samedi , 19 septembre 2020
Accueil » Santé et Remise en forme » Exempte de cas Covid-19, une île italienne intrigue les scientifiques

Exempte de cas Covid-19, une île italienne intrigue les scientifiques


Toute l’Europe est contaminée. Toute ? Non, une Île italienne résiste toujours et encore au coronavirus. En Italie, l’île de Giglio, tristement connue pour le naufrage du Costa Concordia en 2012, fait cette fois parler d’elle pour une étonnante raison. Alors que l’Italie compte plus de 246 200 cas et plus de 35 100 décès, l’île de Giglio, située à moins de 200 km au nord-ouest de Rome, ne déplore ni cas autochtone de Covid-19 ni décès. Pourtant, comme l’indique un reportage de l’agence Associated Press paru sur le site MedicalXpress, toutes les conditions étaient réunies ou presque pour que l’épidémie se répande sur l’île dès le virus installé.

Etant donné les ruelles étroites, les maisons densément peuplées, la promiscuité des 800 insulaires et le passif de l’île lorsqu’elle a été confrontée à des maladies hautement contagieuses comme la rougeole, la scarlatine ou encore la varicelle, les scientifiques italiens s’attendaient à une explosion du nombre de cas à Giglio. Mais rien de tel ne s’est produit.

Pourtant, l’île n’a pas été complètement isolée, puisque certains habitants ont voyagé jusqu’en métropole italienne. Intriguée par ce phénomène, la chercheuse Paola Muti, ex-épidémiologiste aujourd’hui spécialisée sur le cancer du sein à l’université de Milan, a voulu en savoir plus.

Le premier cas connu de Covid-19 de l’île de Giglio était un homme dans la soixantaine, débarqué sur l’île le 18 février. L’homme est venu à Giglio pour les funérailles d’un parent, et a « toussé tout le temps », a déclaré Paula Muti. L’homme a repris le ferry en direction du continent, et est décédé à l’hôpital trois semaines plus tard.

Le 5 mars, quatre jours avant la déclaration annonçant le confinement de l’Italie, trois autres visiteurs en provenance du continent ont été testés positifs sur l’île. L’un d’eux, un Allemand venant du Nord de l’Italie, alors épicentre de l’épidémie en Europe, est venu passer plusieurs jours avec des amis de longue date à Giglio, et a fréquenté des restaurants. Au bout d’une semaine, du fait d’une toux importante, il a été testé sur l’île et le résultat s’est avéré positif. L’homme a été soumis à l’isolement sur l’île. D’autres cas importés de ce type se sont multipliés, sans pour autant que le virus ne se répande parmi les insulaires.

Une seule personne de l’île aurait été exposée au Sars-CoV-2

Fin avril, avant que les conditions de voyage ne soient assouplies, des tests ont été menés sur les habitants de Giglio. Sur les 800 résidents à l’année, 723 se sont portés volontaires pour être testés. Verdict : seul un habitant possédait des anticorps contre le virus, signe d’un contact récent avec une personne malade, en l’occurrence l’Allemand cité plus haut.

Selon Paula Muti, qui poursuit ses investigations, il se pourrait que les insulaires n’ait pas été exposés à une charge virale suffisante pour être contaminés. Il se pourrait aussi que certaines personnes soient plus contaminantes que d’autres, ou que le hasard ait ici bien fait les choses. Cependant, une variante génétique protégeant la population insulaire n’est pas non plus à exclure, car d’autres îles d’Europe pourtant peu exposées au virus ont connu plus de cas. Citons par exemple Belle-Île-en-mer (Morbihan), où quatre cas ont été découverts, ou encore l’île-d’Yeu, qui s’inquiète de la propagation du sars-CoV-2 et va lancer une grosse opération de dépistage. 

À lire aussi

Première apparition