vendredi , 25 septembre 2020
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Identifier les personnes à risque de diabète grâce à leur poignée de main ?


La force de préhension est une mesure simple et rapide de la force maximale volontaire de la main. Celle-ci peut être utilisée pour dépister la sarcopénie, une baisse progressive et généralisée de la masse musculaire, de la force et de la performance musculaire, via un dynamomètre et même pour la polyarthrite rhumatoïde comme le recommandaient des chercheurs dans une étude publiée dans la revue Science Direct. Et si ce test pouvait aussi être utilisé comme un outil de dépistage rapide et peu coûteux pour aider les médecins à identifier les patients à risque de diabète de type 2 ? Telle est la piste explorée par des chercheurs de l’Université de Bristol dans une étude publié dans Annals of Medicine.

Pour ce faire, les chercheurs ont mesuré la force de la poignée musculaire de 776 hommes et femmes sans antécédent de diabète de type 2 sur une période de 20 ans et ont estimé que le risque de développer cette maladie était réduit d’environ 50% pour chaque unité de force supplémentaire. L’équipe scientifique tient à préciser que jusqu’à maintenant, les preuves n’étaient pas évidentes quant à la relation entre la force de préhension et le diabète de type 2 bien que la réduction de la force musculaire, qui peut être mesurée par la force de la poignée, a toujours été liée à la mort précoce, aux maladies cardiovasculaires, première cause de mortalité dans le monde, et à l’invalidité.

Une mesure « qui ne requiert pas de ressources particulières »

Dans une précédente synthèse de dix études publiées sur le sujet, les mêmes chercheurs avaient démontré que les personnes dont la force de la poignée était plus élevée avaient un risque réduit de 27% de développer un diabète de type 2. Ces derniers ont souhaité tester l’hypothèse par eux-mêmes en mesurant la puissance de la « prise de main » de participants âgés de 60 à 72 ans sur une période de 20 ans à l’aide d’un dynamomètre à poignée. On a demandé aux patients de serrer la poignée du dynamomètre avec leur main dominante avec un effort isométrique maximal et de maintenir l’effort pendant 5 secondes, et les résultats ont montré qu’il existait bien une forte association.

Cette association a persisté même après avoir pris en compte plusieurs facteurs établis pouvant affecter le diabète de type 2 tels que l’âge, les antécédents familiaux de diabète, l’activité physique, le tabagisme, l’hypertension, le tour de taille et la glycémie à jeun. Et le fait de combiner les données concernant la force de préhension à ces facteurs déjà connus pour favoriser l’apparition de cette maladie permettait une prédiction du risque « améliorée », affirment les chercheurs. Ces résultats ont leur importance car l’équipe scientifique estime qu’ils peuvent avoir des implications en ce qui concerne le développement de stratégies de prévention du diabète de type 2 par les autorités publiques.

« La mesure de la poignée de main est simple, peu coûteuse et ne requiert pas de ressources particulières, elle pourrait être potentiellement utilisée dans l’identificationprécoce des individus présentant un haut risque de développer du diabète de type 2 », indique Setor Kunutsor, auteur principal de l’étude. Surtout, les résultats semblaient être plus marqués chez les femmes, ce qui suggère qu’elles seraient davantage susceptibles de bénéficier de cet outil. Les chercheurs souhaitent toutefois mener d’autres études sur un plus large panel de personnes, pour confirmer leur découverte et savoir si le fait d’améliorer la force musculaire grâce à un entraînement en résistance peut réduire ce risque.

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