samedi , 3 octobre 2020
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COVID-19 : quels sont les profils psychologiques des personnes qui n’adoptent pas les gestes barrières ?


Il est important de connaitre les profils psychologiques et sociaux pour comprendre la façon dont les gestes protecteurs contre les maladies contagieusesà l’instar de la Covid-19 sont adoptés, et définir ainsi les bonnes approches préventives. Tout au début de la crise du coronavirus, avant que les mesures contraignantes soient prises, une équipe de spécialistes des comportements de santé de l’université de Genève (UNIGE) a collecté des données liées à l’adoption des gestes barrières. À travers une étude publiée dans la revue Applied Psychology : Health and Well Being, ces derniers ont analysé comment les Britanniques suivaient les précautions recommandées dans leur pays.

« Nous cherchons à comprendre comment les gens prennent des décisions et agissent, afin d’intervenir de manière préventive », expliquent les scientifiques. Car c’est en identifiant des profils psychosociaux précis qu’il serait alors possible de fournir des pistes pour des messages de prévention plus efficaces. Le Royaume-uni a été pris comme modèle car le pays n’était pas encore entré en confinement au mois de mars à l’inverse de la Suisse. Au total, 1 006 citoyens britanniques ont servi de base à l’étude, qui a consisté à leur poser toute une série de questions portant sur le suivi de l’adoption des gestes barrières recommandés à l’époque par les autorités sanitaires britanniques.

Peu de différences sociodémographiques

« Nous avons mesuré des variables comme la vulnérabilité perçue au Covid-19, la gravité perçue de cette maladie et d’autres croyances », précise la Pre Nana Ofosu, coauteure de l’étude. Les scientifiques ont constaté que les gestes barrières étaient spontanément adoptés par une grande partie de la population. Un phénomène qui n’est pas étonnant selon eux car « informer de la présence d’un danger suffit à provoquer un changementmassif et rapide de comportement. On l’a vu dans d’autres situations, comme la pandémie du sida ». Mais des facteurs comme le niveau d’éducation, l’âge, l’environnement familial et le nombre de cas déclarés n’ont influencé en rien les comportements.

Un résultat qui contredit donc « les rumeurs prétendant que certaines catégories de la population, comme les jeunes, étaient moins respectueuses des consignes que les autres », estiment-ils. Ces derniers ont également demandé aux participants s’ils étaient d’accord avec cette affirmation : « Si personne ne le fait, pourquoi serais-je le seul à faire l’effort ? » Il s’avère que plus une personne est d’accord avec cette question, moins elle adopte les gestes barrières. Les chercheurs ont aussi constaté qu’un autre facteur peut influencer négativementl’adoption des gestes barrières : le «drop in the bucket», à savoir le sentiment que sa propre contribution ne sert à rien par rapport à l’ampleur du danger.

Gestes barrières : des messages de prévention à affiner

« L’étude met en avant le fait que plus les participants ont des contacts sociaux, comme les rapports professionnels, plus ils se sentent vulnérables, sans que cela stimule pour autant leur adoption des bons gestes », notent-ils. Ainsi, l’étude relève que les croyances sur la Covid-19, comme se sentir vulnérable ou penser que la maladie est dangereuse, ont peu d’impact sur l’adoption des gestes barrières. Mais que les personnes les moins enclines à les adopter sont celles qui considèrent que les précautions prises par les autres rendent les leurs inutiles. Pour les chercheurs, la façon de communiquersur la Covid-19 ne doit donc pas uniquement être focalisée sur la dangerosité du virus.

« Il est important de connaître les vrais déterminants des comportements avant d’entamer une action de prévention pour ne pas passer à côté du but escompté. La plupart des personnes interrogées étaient déjà convaincues de l’importance de respecter les recommandations. Ce type de messages n’influence donc pas leur comportement », conclut les chercheurs. A noter qu’une récente étude publiée en juillet indiquait qu’il y aurait un lien entre le fait de porter un masque pour lutter contre l’épidémie de Covid-19 et les traits de personnalité de chacun. Ainsi, les personnes considérées comme narcissiques, psychopathes et machiavéliques respecteraient moins les gestes barrières que les autres.


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