vendredi , 25 septembre 2020
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Deux nouvelles études explorent comment la pollution affecte le cerveau

S’il est connu que l’exposition aux particules fines d’un diamètre de 2,5 micromètres ou moins (PM 2,5), un indicateur courant de la pollution de l’air, peut provoquer des maladies cardiovasculaires et respiratoires et des cancers, celle-ci est aussi très néfaste pour le cerveau. Des chercheurs en ont fait le constat dans deux études menées auprès de deux populations très différentes : des femmes âgées et de jeunes enfants.


© iStock

La pollution s’attaque aussi à notre cerveau. Telle est la conclusion de plus en plus établie par des études scientifiques, alors que selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) neuf personnes sur dix dans le monde respirent un air contenant des niveaux élevés de polluants. Deux études publiées par l’Université de Californie du Sud s’ajoutent à la compréhension croissante de la façon dont la pollution liée aux particules fines, les minuscules polluants inhalables provenant des voitures et des centrales électriques, affecte cet organe. La première étude, publiée dans la revue Environment International révèle que ces fines particules peuvent modifier la taille du cerveau en développement d’un enfant.

Un danger qui aurait par ailleurs comme conséquence à termes d’augmenter le risque de problèmes cognitifs et émotionnels plus tard à l’adolescence. « À ce jeune âge, au fur et à mesure que votre cerveau se développe, il veut créer des voies efficaces.», explique le Pr Megan Herting qui a participé à l’étude. «Si ces voies sont modifiées par l’exposition aux particules fines de type PM2,5 et que différentes parties du cerveau mûrissent et établissent des connexions à des rythmes différents, cela pourrait causer des problèmes plus tard. » Cette étude basée sur une cohorte appelée Children’s Health Study se trouve être l’une des plus importantes et les plus détaillées dans ce domaine précis.

Pourquoi la pollution est néfaste pour le cerveau des enfants

Les chercheurs ont fait passer des IRM à 11 000 enfants âgés de 9 et 10 ans de 21 villes des États-Unis puis ont comparé les résultats avec les données de pollution annuelles selon leur résidence. Il a été constaté que, même à des niveaux assez faibles, l’exposition aux PM2,5 peut être un facteur environnemental capable d’influencer le développement cérébral chez les enfants. Lorsque les scientifiques ont comparé les scanners des enfants très exposés aux PM2,5 à ceux des enfants moins exposés, ils ont constaté des différences dans certaines zones du cerveau : celles associées aux émotions étaient plus grandes chez les premiers et celles associées au fonctionnement cognitif étaient plus petites.

La deuxième étude, publiée dans Neurology, a révélé que les acides gras oméga-3 provenant de la consommation de poissons peuvent protéger contre le rétrécissement du cerveau associé aux PM 2,5 chez les femmes âgées. Des recherches antérieures publiées par cette même université avaient démontré que les femmes âgées entre 70 et 80 ans qui étaient exposées à des niveaux plus élevés de pollution de l’air ont connu une baisse de leur mémoire plus importante que celles qui respiraient un air plus pur, et étaient aussi plus susceptibles de présenter une atrophie cérébrale liée à la maladie d’Alzheimer. Pour cette étude, les chercheurs ont examiné les IRM cérébrales de 1315 femmes âgées de 65 à 80 ans.

Les acides gras oméga-3 pour protéger le cerveau des particules fines

Les participantes ont également effectué des tests sanguins dont les résultats ont servi à déterminer les taux d’acides gras oméga-3. « Nous avons constaté que les femmes dont les taux sanguins d’oméga-3 étaient plus élevés que la moyenne avaient de plus grands volumes de substance blanche dans leur cerveau. Les effets des PM2,5 ont été considérablement réduits chez les femmes ayant des taux sanguins élevés d’acides gras oméga-3. », explique le Pr Jiu-Chiuan Chen, qui a mené l’étude. La matière blanche du cerveau, contrairement à la matière grise, constitue la majeure partie du volume du cerveau la perte de celle-ci est considérée comme un marqueur précoce de la maladie d’Alzheimer.

La raison est simple : les acides gras oméga-3 combattent l’inflammation et les chercheurs émettent donc l’hypothèse qu’ils ont un effet protecteur contre une autre neurotoxine d’un autre type que le plomb ou le mercure : les particules fines. Pour préserver le cerveau à mesure que les femmes vieillissent et le protéger contre les effets toxiques de la pollution, ces derniers recommandent donc de consommer plusieurs fois par semaine du poisson, car il s’agit d’une excellente source pour ces derniers. Mais étant donnée que certaines espèces peuvent contenir des toxines, il est recommandé d’en parler à un médecin pour savoir quels types de poisson consommer avant d’en ajouter davantage dans son assiette.

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