vendredi , 11 décembre 2020
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Covid: Quels traitements sont efficaces ? – Santé


Les vaccins sont, presque, là. Et c’est une bonne chose, car à l’heure actuelle, il n’existe pas de remède miracle pour soigner le Covid. Mais ce n’est pas pourtant qu’il n’existe aucun traitement. Passage en revue de ce qui est efficace et de ce qui ressemble plus à de la poudre de perlimpinpin.

Lors d’une opération exceptionnelle, Levif.be répond à vos interrogations sur le Covid. Aujourd’hui nous répondons à une question sur les traitements pour soigner le Covid :

Vous êtes encore nombreux à vous demander s’il existe des traitements pour soigner le Covid, en citant notamment des produits comme le remdesivir. Pour tenter d’y voir plus clair, voici résumé les divers traitements qui ont été testés ainsi que leur efficacité. Non. Force est de constater qu’un an après le début de la pandémie, il n’y a toujours pas de traitement miracle contre le Covid. Une seule famille de médicaments, les corticoïdes, a réellement prouvé son efficacité, contrairement à des molécules dont on attendait trop et qui ont déçu, comme le remdesivir.La Dexaméthasone est le seul traitement qui a permis de réduire la mortalité due au Covid-19, même si cela n’est vrai que pour une catégorie de patients (les cas sévères qui nécessitent l’administration d’oxygène). Pour ces malades-là, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Agence européenne du médicament (EMA) recommandent la dexaméthasone depuis septembre, en se basant sur les conclusions d’une vaste étude britannique, Recovery. En revanche, la dexaméthasone ne doit pas être donnée au début de la maladie, car elle abaisse les défenses immunitaires. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle est efficace chez les patients sévèrement atteints: elle réduit l’emballement du système immunitaire responsable de l’inflammation caractéristique des formes graves.Les autres médicaments de la même famille, soit ceux dits corticoïdes, se sont eux aussi révélés prometteurs (ils permettraient de réduire de 21% la mortalité au bout de 28 jours chez les patients souffrant d’un Covid sévère), au point que l’OMS recommande désormais « l’usage systématique des corticoïdes chez les patients atteints d’une forme sévère ou critique ».Hormis les corticoïdes, les anticoagulants viennent aussi enrichir le panel des armes disponibles pour lutter contre le Covid, surtout chez les patients les plus gravement atteints. Le but est d’éviter la formation de caillots de sang, l’une des complications graves du Covid-19.Non et c’est d’ailleurs la grande déception de ces derniers mois. Soutenu par les Etats-Unis, ce traitement antiviral initialement développé contre Ebola et vendu sous le nom commercial de Veklury était d’abord jugé très prometteur. A tel point que, le 8 octobre, la Commission européenne a demandé à son fabricant, Gilead, pour la fourniture de 500.000 doses et que, le 22 octobre, l’Agence américaine des médicaments (FDA) lui accorde une autorisation permanente. Mais le 20 novembre c’est la douche froide puisque l’OMS recommande de ne pas l’administrer aux malades du Covid-19 hospitalisés, car il n’évite ni des morts ni des formes graves de la maladie. Rien n’indique en effet qu’il soit bénéfique aux patients alors qu’il est cher et qu’il a de possibles effets secondaires, notamment sur les reins. Les experts de l’OMS ont fondé leurs conclusions sur l’analyse de quatre essais cliniques internationaux comparant l’efficacité de différents traitements et portant sur plus de 7.000 patients hospitalisés pour le Covid-19. Malgré cela, le médicament a déjà rapporté à Gilead près de 900 millions de dollars au troisième trimestre. Pas du tout. Pourtant ce médicament a fait couler le plus d’encre depuis le début de la pandémie. Il est devenu l’enjeu d’un débat politique. L’un de ses principaux défenseurs a en effet été le président américain Donald Trump. Chez les scientifiques, c’est le controversé professeur français Didier Raoult qui défend bec et ongles ce médicament, utilisé selon les pays comme traitement du paludisme ou de maladies auto-immunes. Mais les études ont tranché: l’hydroxychloroquine n’est pas efficace contre le Covid-19. Ce constat a surtout été nourri par le vaste essai clinique britannique Recovery. Il a montré début juin que l’hydroxychloroquine ne réduisait pas la mortalité (les résultats détaillés ont été publiés le 8 octobre dans le New England Journal of Medicine). Non. Utilisée contre le virus du sida, l’association de ces deux médicaments antiviraux n’est pas efficace chez les patients hospitalisés pour le Covid-19. Là encore, c’est l’essai Recovery qui a permis d’aboutir à cette conclusion le 29 juin (avant la publication des résultats détaillés dans The Lancet le 6 octobre). Commercialisée sous le nom de Kaletra, l’association lopinavir-ritonavir ne permet de réduire ni la mortalité ni les risques d’être placé sous ventilation artificielle, selon les résultats de Recovery. Ce traitement ne raccourcit pas non plus la durée d’hospitalisation.On ne sait pas encore, mais on l’espère. Cet immunosuppresseur, déjà utilisé contre la polyarthrite rhumatoïde, pourrait aider à lutter contre le phénomène inflammatoire responsable des cas les plus graves de Covid-19. Jusqu’à présent, les études n’ont toutefois pas permis d’apporter une réponse catégorique.Ainsi, les chercheurs de l’Imperial College de Londres ont annoncé le 19 novembre que le tocilizumab semblait avoir un effet bénéfique, mais ces conclusions ne sont que préliminaires et les données n’ont pas été publiées dans une revue scientifique. Il existe aussi trois études parues en octobre dans la revue américaine Jama Internal Medicine qui ont donné des résultats contrastés. L’essai Recovery, qui teste le tocilizumab à grande échelle, permettra peut-être d’en savoir plus dans les prochaines semaines.Leur efficacité doit encore être évaluée. Ces anticorps dits « monoclonaux » sont fabriqués en laboratoire. Ils sont ensuite injectés en intraveineuse dans le but d’épauler le système immunitaire pour neutraliser le coronavirus. Donald Trump a lui-même reçu un traitement expérimental de ce type, fabriqué par la société de biotechnologie américaine Regeneron. Le traitement de Regeneron et un autre du même genre, fabriqué par le groupe pharmaceutique Eli Lilly, ont reçu en novembre une « autorisation pour une utilisation en urgence » de la part de l’Agence américaine des médicaments (FDA). Ce traitement doit encore être testé dans le cadre de l’essai Recovery.On manque encore d’essais cliniques pour pouvoir affirmer que ce traitement est efficace. Il consiste à transfuser à des malades du plasma (la partie liquide du sang) prélevé sur des personnes auparavant contaminées, mais désormais rétablies, afin qu’ils bénéficient de leurs anticorps.Selon certaines études, ce traitement s’est révélé efficace pour traiter le virus Ebola ou le SRAS, qui est de la même famille que le coronavirus responsable du Covid-19.La comparaison entre un traitement au plasma et un traitement classique est en cours dans le cadre de l’essai Recovery.


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