mercredi , 20 novembre 2019
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Fumer « juste » quelques cigarettes par jour cause aussi des lésions pulmonaires

Des chercheurs confirment le fait que fumer même très peu comporte un risque certain, en particulier pour la fonction pulmonaire. La meilleure des protections consiste donc à un arrêt total du tabac le plus tôt possible.


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Le tabac tue près de 6 millions de personnes tous les ans dans le monde. De nombreuses campagnes de sensibilisation ont fait passer le message que les personnes de tous âges peuvent ressentir des bienfaits en cessant de fumer, notamment un gain de l’espérance de vie. Mais une idée reçue perdure, selon laquelle fumer peu n’est pas très dangereux pour la santé. Mais une nouvelle étude menée par des chercheurs du Columbia University Irving Medical Center le démontre : les « petits » fumeurs ne sont pas à l’abri des conséquences du tabagisme sur leur santé. Ces derniers affirment en effet que les personnes qui fument moins de cinq cigarettes par jour s’exposent tout de même à des lésions pulmonaires.

« Nombreuses sont les personnes qui partent du principe que fumer quelques cigarettes par jour n’est pas si mauvais. », explique la directrice de recherches Elizabeth Oelsner. « Mais la différence de perte de fonction pulmonaire entre les personnes qui fument cinq cigarettes par jour contre deux paquets par jour est relativement faible. » Les chercheurs ont examiné la fonction pulmonaire, soit la quantité d’air qu’une personne peut respirer et expirer, chez 25 000 personnes, fumeuses, ex-fumeuses et non-fumeuses. Cet examen a été motivé par le fait que si la fonction pulmonaire diminue naturellement avec l’âge (à partir de 20 ans), il est bien connu que le tabagisme accélère ce déclin.

« Tout le monde devrait être encouragé à arrêter »

Leur but était de savoir s’il existait des différences entre la fonction pulmonaire chez les fumeurs légers ( 30 cigarettes/jour). Leur analyse a révélé que la fonction pulmonaire chez les fumeurs légers se détériorait à un rythme beaucoup plus proche de celle des gros fumeurs que de celle des non-fumeurs. Ainsi, comparé au taux de déclin d’un non-fumeur, fixé à zéro, le déclin supplémentaire pour les fumeurs légers est de 7,65 ml / an et de 11,24 ml / an pour les gros fumeurs. Sans compter que les résultats montrent également qu’un petit fumeur pourrait perdre à peu près le même taux de fonction pulmonaire en une année qu’un gros fumeur en neuf mois.

« Ne fumer que quelques cigarettes par jour est bien plus risqué que ce que l’on pense. », poursuit le Pr Oelsner. « Tout le monde devrait être encouragé à arrêter, peu importe le nombre de cigarettes que l’on fume. » Les chercheurs ont également testé une hypothèse, basée sur une étude vieille de 40 ans, selon laquelle le taux de diminution de la capacité pulmonaire se « normalise » quelques années après avoir cessé de fumer. Leur recherche montre que bien que la capacité pulmonaire diminue beaucoup moins vite chez les ex-fumeurs (1,57 ml / an supplémentaire par rapport aux non-fumeurs) que chez les fumeurs actuels (9,42 ml / an supplémentaire), le taux ne se normalise pas pendant au moins 30 ans.

Même un petit fumeur est à risque de BPCO

« Il existe des différences anatomiques dans les poumons qui persistent des années après l’arrêt du tabagisme, et l’activité des gênes reste également modifiée. », explique la chercheuse. L’effet du tabagisme sur la fonction pulmonaire explique pourquoi les fumeurs sont plus susceptibles de développer une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), maladie chronique inflammatoire des bronches diagnostiquée lorsque la fonction pulmonaire chute en dessous d’un certain seuil. Or, l’équipe scientifique souhaite également que le risque pour les « petits » fumeurs de souffrir de cette pathologie qui concerne presque autant de femmes que d’hommes soit davantage étudié.

Car selon elle, les fumeurs légers peuvent présenter un risque plus élevé de développer une BPCO que ce qu’affirment les études actuelles. D’autant que la plupart des études sur cette maladie portent uniquement sur les fumeurs ayant des habitudes plus lourdes (au moins dix paquets par an). « Nous devrions probablement élargir notre notion des personnes à risque. A l’avenir, si nous trouvons des thérapies qui réduisent le risque de BPCO, toutes les personnes affichant un risque accru devraient en bénéficier. », conclut la chercheuse. Le site Tabac Info service précise quant à lui que les personnes fumant 1 à 4 cigarettes par jour ont un taux de mortalité 1,5 fois plus élevé, par rapport aux non-fumeurs.

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