dimanche , 29 mars 2020
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Hantavirus : pourquoi il ne faut pas le comparer avec le coronavirus


Tout a commencé avec un tweet du quotidien chinois Global Times annonçant le décès d’un homme lundi 23 mars dans un bus. Cet homme avait été testé positif au hantavirus, une infection transmise par les rongeurs. Il n’en fallait pas plus pour que les réseaux sociaux s’enflamment, les internautes redoutant une nouvelle pandémie comme celle due au coronavirus SARS-Cov-2, transmis à l’homme via un animal sauvage.

Qu’est-ce qu’un hantavirus ?

Ces virus sont présents chez des rongeurs sauvages que l’on trouve dans les forêts (parfois les bâtiments avoisinants) et dans les zones rurales : souris sylvestre, campagnol roussâtre, mulot à collier

Il existe plusieurs types d’hantavirus.

  • En Europe (le principal hantavirus circulant est le virus Puumala) et en Asie (virus Hantaan et Séoul), les hantavirus dits « de l’Ancien Monde » entraînent des fièvres hémorragiques à syndrome rénal (FHSR).
  • Aux Etats-Unis, les hantavirus dits « du nouveau monde » (virus Sin nombre) sont responsables de syndromes cardiopulmonaires à hantavirus (HPS).

Selon l’Institut Pasteur, c’est une « maladie relativement rare dans certains pays (95 cas hospitalisés détectés en moyenne en France annuellement et de l’ordre d’une cinquantaine par an aux USA) mais plus fréquente dans d’autres (plusieurs centaines à milliers de cas par an en Allemagne et Scandinavie). »

Comme pour la famille des coronavirus, un hantavirus se transmet d’un animal à l’homme via les sécrétions animales.

L’homme peut contracter une infection à hantavirus en inhalant des gouttelettes de salive ou d’urine en suspension dans l’air, ou des poussières d’excréments provenant de rongeurs sauvages infectés. Plus rarement, « la transmission peut survenir lors d’un contact direct entre une matière contaminée et la peau non intacte (éraflée), ou encore, par ingestion d’aliments ou d’eau contaminés », peut-on lire sur le site du ministère français de la Santé.

La différence avec les coronavirus, c’est qu’aucun cas de transmission d’homme à homme n’a été signalé en Europe et en Amérique du Nord. Guillaume Castel, chercheur virologue à l’Inra de Montpellier, joint par 20 Minutes, assure que l’infection due au virus Puumala est « la plus souvent bénigne, concerne surtout les travailleurs en forêt, les bûcherons, les agents ONF, et certaines régions en France, comme les Ardennes. Ce sont les campagnols qui le transmettent le plus souvent. »

A propos des rares cas survenus en Amérique du Sud donnant à penser qu’une transmission interhumaine est possible, les scientifiques affirment tous que les virus isolés en Amérique du Sud sont génétiquement différents de ceux décrits en Amérique du Nord et en Europe : « La transmission interhumaine est rare et n’a été décrite que dans le cas d’infection par l’hantavirus Andes au Chili », assure l’Institut Pasteur.

La contagiosité de l’hantavirus n’est donc pas comparable avec celle du coronavirus SARS-Cov-2 responsable de la maladie covid-19.

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