mardi , 21 janvier 2020
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Fausses couches à répétition : un médicament contre le diabète fait ses preuves


Dans une précédente étude, une équipe de chercheurs de l’Université de Warwick (Royaume-Uni) a constaté qu’un manque de cellules souches au niveau de la muqueuse utérine (ou endomètre) pouvait être une cause de fausses couches à répétition. Les cellules souches protègent en effet les cellules spécialisées du stress et de l’inflammation, ce qui favorise ainsi la bonne implantation d’un embryon.

Désireuse d’aller plus loin dans cette thématique, la même équipe a découvert qu’une famille d’antidiabétiques, les gliptines, ciblaient une enzyme agissant directement sur les cellules souches de la muqueuse utérine. Ils ont alors testé l’efficacité d’un médicament, la sitagliptine, qui inhibe l’enzyme en question.

Les chercheurs ont ainsi conduit un essai clinique auprès de 38 femmes de 18 à 64 ans ayant déjà vécu cinq fausses couches successives en moyenne. Certaines ont reçu de la sitagliptine par voie orale tandis que d’autres, assignées au groupe témoin, ont reçu un placebo. Aucune ne savait dans quel groupe elle avait été placée. Le traitement a été maintenu pendant trois cycles menstruels. 

Grâce à des biopsies de l’utérus effectuées en amont et en aval de l’étude, les chercheurs ont pu observer une hausse de 68% en moyenne du nombre de cellules souches chez les femmes ayant pris l’antidiabétique, tandis qu’aucune hausse significative n’a été observée dans le groupe témoin. Chez les femmes ayant pris l’antidiabétique, les cellules de la muqueuse utérine étaient également moins soumises au stress. Aucun effet secondaire grave n’a été rapporté.

Il existe actuellement très peu de traitements efficaces pour les fausses couches et c’est le premier qui vise à normaliser l’utérus avant la grossesse. Bien que les fausses couches puissent être causées par des erreurs génétiques au niveau de l’embryon, une muqueuse utérine anormale entraîne la perte de grossesses [qui étaient] normales au niveau chromosomique. Nous espérons que ce nouveau traitement permettra d’éviter de telles pertes et de réduire le fardeau physique et psychologique des fausses couches à répétition”, a commenté le Pr Jan Brosens, coauteur de l’étude. 

Bien que cette recherche ait été spécialement conçue pour savoir si nous pouvions augmenter le nombre de cellules souches dans l’utérus, le suivi des participantes a révélé qu’il n’y avait plus de perte de grossesses normales chez celles qui prenaient de la sitagliptine. Ce sont des résultats très précoces et ce traitement doit encore être testé dans un essai clinique à grande échelle”, a nuancé le professeur Siobhan Quenby, également coauteur.

L’étude a été publiée le 9 janvier dans la revue EBioMedicine.

Source : MedicalXpress

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