dimanche , 19 janvier 2020
Accueil » Santé et Remise en forme » Google veut utiliser l’intelligence artificielle pour améliorer le dépistage du cancer du sein

Google veut utiliser l’intelligence artificielle pour améliorer le dépistage du cancer du sein


Ces dernières années plusieurs centres de recherche ont pour vocation à faire de l’intelligence artificielle (IA) dans la santé, et plus particulièrement en cancérologie, une réalité opérationnelle. Comme l’explique l’Institut national contre le cancer (Inca), « l’intelligence artificielle en oncologie est particulièrement attendue pour sa faculté à compiler une importante quantité de données et à émettre des hypothèses diagnostiques et thérapeutiques pertinentes, proches de la médecine personnalisée ». Un domaine dans lequel la firme Google a annoncé vouloir investir dans le but d’améliorer le dépistage du cancer du sein, cancer le plus fréquent chez les femmes en France et dans l’Union européenne selon l’Inca.

Cette dernière est partie du constat que si la mammographie numérique est la méthode la plus courante pour dépister le cancer du sein, la détection et le diagnostic précoces de cette maladie restent un défi à l’échelle mondiale. « La lecture de ces images radiographiques est une tâche difficile, même pour les experts, et peut souvent entraîner des faux positifs (détection de lésions cancéreuses qui n’auraient pas évolué vers un cancer) et des faux négatifs. À leur tour, ces inexactitudes peuvent entraîner des retards dans la détection et le traitement, un stress inutile pour les patients et une charge de travail plus élevée pour les radiologues », précise Google dans un communiqué.

Un risque réduit de diagnostics manqués

La firme indique qu’au cours de ces deux dernières années elle a travaillé avec des partenaires de recherche clinique au Royaume-Uni et aux États-Unis pour voir si l’IA pouvait améliorer la détection du cancer du sein. Elle partage aujourd’hui ses premières conclusions, publiées dans Nature. Les résultats montrent que son modèle d’IA a repéré le cancer du sein à partir de mammographies de dépistage anonymisées avec une plus grande précision car avec moins de faux positifs et moins de faux négatifs que les experts. Selon elle, « cela ouvre la voie à de futures applications où le modèle pourrait potentiellement aider les radiologues à effectuer des dépistages du cancer du sein ».

Ce modèle mathématique a été conçu en utilisant des mammographies de plus de 76 000 femmes au Royaume-Uni et 15 000 femmes aux États-Unis, pour voir s’il pouvait apprendre à détecter les signes de cancer du sein à partir des résultats d’analyses. Puis les prévisions de cet algorithme ont été comparées à des résultats de mammographies menées chez plus de 25 000 femmes au Royaume-Uni et de 3 000 femmes aux États-Unis. « Le système a produit une réduction de 5,7% de faux positifs aux États-Unis et de 1,2% de faux positifs au Royaume-Uni. Il a aussi produit une réduction de 9,4% de faux négatifs aux États-Unis et de 2,7% de faux négatifs au Royaume-Uni », explique Google.

Plusieurs années avant une approbation réglementaire

En parallèle, cette IA a été capable d’identifier les cancers du sein avec autant de précision que des radiologues experts. « Lors de la prise de décisions, le modèle a reçu moins d’informations que les experts humains. Les experts (conformément à la pratique courante) avaient accès aux antécédents des patients et aux mammographies antérieures, tandis que le modèle ne traitait que la mammographie anonyme la plus récente sans aucune information supplémentaire. Malgré le travail à partir de ces seules images radiographiques, le modèle a identifié avec précision le cancer du sein », précise l’étude. A noter qu’aux États-Unis, une seule lecture des images de dépistage est généralement effectuée.

Mais en France et au Royaume-Uni, si aucune anomalie n’est décelée, la mammographie est systématiquement relue par un second radiologue : on parle de double lecture encadrée. Fort de ces résultats, Google espère que son modèle soit utilisé en tant que « deuxième avis » pour augmenter la précision et l’efficacité des programmes de dépistage. Mais avant cela, plusieurs étapes sont indispensables, notamment la mise en place d’études cliniques sur le long terme puis, le cas échéant, une approbation réglementaire. En France, le programme de dépistage organisé cible les femmes de 50 à 74 ans à risque moyen, invitées tous les deux ans à réaliser une mammographie auprès d’un radiologue agréé.

À lire aussi

Première apparition