mardi , 12 novembre 2019
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En open space, les salariés sont des sources majeures de pollution intérieure

Une étude menée dans des bureaux en open space équipés de milliers de capteurs montre que les polluants de l’air intérieur sont plus concentrés qu’en ce qui concerne l’air extérieur et que les salariés contribuent beaucoup à ce phénomène, de même qu’un mauvais système de ventilation.


© iStock

La pollution de l’air intérieur peut être causée par de nombreux polluants comme le tabac, les produits d’entretien et de bricolage ou encore les équipements (ameublement, climatisation mal entretenue, appareils électroménagers…). Mais l’homme aussi est une source non négligeable comme vient de le révéler une étude menée par des ingénieurs de l’université Purdue qui a consisté à identifier tous les types de polluants de l’air intérieur dans des bureaux en open space afin de recommander des moyens de les contrôler grâce à la conception et à l’exploitation d’un bâtiment. Résultat : en respirant ou en utilisant un déodorant, les salariés ont plus d’influence sur leur espace de travail qu’ils ne le pensent.

« Si nous voulons améliorer la qualité de l’air pour les employés de bureau afin d’accroître leur productivité, il est important de comprendre d’abord ce qui se trouve dans l’air et quels facteurs influent sur les émissions et l’élimination des polluants », explique le Pr Brandon Boor, de l’université Purdue. Les données de l’étude montrent ainsi que les personnes et les systèmes de ventilation ont un grand impact sur la chimie de l’air intérieur, peut-être plus que toute autre chose dans un espace de bureau. « La composition de l’air intérieur change dans la journée en fonction des conditions extérieures, du fonctionnement du système de ventilation et des habitudes d’occupation du bureau », ajoute-t-il.

L’espace de bureau doit être correctement ventilé

Dans le bâtiment choisi, un ensemble de capteurs a été utilisé pour surveiller avec précision quatre espaces de bureaux en open space pour suivre le flux d’air intérieur et extérieur à travers le système de ventilation. L’équipe a aussi intégré des capteurs de température dans chaque fauteuil de bureau pour ensuite analyser le nombre de composés organiques volatils (COV) émis et leur teneur en fonction de la journée, et plus précisément ceux émis par le souffle humain. Les chercheurs ont constaté que ces derniers persistaient dans le bureau même après que les salariés quittent la salle et qu’un plus grand nombre de personnes dans une pièce signifie également plus d’émissions de ces composés.

« Nos résultats préliminaires suggèrent que les personnes sont la source dominante de composés organiques volatils dans un environnement de bureau moderne. Nous avons constaté que les concentrations de nombreux composés étaient de 10 à 20 fois plus élevées à l’intérieur qu’à l’extérieur. Si un espace de bureau n’est pas correctement ventilé, ces composés volatils peuvent nuire à la santé et à la productivité des travailleurs », souligne le Pr Brandon Boor. L’équipe a aussi découvert que l’ozone (qui provient de l’air extérieur) peut se mélanger avec des composés libérés par le pelage d’une orange, appelés monoterpènes, pour former de nouvelles particules de taille microscopique.

Or, ces particules peuvent être toxiques car elles sont assez petites pour pénétrer dans les poumons. Par ailleurs, les effets des COV libérés dans un bureau peuvent ne pas se limiter à une pièce fermée. Les chercheurs estiment en effet que les composés chimiques émis par les produits tels que déodorants, maquillage et laques pour cheveux peuvent élever le niveau de pollution extérieure lorsqu’ils sont évacués par la ventilation. C’est pourquoi il est recommandé, à la maison comme au bureau, de bien aérer et de veiller à installer un système de ventilation qui doit être vérifié fréquemment par un spécialiste et dont les entrées d’air et bouches d’extraction sont à nettoyer aussi souvent que nécessaire.

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