vendredi , 11 décembre 2020
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Déserts médicaux : le triste constat de l’association des maires de France


Une “accélération de la désertification médicale”. Voilà ce que déplore l’Association des maires de France( AMF) dans un baromètre “santé-social” réalisé en partenariat avec la Mutualité Française et rendu public ce 8 décembre 2020.

En France en 2018 , 7,4 millions de personnes, soit 11,1 % de la population, résident ainsi dans une commune où l’accès à un médecin généraliste est potentiellement limité. En 2016, seules 5,7 millions de personnes, soit 8,6 % de la population étaient concernées, soit une augmentation de 1,7 million de personnes en deux ans. Le Cher, la Nièvre et l’Yonne sont les trois départements où l’accès à un médecin généraliste est le plus difficile.

“L’offre [de soins] est mal répartie sur le territoire et elle se rétracte inexorablement”, a ainsi déclaré Séverine Salgado, directrice santé à la Mutualité française, lors de la présentation des principaux résultats de ce baromètre.

En 2019, on dénombrait en moyenne 151 médecins généralistes pour 100 000 habitants en France, précise le baromètre. “Les écarts sont importants entre les territoires, avec des densités de médecins très variables entre les départements les moins bien dotés (96 en Seine-et-Marne, 107 dans le Cher et 114 dans l’Yonne) et les départements les mieux dotés (170 à la Réunion, 181 dans les Bouches-du-Rhône et 242 à Paris)”, indique l’AMF.

Les maires désireux d’avoir davantage de moyens pour agir localement

À l’inégale répartition des médecins sur le territoire, viennent s’ajouter à la fois l’augmentation de l’âge moyen des médecins et la hausse de la consommation de soins du fait du vieillissement de la population, s’inquiète l’AMF. Ainsi en 2019, un médecin généraliste sur trois avait plus de 60 ans.  Dans la moitié des départements français, cette proportion se situe entre 36 % et 51 %,les départements les plus concernés étant situés en région Centre et en Île-de-France. Pour l’Association des maires de France, “ces deux effets (vieillissement des médecins et de la population) pourraient entraîner à court terme des tensions grandissantes en termes d’accès aux soins”.

Dressant un constat détaillé de la situation médicale en France, en observant également l’accès aux services d’urgence et à des médecins spécialistes avec des tarifs maîtrisés, l’AMF fait également part d’initiatives qui ont permis d’améliorer localement l’accès au soin. À Laval (Mayenne), un service médical de proximité a été mis en place, avec des médecins récemment retraités et des internes en fin d’étude, afin de soigner les patients sans médecin traitant et de traiter les petites urgences. A Nevers (Nièvre), un centre de santé a vu le jour, et accueille deux sages-femmes, un psychiatre, une psychomotricienne, un psychologue et quatre médecins généralistes. 

Par ce baromètre, l’AMF entend mettre en lumière “l’urgence à agir, mais aussi la capacité des acteurs de terrain à apporter des solutions justes et efficaces pour les Françaises et les Français”. Lors de la conférence de presse, François Baroin, le président de l’AMF, a appelé à un “big bang médical territorial” pour remédier à cette situation et à la mise en place de “nouveaux véhicules législatifs pour que les maires ou les intercommunalités puissent être des acteurs du financement de la médecine généraliste, hospitalière”.


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