samedi , 8 août 2020
Accueil » Santé et Remise en forme » La réponse à la stimulation de la FIV peut prédire des risques pour la santé à plus long terme

La réponse à la stimulation de la FIV peut prédire des risques pour la santé à plus long terme

Une étude de suivi auprès de près de 20 000 jeunes femmes ayant eu un premier cycle de FIV au Danemark entre 1995 et 2014 indique que celles qui ont mal répondu au traitement, avec peu d’ovules prélevés, courent un risque considérablement accru de maladies liées à l’âge ultérieurement.


© iStock

Aujourd’hui, l’infertilité demeure un véritable problème de santé publique. En France, environ 500 000 couples consultent chaque année pour mettre en place une aide à la conception d’un enfant. En 2015, il y a eu 145 255 tentatives d’assistance médicale à la procréation qui ont donné naissance à 24 839 enfants (soit 3,1 % des naissances). Une étude menée au Danemark a constaté que les femmes ayant eu un premier cycle de fécondation in vitro et qui ont mal répondu au traitement sont davantage à risque de souffrir de problèmes de santé sur le long terme. Cette recherche a été menée auprès de 20 000 femmes ayant réalisé une FIV entre 1995 et 2014 au Danemark. C’est la première fois que le rendement des ovules en FIV en tant que mesure du vieillissement ovarien – et donc en tant que prédicteur de risque de mauvaise santé et de mortalité liées à l’âge – est étudié dans une étude de cohorte à grande échelle. 

Ces conclusions ont été présentées à la conférence de la Société européenne de reproduction humaine et d’embryologie. Les chercheurs ont identifié un lien entre l’échec de la FIV et un processus de vieillissement accéléré en général. Précisément, les femmes avec moins d’ovules collectés pendant la FIV avaient un risque 26% plus élevé de maladies toutes causes confondues par rapport à celles avec une réponse ovarienne normale. Ce risque était significativement plus élevé pour les maladies cardiovasculaires et l’ostéoporose. En revanche, il ne l’était pas pour les cancers. Mette Wulf Christensen, chercheuse de l’Université d’Aarhus au Danemark, estime qu’il existe bien une « association avec le vieillissement ovarien précoce et un processus de vieillissement accéléré en général« . Cette dernière assure que « l’identification des femmes à risque de ménopause précoce peut ainsi permettre des initiatives de prévention préventive en termes de mode de vie sain« .

Un marqueur de vieillissement

Pour cette étude, les femmes ayant réalisé une FIV ont été divisées en deux groupes en fonction de leur réponse à la stimulation ovarienne:  celles qui avaient produit cinq œufs ou moins pour la collecte, groupe défini comme « vieillissement ovarien précoce » et celles qui ont répondu normalement avec au moins huit œufs. Le nombre d’œufs récoltés a donc été utilisé comme marqueur de la réserve ovarienne. Il y avait 1 234 femmes dans le premier groupe et 18 614 dans le second. Au cours de la période moyenne de suivi de six ans, l’incidence des maladies chroniques dans les deux groupes a été analysée à partir des données du registre croisé, fournissant une estimation réelle du risque de maladie cardiovasculaire, d’ostéoporose, de diabète de type 2, de cancer et la mortalité toutes causes confondues. 

Au regard des résultats, la chercheuse a estimé que bien que les mécanismes biologiques communs derrière le vieillissement ovarien et général soient « quelque peu obscurs« , les données de cette étude démontrent que les jeunes femmes avec un vieillissement ovarien précoce ont un risque accru de morbidité liée à l’âge et peut-être de mortalité. Ainsi, les chercheurs « soutiennent fortement l’hypothèse selon laquelle une faible réserve ovarienne peut être un marqueur utile de problèmes de santé ultérieurs« . Par mesure de prévention, les scientifiques affirment donc la nécessité de sensibiliser les femmes au plus tôt en leur conseillant d’adopter des mesures préventives dans leurs habitudes du quotidien. 

À lire aussi

Première apparition