté que seulement 60% des femmes asiatiques étaient correctement protégées par le masque FFP2. Un chiffre inquiétant car, dans le monde entier, les femmes représentent pourtant les deux tiers du total des soignants. Si les masques ont été testés sur un panel de soignants afin d’en garantir l’efficacité, les auteurs de cette étude précisent que les femmes et les personnes Asiatiques étaient largement sous-représentées dans le panel. Faute de temps et face à l’urgence de l’épidémie mondiale, les masques ont donc été distribués en l’état dans les hôpitaux du monde entier. « La pandémie de COVID-19 a mis en évidence les lacunes de certains établissements de santé pour protéger leurs travailleurs de la santé conformément aux recommandations nationales et internationales et l’exigence de programmes formels de tests d’ajustement semble être particulièrement importante« , regrettent les auteurs. Pour remédier à cette situation, les auteurs de cette étude recommandent donc que les masques FFP2 soient donc systématiquement testés tous les soignants avant de s’en servir et pas seulement sur un panel.

Ce n’est pas la première fois que cette incohérence est pointée du doigt. Il y a quelques mois, le Guardian alertait sur cette situation. « La vie des femmes est mise en danger à cause d’équipements mal adaptés. Nous savons qu’ils fonctionnent s’ils sont bien ajustés, mais les masques sont conçus pour un gabarit masculin, l’ironie étant que 75 % des travailleurs du service national de santé sont des femmes« , affirmait la docteure Helen Fidler, vice-présidente du comité des consultants d’un syndicat médical britannique.

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