lundi , 20 janvier 2020
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De l’importance de la masse musculaire contre le cancer


Si le poids a certes son importance pour la santé, il ne fait pas tout, rappelle Carla Prado, chercheuse canadienne en nutrition. Dans un article publié sur le site de l’Université d’Alberta, l’experte en nutrition, qui a beaucoup écrit sur les dangers d’une faible masse musculaire, estime que masse musculaire et nutrition sont essentiels dans la lutte contre le cancer.

Le muscle est très important pour le mouvement et l’équilibre, pour la posture, la force et la puissance, mais c’est aussi un réservoir d’acides aminés”, a déclaré Carla Prado. “Plus vous en perdez, plus les conséquences sont importantes”, a-t-elle ajouté.

La scientifique rappelle que l’indice de masse corporelle (IMC) est considéré par beaucoup de médecins et scientifiques comme un calcul imparfait, puisqu’il passe sous silence les disparités et spécificités corporelles. Une personne sédentaire et fan de catch pourrait ainsi avoir un IMC normal tandis que Dwayne Johnson alias « The Rock », serait probablement considéré comme obèse au vu de son IMC, souligne-t-elle. La chercheuse donne l’image des agrumes, dont le ratio peau/pulpe n’est pas du tout le même entre le pamplemousse et la clémentine, par exemple.

C’est pourquoi elle conseille de davantage s’intéresser à la masse musculaire (qui s’oppose à la masse grasse) plutôt qu’au poids et à l’IMC.

En 2008, la chercheuse a conduit une importante étude, publiée dans la revue The Lancet Oncology, sur les liens entre masse musculaire et taux de mortalité par cancer. Les patients obèses présentant une faible masse musculaire avaient ainsi plus de risque de mourir des suites de leur cancer que les autres. Carla Prado estime ainsi que ces données ont d’importantes retombées et implications sur la façon dont les maladies chroniques sont prises en charge. La chimiothérapie est en effet administrée, non pas selon la masse musculaire mais en fonction du poids du patient. En outre, les hospitalisations prolongées détériorent la masse musculaire : en trois jours seulement dans un lit d’hôpital, un patient âgé peut perdre plus d’un kg de muscles, déplore-t-elle. Au cours d’une hospitalisation de 10 jours, un adulte en bonne santé peut ainsi perdre 5% de sa masse musculaire totale, voire 18% s’il est pris en charge dans une unité de soins intensifs.

Or, la perte de masse musculaire est associée à un risque accru d’infection, et à un système immunitaire altéré. Sans parler des conséquences au long terme pour l’autonomie du patient, qui peut peiner à effectuer des tâches rudimentaires (ex : ouvrir une bouteille d’eau). La scientifique déplore aussi l’absence de mesures nutritionnelles et diététiques pour lutter contre la perte de masse musculaire chez les personnes hospitalisées :Nous prenons la nutrition pour quelque chose d’acquis, mais c’est vraiment important. Tout comme nous avons besoin d’oxygène pour respirer, nos muscles ont besoin de protéines et d’acides aminés pour se développer”, rappelle-t-elle, suggérant d’enrichir l’alimentation des malades en protéines. La chercheuse espère que ses travaux aideront à améliorer la prise en charge des personnes atteintes de cancer et d’autres maladies chroniques, et à considérer la mesure de la masse musculaire comme un facteur de vitalité important.

Sources : MedicalXpress ; Université de l’Alberta

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