samedi , 26 septembre 2020
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Eczéma chez le chien : comment le traiter et le prévenir ?

Dans le langage courant, on parle d’eczéma, mais ce terme est, en fait, réservé à la médecine humaine. En ce qui concerne les animaux, on parle de maladie prurigineuse.

Eczéma du chien : quelles sont les causes ?

« La première cause d’eczéma chez le chien est de loin, depuis longtemps et toujours les piqûres de puces, bien que la fréquence soit moins importante que par le passé en raison de l’existence d’antiparasitaires externes plus efficaces et plus sûrs, informe le Dr Macherez.

Viennent ensuite la gale, les aoûtats qui sévissent dans l’herbe et dans certaines plantes en août en et en septembre, la démodécie, les dermatophytoses (teignes), puis le panel des allergies, qu’elles soient alimentaires ou qu’il s’agisse d’aéro-allergènes qui représentent, actuellement, une part grandissante des consultations en dermatologie citadine. »

Quels sont les symptômes ?

Globalement, il s’agit de démangeaisons, de grattage, de léchage, de mordillements, de frottements bien plus fréquemment que d’habitude.

Mais, « les manifestations diffèrent selon la cause », avertit le vétérinaire.

  • La salive de puce : « Elle provoque des lésions localisées au niveau du dos, c’est-à-dire selon un triangle dorso-lombairequi part de la base de la queue en remontant le long du dos », détaille le Dr Macherez. S’il y a une infection secondaire, les lésions s’étendent au ventre et à la face interne des cuisses. »
  •  La gale : elle provoque des démangeaisons importantes au niveau de la tête, des oreilles (pavillons auriculaires) et des coudes. « Attention, en cas d’infection bactérienne secondaire, elles peuvent s’étendre rapidement à tout le corps », avertit le vétérinaire. Bon à savoir : la gale du chien est transmissible à l’homme, mais elle ne s’y développera pas. Elle se manifeste seulement par un petit bouton et nécessite juste un traitement symptomatique contre les démangeaisons.
  • La démodécie est due à un parasite (acarien microscopique).  Ses symptômes diffèrent selon l’âge de l’animal. « Chez le jeune chien, elle se manifeste par une dépilation isolée ou multiple, précise le Dr Macherez. Chez le chien adulte ou âgé, la démodécie peut cacher une cause sous-jacente comme une maladie hormonale qu’il faudra alors mettre en évidence. »
  • L’allergie : elle se caractérise par un grattage, un mordillement. Les démangeaisons peuvent provoquer une inflammation et des lésions ressemblant à des plaies (infections cutanées secondaires dues à des bactéries et/ou à des levures, sortes de champignons).

Le traitement dépend, bien entendu, de la cause.

Quand l’eczéma est dû à des parasites

Lorsque le chien a été piqué par une puce ou des aoûtats, « le traitement repose surla prescription d’un antiparasitaire par voie externe ou interne, précise le vétérinaire. Par exemple, pour les aoûtats, le traitement est externe et il est administré au niveau des espaces interdigitaux qui est la localisation la plus fréquente. Les puces se traitent par l’application d’une pipette ou la prise de comprimés. » A ce propos, un grand nombre de chiens ne sont pas bien traités.

« Un chien doit être traité contre les puces 12 mois sur 12, prévient le Dr Gilles Macherez, vétérinaire. Soit par comprimé une fois par mois ou tous les trois mois selon la molécule, soit par pipette mensuelle. »

Quand l’eczéma est provoqué par une allergie

« Les tests pour détecter les allergies alimentaires sont encore à l’état d’ébauche chez les animaux, prévient le médecin. La seule possibilité est donc l’éviction alimentaire. » Comment procède-t-on ? « Il faut lui donner une alimentation différente de ce qu’il a déjà mangé, dit le vétérinaire. On a recours aux protéines hydrolysées qui diminuent le pouvoir allergisant. Cette nourriture est proposée exclusivement pendant 3 mois. » Si le résultat est probant, on continue ce type d’alimentation.

Et dans le cas contraire ? « On fait une exploration des aéro-allergènes, précise le Dr Macherez, en réalisant des tests intra-dermo avec une lecture à 20 minutes et 48 heures. » La réaction est positive lorsqu’il y a une lésion circulaire, en épaisseur et rouge, ce qui signifie que l’animal est sensibilisé à cette substance. On peut alors désensibiliser l’animal.

« Chez le chien, la désensibilisation donne de bons résultats dans 50 à 70 % des cas, précise le vétérinaire, et le traitement est inoffensif pour l’animal. » Mais il faut que le maître soit patient ! Il faut compter environ 9 mois pour juger de l’efficacité de la désensibilisation. « Par conséquent, pendant ce temps, le chien doit poursuivre une alimentation hypoallergénique, complétée par la prise de médicaments et par des shampoings réguliers pour contrôler les infections au niveau de la peau. »

Parfois, on a affaire à un animal non manipulable ou trop remuant pour réaliser ces tests intradermo qui se font sans anesthésie : on peut les comparer au prick-tests pratiqués chez les êtres humains.  « On réalise alors un dosage des IgE », précise le vétérinaire.

Si le vétérinaire est le prescripteur, cela ne suffit pas ! Il faut aussi que le maître suive la prescription mise en place, qu’il réalise les soins et que le chien soit coopérant.

« Effectivement, sans l’adhésion du maître et du chien, les maladies parasitaires peuvent récidiver, prévient le Dr Macherez. Surtout qu’en cas d’allergies qui peuvent aller de forme mineure à très sévère, il faut faire preuve de patience. Il faut plusieurs mois, voire parfois une année, pour voir la situation se stabiliser. Enfin, les chiens présentent souvent des otites externes associées, ou non, à d’autres localisations cutanées en cas d’allergie et c’est parfois la seule expression clinique de l’allergie. »

Alors, il ne suffit pas d’avoir un chien, il faut s’en occuper correctement, comme on le ferait d’un enfant, si l’on veut profiter longtemps de son animal de compagnie.

© istock

Des races plus prédisposées que d’autres

Parasites, allergies, certaines races de chiens sont plus fragiles que d’autres face aux maladies prurigineuses. Il est intéressant de les connaître pour faire son choix en toute connaissance de cause, et surtout pour être vigilant.

– La puce : le berger allemand, le setter irlandais…
– La teigne : le yorkshire. Les autres races sont surtout touchées l’hiver.
– L’allergie : le beagle, le bouledogue français ou anglais, le boxer, le goldenretriever, le jack russel terrier, le shar peï, le staffordshire terrier, le westh highland terrier… Au total plus d’une trentaine de races identifiées.

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