mercredi , 20 novembre 2019
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Dîner en famille ou entre amis ferait manger davantage

Nous mangerions bien plus en quantité lorsque nous sommes en compagnie d’amis ou de membres de notre famille, selon une nouvelle étude. Un phénomène connu sous le nom de “facilitation sociale”.


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Si l’on fait attention à sa ligne, mieux vaudrait éviter les repas en famille ou entre amis, si l’on en croit une nouvelle étude scientifique britannique, publiée ce 4 octobre dans l’American Journal of Clinical Nutrition.

Des chercheurs de l’Université de Birmingham ont ainsi découvert que le fait de manger “socialement”, c’est-à-dire en compagnie de proches, avait pour effet d’augmenter de façon important l’apport alimentaire, par rapport au fait de manger seul. Pour étudier ce phénomène, appelé “facilitation sociale”, les scientifiques ont analysé 42 études existantes traitant du “repas social”.

Ils expliquent ainsi que nos ancêtres les chasseurs-cueilleurs partageaient leurs aliments afin de se mettre à l’abri de l’insécurité alimentaire. Et ce mécanisme de survie aurait perduré jusqu’à aujourd’hui, nous conduisant à manger davantage entre amis ou en famille, pour les raisons suivantes : 

  • partager un repas à plusieurs est plus agréable que seul, et la récompense sociale pourrait pousser à manger davantage ; 
  • les normes sociales permettent généralement de manger copieusement lorsque l’on est en groupe, alors qu’il est mal vu de trop manger en solitaire ;
  • partager la nourriture est associé à des éloges et à une reconnaissance de la part des proches, ce qui renforce les liens sociaux.

Nous avons trouvé des preuves solides que les gens mangent plus de nourriture lorsqu’ils dînent avec des amis ou en famille que lorsqu’ils sont seuls. Cependant, cet effet de facilitation sociale sur l’alimentation n’a pas été observé dans les études qui avaient examiné la consommation de nourriture entre personnes non apparentées ou en relation amicale”, a commenté Helen Ruddock, coauteure de l’étude. Ainsi, lorsque l’on partage son repas avec une personne qui n’est pas un proche, on aurait davantage tendance à prendre de petites portions alimentaires pour laisser une bonne impression, estiment les chercheurs.

Les résultats de recherches antérieures suggèrent que nous choisissons souvent ce que nous mangeons (et en quelle quantité) en fonction du type d’impression que nous voulons donner sur nous-mêmes. Les preuves suggèrent que cela peut être particulièrement prononcé pour les femmes qui mangent avec des hommes qu’elles souhaitent impressionner et pour les personnes obèses qui souhaitent éviter d’être jugées pour avoir trop mangé”, a détaillé Helen Ruddock.

Mais l’étude indique par ailleurs que cette facilitation sociale peut aussi exercer une influence sur les apports alimentaires “malsains” : il peut être mal vu d’être celui qui mange le plus. Mieux vaudrait s’atteler à manger au moins autant que les autres proches avec qui l’on mange, pour éviter toute discrimination, concluent les scientifiques.

Source : Eurekalert

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