mercredi , 22 janvier 2020
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La pneumonie : une infection respiratoire très fréquente


Une toux, des difficultés à respirer, une fièvre supérieure à 39°C, des frissons, une douleur au niveau du thorax et parfois des crachats… C’est peut-être une pneumonie !

Quelle différence avec une bronchite ?

Cette maladie a les mêmes symptômes – en dehors de la fièvre et de la douleur – qu’une banale bronchite. Mais elle est, en réalité, plus grave. « Une pneumonie touche le tissu pulmonaire, avec un risque de septicémie (une infection généralisée, NDLR). C’est une infection plus profonde que la bronchite », explique le Dr Didier Debieuvre, président du Collège des pneumologues des hôpitaux généraux.

Pneumonie, pneumopathie : quelle différence ?
« Pneumopathie est un terme générique qui désigne toutes les maladies inflammatoires du poumon. La pneumonie est une pneumopathie infectieuse », explique le Dr Debieuvre. Les autres pneumopathies dites interstitielles (sarcoïdose, vascularite pulmonaire, pneumoconiose…) se manifestent par une toux, une gêne respiratoire, parfois une douleur thoracique… Divers examens permettent d’en faire un diagnostic précis et de donner un traitement adapté.

La pneumonie est plus ou moins contagieuse

La pneumonie peut être due à un virus (virus grippaux, rhinovirus, virus respiratoire syncytial…). La maladie se transmet par voie aérienne (toux, postillons, éternuements…). Elle est aussi contagieuse qu’une grippe. « La vaccination annuelle contre la grippe est la meilleure prévention », assure le Dr Debieuvre.

Dans 50 % des cas, c’est une bactérie, le plus souvent le pneumocoque, qui est en cause. Cette forme de pneumonie est plus grave (le risque de décès est plus important), mais moins contagieuse. La vaccination contre le pneumocoque est conseillée aux personnes âgées et fragiles.


Pneumonie et contagion : que risque-t-on ?

Qui est à risque d’attraper une pneumonie ?

  • Après une grippe, lorsque la muqueuse respiratoire a été fragilisée, le risque de pneumonie est plus élevé. 
  • Il faut savoir également que les personnes atteintes d’une bronchite chronique ou bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) sont plus à risque de contracter une pneumonie ; à plus forte raison, les fumeurs
  • Enfin, les patients fragiles ou dont le système immunitaire est déficient (pendant une chimiothérapie du cancer, patients infectés par le VIH, sous traitement corticoïde au long cours ou traitement anti-rejet après une greffe d’organe…) sont plus exposés aux formes sévères de pneumonies.

Quels examens ?

Pour poser son diagnostic, le médecin se base essentiellement sur les symptômes et l’examen clinique du patient, « notamment l’auscultation qui est anormale contrairement à la bronchite », précise le Dr Debieuvre. 

Une radiographie des poumons confirmera le diagnostic, mais elle n’est proposée que dans des cas particuliers, par exemple lorsque la toux ou la fièvre persistent trop longtemps ou qu’il y a des complications (épanchement pleural, détresse respiratoire, baisse de tension, trouble de la conscience…).

De même, les analyses de sang, d’urine ou de crachats, qui permettraient de distinguer l’origine virale ou bactérienne de la pneumonie, sont rarement pratiqués, sauf dans les formes sévères hospitalisées.

Par précaution, les pneumonies se soignent par un traitement antibiotique, rapidement efficace contre les infections bactériennes, potentiellement plus graves que les pneumonies virales.


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« Aujourd’hui, les traitements sont de plus en plus courts. Des études ont montré que cinq à sept jours d’antibiotiques suffisent la plupart du temps, même dans des formes sévères, et permettent de réduire le risque d’apparition de résistance aux antibiotiques et d’effets secondaires », explique le Dr Debieuvre.

La pneumonie guérit sans séquelles dans 90 % des cas, même si la fatigue et la toux peuvent perdurer plusieurs semaines. Seuls 15 % des patients doivent être hospitalisés pour des complications. 

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