samedi , 29 février 2020
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La vie sexuelle des plantes est-elle scandaleuse ?


Selon Michael Allaby, auteur du livre La Scandaleuse Vie sexuelle des plantes, ces dernières seraient loin d’être chastes et rivaliseraient d’ingéniosité pour avoir des rapports sexuels et/ou se faire féconder. Alors, comment font-elles et qu’avons-nous à leur envier ? Vous allez voir comme il est parfois bon de faire plante verte…

  • Vivre tout nu et avoir le sexe à l’air, et que tout le monde trouve ça magnifique : les fleurs abritent les organes génitaux des plantes. Ainsi, elles affichent leur sexe sans aucune pudeur et, non seulement on ne les taxe pas d’exhibitionnisme, mais on les complimente pour leur indécence : “Regarde comme elle est belle celle-là, toute ouverte…” “Comme elle sent bon !”.  
  • Faire très régulièrement des plans à trois : Carl von Linné, qui observa attentivement les plantes au XVIIIe siècle, opposait les plantes à mariages publics, avec des fleurs et des sexes visibles, aux plantes à mariages clandestins dont les sexes ne sont pas apparents. Les premières sont nommées plantes angiospermes et concernent la grande majorité d’entre elles : 90 %. Elles sont de ferventes adeptes des plans à trois : le concours d’un tiers est nécessaire pour qu’elles se reproduisent. Ce sont les pollinisateurs, ils mettent le pollen d’une fleur dans le pistil de l’autre.
  • Pouvoir être fécondée par l’eau ou le vent : si les insectes, les oiseaux, ou les rongeurs sont d’excellents pollinisateurs, l’eau ou tout simplement le vent font aussi le job ! NB : nous avons réellement pensé pouvoir être fécondées par le vent. Souvenez-vous de ce billet sur les croyances improbables en matière de sexualité.
  • Se reproduire sans rien avoir à faire : à la différence des animaux, les plantes n’ont pas à se déplacer pour se féconder. Cela rend parfois la reproduction plus complexe, certes, mais ça permet d’avoir une vie bien tranquille et de ne pas se fatiguer, reconnaissons-le.
  • Cumuler les partenaires et les aventures sexuelles, sans  choquer qui que ce soit : les plantes ont une liste de partenaires sexuels au cours de leur vie à faire pâlir Rocco Siffredi, sans que cela ne gêne personne… Ressuscitez-moi en camélia.
  • Avoir deux sexes ou plus, et plein de genres : si nous autres humains avons de nombreux et houleux débats sur la question du genre, il n’en est rien dans le règne végétal où la diversité foisonne. « Le genre est un concept nuancé, explique Michael Allaby. Il ne s’agit pas simplement de déterminer si un individu est mâle ou femelle, car il y a des degrés. » En effet, la plupart du temps, les plantes sont hermaphrodites (tournesol, rose, etc.) : elles possèdent les deux sexes sur la même fleur (pour la petite histoire étymologique hermaphrodite est une contraction d’Hermès et d’Aphrodite). Comme souvent, la réalité est plus complexe. Les monoïques portent des fleurs unisexuées, mais sur un même pied (noisetier, châtaignier), tandis que les dioïques portent des unisexuées mais sur des pieds différents (houblon, chanvre). Plus incroyable encore,  les plantes polygames qui possèdent à la fois des fleurs hermaphrodites et des fleurs unisexuées, mâles et/ou femelles. C’est le cas de la petite pimprenelle. D’autres variations plus complexes peuvent aussi exister.  Selon l’auteur, un très grand nombre de combinaisons est alors possible, donnant lieu à au moins sept genres différents.

  • Changer de sexe en quelques heures : s’il existe des fleurs hermaphrodites et des unisexuées, celles de l’avocatier sont, quant à elles, mâles ou femelles selon les jours ou les nuits. « Ses fleurs jaune-vert s’ouvrent en deux temps. D’abord elles laissent apparaître leur pistil (partie femelle), puis elles  se ferment durant la nuit, s’ouvrant le lendemain pour laisser les étamines (partie mâle) libérer leur pollen », explique Michael Allaby.
  • Pouvoir forniquer en famille, comme la violette : nombreux sont les amours interdits chez les humains, notamment les incestueux. Pour certaines plantes, ce n’est pas un problème, au contraire ! Les scientifiques ont remarqué que chez la violette la fécondation fonctionne mieux lorsque les plantes sont issues de graines autofécondées. « Cela semble indiquer que les plantes ont évolué de manière à atténuer les effets indésirables de la consanguinité », souligne Michael Allaby dans son ouvrage. Notons aussi que la violette est timide et qu’elle se recroqueville en présence de plantes plus grandes qu’elle, que l’auteur nomme les brutes ou les fanfaronnes. Si c’est pas mignon !
  • S’autoreproduire comme les pommes de terre ou certaines fougères : inutile d’avoir un sexe ou un.e partenaire pour assurer la survie de l’espèce. De nombreuses fleurs peuvent s’autoféconder, tandis que l’alternative que propose la pomme de terre est de s’autodiviser. En effet, la patate ne se reproduit pas par voie sexuée, avec des fleurs et des graines. Elle ne fait que multiplier ses organes végétatifs, un peu comme si elle se clonait. Ainsi, une seule patate peut construire des nations de pommes de terre sans aucun rapport sexué. Comble de l’adaptation, le type de reproduction de certaines espèces se modifie en fonction de ses besoins. Les fougères par exemple, qui ont normalement besoin d’eau pour leur reproduction, sont devenue apogames dans les zones désertiques, c’est-à-dire qu’elles se reproduisent par simple émission de spores (cellule reproductive), donc, là encore, sans fécondation.
  • Avoir des période sexe déterminées, comme l’oseille des bois qui ne fleurit qu’au printemps et ne s’ouvre que le jour, ou la belle-de-nuit dont les fleurs ne s’ouvrent qu’en fin d’après-midi et meurent à l’aube (inversement pour la belle-de-jour).

Vous l’aurez compris, la vie sexuelle des plantes et de ses fleurs est haute en couleurs. Si certains de leurs comportements font envie, il y en toutefois d’autres qu’on leur laisse volontiers, comme le fait de ne pouvoir être fécondée uniquement que par un museau de gecko diurne à queue bleue, à l’instar de la liane rousseau. La fleur et l’animal étant tous deux extrêmement rares, les chances que ça matche sont minimes !
 
J’en profite pour vous rappeler la position sexuelle du bouton de rose, aussi confidentielle que jouissive… L’homme, allongé sur le dos genoux pliés et légèrement relevés, écarte un peu les jambes de façon à ce que sa partenaire puisse venir s’asseoir sur son sexe, dos à lui. Madame peut alors s’appuyer sur ses mains pour gérer les va-et-vient, tandis que Monsieur peut l’accompagner en s’accrochant à ses reins.
 
Bien à vous et à vos amours fleuris,
 
Sources :
– Livre La Scandaleuse Vie sexuelle des plantes, Michael Allaby.
– Articles de la Fondation Lamap sur la biologie végétale
– Article de Futura Sciences sur la reproduction végétative.

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