samedi , 8 août 2020
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Covid-19: trois chercheurs alsaciens veulent former les chiens au dépistage


Covidog, un projet inédit qui a vu le jour dans la tête de trois chercheurs strasbourgeois. Avec l’aide de deux start-up locales spécialisées dans la capture et le stockage des odeurs, ils travaillent à la formation de chiens capables de détecter les patients atteints par la Covid-19.A titre de comparaison, l’intérieur de la truffe d’un chien contient 200 millions de cellules olfactives contre 5 millions les humains comme le rappelle le CNRS.

« On pourrait imaginer que les passagers d’un avion, par exemple, soufflent dans un morceau de polymère. Les chiens pourraient ainsi détecter instantanément le coronavirus« , explique Yves Rémond, professeur à l’école de chimie polymères et matériaux à Strasbourg et l’un des trois chercheurs du projet, cité par France Bleu Bas-Rhin

Grâce à ces compagnons à quatre pattes, un dépistage massif et peu coûteux pourrait être mis en place dans certains points stratégiques comme les gares, les aéroports, etc. Si le projet nourrit de nombreux espoirs, il rencontre quelques difficultés pour se mettre en place. En effet, l’équipe ne parvient pas à réunir les 100 000 euros nécessaires pour le lancement. « Depuis quatre mois, nous sommes dans l’attente permanente de financement, alors que nous sommes prêts à démarrer quasiment instantanément« , explique Yves Rémond.

D’autres études en cours

De nombreuses études s’intéressent au flair du chien pour renifler les maladies. « Ils arrivent à reconnaître quel est le type de virus avec des sensibilités très performantes qui sont même supérieures à celles que vous propose le test PCR qui est actuellement utilisé pour la détection du virus« , explique Christophe Ritzenthaler, virologiste et directeur de recherche au CNRS, interrogé par franceinfo

La détection de la Covid-19 par des chiens, c’est également le projet mené par l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort, dans le Val-de-Marne. Les animaux doivent reconnaître des compresses placées sous les aisselles de patients atteints par le virus au milieu de dix-huit autres échantillons appartenant eux à des personnes non malades. « On a terminé les deux premières phases qui ont consisté en la formation des chiens à la méthode de travail et à savoir si oui ou non les COVID-19 positifs dégagent une odeur spécifique par rapport aux COVID-19 négatifs pour le chien« , rapporte le Pr Dominique Grandjean, de l’École nationale vétérinaire d’Alfort, cité par Paris Match

Il ajoute ensuite : « Dans la détection des prélèvements positifs par les chiens, on a eu entre 84 et 100 % de réussite. La troisième phase c’est celle de la validation. On va passer les chiens sur des lignes où il n’y a plus 1 prélèvement positif mais entre 0 et 4 et enregistrer les mauvais résultats. Cette dernière phase est sur le point de débuter et j’aimerais qu’elle soit finie dans 2 ou 3 semaines avant de mettre le mode d’emploi sur le marché« .

Utilisé au quotidien pour trouver de la drogue, des armes ou repérer des victimes lors des tremblements de terre, le flair des chiens aurait bien d’autres pouvoirs. Par le passé, de précédentes études avaient déjà prouvé que les chiens étaient capables de sentir certains cancers, détecter le paludisme ou le diabète.

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