mercredi , 23 octobre 2019
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L’abstinence tabagique aurait en réalité peu d’impact sur la motivation à manger plus

Une idée reçue suggère que les fumeurs en sevrage voient leur attrait pour la nourriture augmenter significativement, pourtant une étude vient de montrer qu’ils ne sont pas prêts à dépenser plus d’argent pour celle-ci.


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Les personnes qui décident d’arrêter de fumer appréhendent bien souvent de prendre quelques kilos au passage. En effet, la nicotine agit un peu à la manière d’un « coupe-faim » en diminuant l’appétit, en augmentant les dépenses énergétiques et en ralentissant le stockage des graisses. Sans compter qu’au moment de l’arrêt, certains peuvent prendre l’habitude de pallier l’absence du geste de prendre une cigarette par du grignotage ou gérer son anxiété par la nourriture. Enfin, l’arrêt du tabac s’accompagne de la redécouverte des goûts et des odeurs des aliments, on peut ainsi devenir un peu plus gourmand. Autant de facteurs qui font qu’il n’est donc pas rare de prendre un peu de poids.

Mais ce phénomène est loin d’être inéluctable selon une étude menée par des chercheurs de l’Université de Buffalo, qui suggère que l’abstinence du tabac n’affecte pas toujours l’attrait pour la nourriture. Ces derniers se sont posés une simple question : les fumeurs qui ne peuvent pas fumer, peu importe la raison, réaffectent-ils leurs ressources financières à la nourriture et à l’eau lorsque la cigarette n’est plus une option ? « Nous avons constaté que les motivations pour les cigarettes, la nourriture et l’eau n’interagissaient pas beaucoup. », explique le Pr Stephen Tiffany, principal auteur de l’étude. « Les résultats suggèrent que l’abstinence du tabac n’affecte pas la motivation pour la nourriture et l’eau. »

« Les gens ne rechutent pas au hasard »

Pour cette étude 50 participants, des fumeurs classiques ou qui s’étaient abstenus pendant 12 heures, avaient de l’argent à dépenser selon leurs choix. Ces derniers ont été placés devant des boîtes où se trouvait l’un des trois articles suivants : leur marque de cigarette préférée, une barre de chocolat qu’ils avaient précédemment appréciée ou une tasse d’eau. Chaque volontaire possédait la somme de 9 dollars et était libre de la dépenser comme il le souhaitait entre ces trois éléments ou de la garder. « Il y avait un coût, ce qui est vrai dans la vie. », ajoute le chercheur. Résultat : les fumeurs non abstinents ont dépensé plus d’argent pour la cigarette que pour la nourriture et plus d’argent pour la nourriture que pour l’eau.

Les fumeurs abstinents ont quant à eux dépensé encore plus d’argent pour les cigarettes, mais pas pour la nourriture ni pour l’eau. Selon les chercheurs, ces résultats montrent à quel point les repères sont importants pour les fumeurs et à quel point les événements qui leur rappellent de fumer sont déterminants pour venir à bout de cette envie. « Les gens ne rechutent pas au hasard. Ils rechutent en présence d’opportunités qui peuvent être déclenchées par des souvenirs. », expliquent-ils. Ainsi, le Pr Stephen Tiffany donne un exemple concret. « Si vous êtes dans un avion et que vous ne pouvez pas fumer, vous ne dépenserez probablement pas plus d’argent que d’habitude en collations. », conclut-il.

A noter que selon Tabac Info Service, le sevrage peut causer une prise de poids d’en moyenne deux à quatre kilos. Certains ne prennent qu’un kilo, d’autres en prennent beaucoup plus. Mais rien de bien grave « surtout si l’on rééquilibre son alimentation, si l’on pratique une activité physique et que l’on se pose les bonnes questions. », selon l’organisme. C’est pourquoi il recommande, avant de rompre avec la cigarette, de prendre le temps d’équilibrer son alimentation pour avoir de solides bases au moment d’arrêter. S’ajoute à cela l’idée de mettre en place des petites stratégies pour ne pas déplacer l’envie de fumer vers la nourriture (activités sportives, loisirs, remplacer le café par de l’eau ou une tisane…).

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