mercredi , 12 août 2020
Accueil » Santé et Remise en forme » Covid-19 : nous sommes encore (très) loin de l’immunité collective

Covid-19 : nous sommes encore (très) loin de l’immunité collective


Depuis le début de l’épidémie mondiale de Covid-19, certains scientifiques misent sur l’immunité collective pour stopper la pandémie. Cette immunité est atteinte quand un nombre suffisant de personne a été contaminé permettant ainsi au virus de ne plus circuler. Par ce mécanisme, l’épidémie serait alors enrayée. Mais, pour parvenir à de tels résultats, de 70 à 90% de la population doit être immunisée. Une option qui semble de plus en plus compromise. En effet, une étude espagnole portant sur plus de 60 000 personnes assure que seulement 5% de la population espagnole a développé la Covid-19. Des conclusions publiées dans la revue scientifique The Lancet. Si une partie suffisante de la population n’est pas exposée à l’infection alors l’immunité collective peut également être garantie par une vaccination à grande échelle. Pour l’heure, des chercheurs du monde entier travaillent à mettre au point un vaccin efficace contre ce virus.

Selon le rapport espagnol, la prévalence des anticorps au Covid-19 était inférieure à 3 % dans les régions côtières, mais plus élevée dans les régions d’Espagne où les épidémies sont très répandues. « Malgré l’impact élevé de Covid-19 en Espagne, les estimations de la prévalence restent faibles et sont clairement insuffisantes pour assurer l’immunité générale« . Afin de contrôler le futur de l’épidémie, le respect des mesures de distanciation sociale et les efforts pour identifier et isoler les nouveaux cas et leurs contacts sont impératifs. « A présent, l’immunité collective est difficile à atteindre sans accepter les dégâts collatéraux: de nombreux décès parmi les populations à risque et la saturation des systèmes de santé« , alertent les chercheurs. 

Cette étude est la plus vaste menée sur ce sujet en Europe. D’autres travaux ont été réalisés en Chine et aux Etats-Unis. Partout, « la principale conclusion de ces cohortes représentatives est que la majeure partie de la population semble être restée non exposé » au coronavirus, « même dans les régions où la circulation du virus est très répandue« , selon l’article du Lancet. Pour le moment, il y a 168 810 cas confirmés en France et 29 933 décès.

L’exemple suédois

L’immunité collective était, notamment, le pari de la Suède. Le pays avait décidé de laisser le virus de propager librement au sein de la population en ne confinant pas le pays, en laissant les écoles et les commerces ouverts. Une stratégie qui s’est avérée être un échec puisque la Suède pointe maintenant au cinquième rang mondial concernant son taux de mortalité lié au virus. 

A la fin du mois d’avril, Philippe Sansonetti, le professeur émérite à l’institut Pasteur, avait expliqué au micro d’Europe 1 que la stratégie de l’immunité collective n’était pas l’option choisie par la France : « On ne vise pas à obtenir ce pourcentage de taux d’attaque sur la population de 60% à 70%. C’est derrière nous« .
 

À lire aussi

Première apparition