mercredi , 20 novembre 2019
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Dyskinésies et maladie de Parkinson : comment les diminuer ?

Les dyskinésies, qui se traduisent par des mouvements involontaires des membres et du tronc, sont la conséquence tardive de la prise de la levodopa dans la maladie de Parkinson, dont c’est le traitement le plus fréquemment prescrit et le plus efficace. Les explications du Dr Thomas de Broucker, neurologue à l’hôpital Pierre Delafontaine à Saint-Denis.


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Tout médicament peut induire des effets secondaires indésirables. Ceux qui traitent la maladie de Parkinson ne font pas exception. Le traitement par levodopa (Modopar®, Sinemet®, Stalevo®) peut provoquer, au bout de plusieurs années, jusqu’à plus de 10 ans voire plus, des dyskinésies qui sont des mouvements involontaires brusques similaires à ceux que l’on voit dans la chorée.


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« Les symptômes de la maladie de Parkinson – lenteur des mouvements, raideur musculaire, tremblement au repos – se manifestent toujours de manière asymétrique, explique le Dr Thomas de Broucker. Les dyskinésies démarrent, elles aussi, de façon asymétrique : la main, puis le bras, la jambe, touchant d’abord les régions du corps les premières atteintes par la maladie de Parkinson. »

Les dyskinésies sont acceptées par les patients

Les dyskinésies accompagnent le déblocage du corps, « elles ne sont pas douloureuses et sont souvent plutôt bien acceptées par les patients qui ont été avertis des effets secondaires des médicaments, dit le neurologue. Elles ont plus tendance à gêner l’entourage, car elles sont fatigantes à voir. »

Absentes au début de la maladie, « les dyskinésies surviennent au bout d’une période plus ou moins longue d’évolution sous traitement, lorsque la durée d’action de la levodopa et son efficacité diminuent dans le cerveau justifiant l’augmentation des doses et de la fréquence des prises afin d’améliorer les symptômes moteurs », précise le Dr de Broucker.


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« La levodopa est indispensable car elle permet une meilleure qualité de vie du malade, précise le médecin. Retarder à tout prix sa prescription par crainte des effets secondaires n’apporte qu’un bénéfice marginal, ne faisant gagner que 3 mois environ sur le moment de l’apparition des dyskinésies. Donner la lévodopa tôt a bien été montré être la meilleure stratégie thérapeutique pour conserver une meilleure qualité de vie. Sur la durée, la survenue de fluctuations d’effet exige une modulation des doses et horaires de prises. »

Dyskinésies : quelles solutions pour les éviter ?

L’amantadine (Mantadix®) est un médicament initialement utilisé comme antiviral puis, actuellement, pour traiter les malades de Parkinson souffrant de dyskinésies dues à la lévodopa.

« On peut également avoir recours aux médicaments agonistes dopaminergiques, voire à la pompe à apomorphine, qui permettent de lisser la stimulation dopaminergique au long du nycthémère voire, pour la pompe, de délivrer tout au long de la journée la dose minimale efficace afin de réduire les dyskinésies », informe le neurologue. Cette pompe se présente sous la forme d’une seringue électrique portable et programmable.

Autre solution : « On peut obtenir un flux continu de L-dopa par l’intermédiaire d’une sonde digestive placée directement dans l’intestin grêle, précise le Dr De Broucker. Ce mode d’administration peut être intéressant lorsque les dyskinésies résistent aux aménagements thérapeutiques et peuvent entraver la marche ou entraîner des chutes. »

Et enfin, « la dernière possibilité est d’avoir recours à la stimulation cérébrale profonde », dit le neurologue. Il s’agit d’une intervention consistant à implanter des électrodes dans le cerveau afin de réduire la prise médicamenteuse.

Ces traitements dits de deuxième ligne ne sont cependant indiqués que chez moins de 5% des patients souffrant de maladie de Parkinson. Leur mise en place se fait en centre surspécialisé ; leurs contre-indications sont nombreuses car les intolérances sont fréquentes.

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Véronique Bertrand
Dr Thomas de Broucker, neurologue à l’hôpital Pierre Delafontaine à Saint-Denis (93)
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