dimanche , 27 septembre 2020
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Covid-19 : trois cas de réinfection avérés au coronavirus SARS-CoV-2


Peut-on être ré-infecté par le SARS-CoV-2 alors même qu’on a déjà développé la Covid-19 ? Cette question fait l’objet de nombreuses études et mobilise les chercheurs depuis le début de l’épidémie. 

Lundi 24 août, des chercheurs de l’université de Hong Kong ont fait état d’un cas avéré de réinfection, alors même qu’un premier cas avait été signalé en Chine continentale mi-août. Deux autres cas ont été signalés en Europe, mardi 25 août. « Les information cliniques et virologiques disponibles semblent plutôt convaincantes », a estimé le virologue et membre du Conseil scientifique, Bruno Lina, interviewé le jour même au 13H de France 2.

Un patient hongkongais infecté deux fois par la Covid-19

À Hong Kong, un homme de 33 ans a été testé positif au coronavirus le 15 août dernier, alors qu’il revenait d’Espagne. Selon l’AFP, le patient avait déjà été testé positif, quatre mois auparavant, alors qu’il présentait des symptômes grippaux : toux, maux de tête et de gorge, fièvre. Depuis sa première contamination (le 26 mars), il a pourtant été testé négatif à deux reprises. C’est en revenant d’un voyage en Espagne qu’il a finalement été testé positif, sans symptômes apparents

Une équipe de chercheurs du département de microbiologie de l’Université de Hong Kong s’est alors penchée sur son cas. Dans un communiqué publié mardi 25 août, les scientifiques indiquent : « bien que des réinfections aient déjà été signalées, notre étude est la première au mondeà confirmer qu’une personne a été infectée une deuxième fois par une souche de virus différente. » 

Leurs analyses ont ainsi permis d’exclure une « réactivation » de la première infection. Ce qui pose de nouveau la question de l’immunité face au coronavirus. Par précaution, « les patients ayant déjà eu la Covid-19 doivent garder en tête qu’ils peuvent être infectés à nouveau et doivent se conformer aux mesures de contrôle épidémiologique telles que le port du masque et la distanciation sociale », alertent-ils.

Des cas de réinfection signalés en Belgique et aux Pays-Bas

Le patient hongkongais n’est pas un cas isolé. Mardi 25 août, la télévision publique néerlandaise, NOS, a annoncé que les Pays-Bas et la Belgique avaient chacun identifié formellement un cas de recontamination. 

Concernant le cas belge, le virologue Marc Van Ranst a précisé à la télévision publique belge VRT qu’il s’agissait d’une femme ayant été contaminée une première fois en mars, puis une seconde fois en juin. Il a également précisé que la patiente présentait des symptômes légers. Quant au patient néerlandais, il serait âgé, et son système immunitaire affaibli, selon Marion Koopmans, virologue qui conseille le gouvernement néerlandais. 

« Dans les deux cas, des tests génétiques ont été réalisés pour démontrer que la première et la seconde infection avaient été provoquées par des souches différentes du virus », a précisé le Dr Bruno Lina à France 2.

« Mais il faut bien comprendre que le SARS-CoV-2 n’est pas un virus mutant. Les virus sont tous très homogènes et se ressemblent tous encore ».

Réinfection au SARS-CoV-2 : faut-il s’inquiéter ?

« Il semble que les formes cliniques de cette seconde infection soient très légères. À priori, on n’est pas face à un virus qui reprend un processus infectieux et occasionne des pathologies aussi importantes qu’en mars », a poursuivi le Dr Bruno Lina. 

Un constat partagé par le virologue belge, Marc Van Ranst, selon qui les anticorps développés après l’infection initiale pourraient être insuffisants pour prévenir une nouvelle contamination par une souche légèrement différente du virus, mais pourraient malgré tout contribuer à limiter la sévérité des symptômes.

Une situation rare, mais pas surprenante 

D’après les chercheurs hongkongais, « ce type de réinfection a déjà été observé dans le cadre d’autres virus respiratoires, notamment les coronavirus humains associés au rhume. Et ce, même si les patients ont acquis une immunité via une infection naturelle ». 

Et Bruno Lina de confirmer à France 2 : « Ce n’est pas une surprise. C’est un phénomène que l’on s’attendait à observer. Mais on ne savait pas encore quel pouvait être le délai entre une première et une deuxième infection. C’est un nouveau virus, on continue d’apprendre. »

Toutefois, lorsqu’un malade « guéri » en apparence présente des symptômes du coronavirus, il ne s’agit pas forcément d’une réinfection. Selon certains scientifiques, ce phénomène pourrait être lié à des « traces du SARS-CoV-2″, encore présent, en dormance, dans l’organisme. Les erreurs de diagnostic et la fiabilité des tests seraient également mises en cause.

De l’importance d’un vaccin contre la Covid-19

« Puisque l’immunité pourrait ne pas durer longtemps après une infection, la vaccination devrait être envisagée même pour des gens qui ont déjà été infectés », estiment les auteurs de l’étude hongkongaise. 

Néanmoins ils font le constat que contrairement à une maladie comme la rougeole, « les vaccins pourraient ne pas être capables de fournir une protection à vie contre la Covid-19. »

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