mardi , 22 octobre 2019
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Le thé vert, un atout pour réduire les résistances antibiotiques ?

Un antioxydant du thé vert pourrait aider à renforcer l’efficacité des antibiotiques, et in fine à lutter contre les résistances bactériennes, comme le démontre une nouvelle étude britannique.


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Antioxydant bien connu du thé vert, le gallate d’épigallocatéchine (EGCG) pourrait s’avérer très utile dans la lutte contre les résistances bactériennes, si l’on en croit une nouvelle étude de l’université de Surrey parue dans le Journal of Medical Microbiology. 

L’EGCG pourrait en effet restaurer l’activité de l’aztréonam, un antibiotique couramment utilisé pour traiter les infections causées par la bactérie pathogène Pseudomonas aeruginosa. Celle-ci est associée à de graves infections des voies respiratoires et du sang, et est devenue résistante à plusieurs types d’antibiotiques. “L’Organisation mondiale de la santé a classé le Pseudomonas aeruginosa résistant  aux antibiotiques comme une menace grave pour la santé humaine. Nous avons montré que nous pouvons éliminer avec succès de telles menaces en utilisant des produits naturels, en combinaison avec des antibiotiques déjà utilisés”, a déclaré Roberto La Ragione, coauteur de l’étude, dans un communiqué.

Pour évaluer la synergie de l’EGCG et de l’aztréonam, les chercheurs ont mené des tests in vitro, où ils ont observé la façon dont ces dernier interagissent avec P. aeruginosa, individuellement et combinés. L’équipe a constaté que ces composés (EGCG et aztréonam) étaient plus efficaces ensemble qu’utilisés séparément pour lutter contre ce pathogène. Cette synergie a été confirmée in vivo sur des larves de papillon de nuit (Galleria mellonella, la fausse teigne de la cire), où les taux de survie se sont avérés plus élevés chez les larves traitées avec l’association EGCG-aztréonam que chez celles traitées avec l’un ou l’autre de ces composés. Le tout avec une toxicité quasi nulle.

Les scientifiques estiment que l’EGCG pourrait faciliter l’absorption de l’antibiotique en augmentant la perméabilité de la bactérie ; à moins que l’EGCG n’agisse en augmentant la sensibilité de la bactérie aux antibiotiques.

La résistance aux antimicrobiens (RAM) est une menace sérieuse pour la santé publique mondiale. Sans antibiotiques efficaces, le succès des traitements médicaux sera compromis. Il est urgent de mettre au point de nouveaux antibiotiques pour lutter contre la RAM. Des produits naturels tels que l’EGCG, utilisés conjointement avec des antibiotiques actuellement homologués, pourrait être un moyen d’améliorer leur efficacité et leur durée de vie utile sur le plan clinique”, a déclaré le Dr Jonathan Betts, co-uteur de l’étude. La piste de l’EGCG est donc à creuser, via la réalisation d’autres études du même ordre.

Source : Eurekalert

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