lundi , 14 octobre 2019
Accueil » Santé et Remise en forme » La tisane d’artemisia ne guérit pas le paludisme

La tisane d’artemisia ne guérit pas le paludisme

L’Académie de médecine met en garde contre une tisane de plante sensée guérir le paludisme. Son efficacité n’est pas prouvée et elle pourrait même induire des résistances au traitement actuel, reconnu par l’Organisation mondiale de la santé.

Le paludisme est dû au parasite P.falciparum, transmis par les moustiques. Selon l’Institut Pasteur, ce fléau touche 500 millions de personnes chaque année dans le monde et en tue 1 million. En 2016, 4700 Français sont rentrés d’un voyage à l’étranger porteurs du paludisme. Selon l’Organisation mondiale de la santé  (OMS) le nombre de cas et de dècès dûs au «palu» ne diminue plus dans le monde depuis 2015. 

Il existe un traitement à base d’artémisine, un principe actif extrait d’une plante, l’artemisia annua. En 2015, cette découverte a valu à la chinoise Youyou Tu d’obtenir le prix Nobel de médecine. 

L’OMS recommande une combinaison thérapeutique à base d’artémisine (CTA), associant un antipaludique d’action rapide et un antipaludique d’action prolongée, et cela « afin de parachever le traitement et d’entraver la sélection de résistance », rappelle l’Académie nationale de médecine dans un communiqué du 26 février 2019.

Dans ce texte, les Académiciens tirent la sonnette d’alarme sur une campagne de promotion de la tisane d’artemisia. Lancée par une association française « La maison de l’artemisia », elle a été relayée par diverses personnalités (Juliette Binoche, Cédric Villani…) « peut-être bien intentionnées mais incompétentes en paludologie », souligne l’Académie. 

L’association en question souhaite développer la culture d’artemisia dans les villages africains fortement impactés par le paludisme, afin de disposer « d’un médicament maison ». Les promoteurs de cette tisane s’appuient sur les travaux d’une biologiste américaine, Pamela Weathers, effectués sur des rongeurs. Mais pour l’Académie de médecine, l’étude publiée en décembre 2018 dans une revue de phytothérapie est entachée de conflits d’intérêt et de biais méthodologiques.

La conclusion des académiciens est sans appel : « La consommation d’artemisia seule pendant 7 jours, par des litres de tisane de composition incertaine, expose les jeunes enfants (

Rappelons qu’il n’existe actuellement aucun vaccin contre le paludisme. 

 

 

 

 

 


Première apparition