lundi , 21 octobre 2019
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Les bébés prématurés vulnérables sont souvent en retard sur leurs vaccins

Des chercheurs alertent sur le fait que les parents de nourrissons nés prématurés estiment à tort que ces derniers sont trop « fragiles » pour recevoir chronologiquement les vaccins comme le prévoit le calendrier vaccinal. Ces enfants sont de fait plus en retard que ceux nés à terme dans ce domaine, avec à la clé un risque plus important d’infections et des complications qui y sont liées.


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On considère comme prématuré un bébé né vivant avant 37 semaines d’aménorrhée. Cette notion recouvre trois sous-catégories: la prématurité extrême (moins de 28 semaines), la grande prématurité (entre la 28e et la 32e semaine) et la prématurité moyenne, voire tardive (entre la 32e et la 37e semaine). Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 15 millions d’enfants naissent avant terme chaque année, soit plus de 1 sur 10 à l’échelle mondiale. Une nouvelle étude publiée dans la revue « Pediatrics » révèle que les prématurés ont souvent du retard sur les bébés nés à terme en ce qui concerne les vaccins de routine. Cette différence serait même toujours effective à l’âge de 3 ans.

Cette étude révèle plus précisément que les bébés prématurés aux Etats-Unis seraient moins susceptibles d’être à jour pour les sept vaccins recommandés dans le pays à l’âge de 19 mois. Plus de la moitié des bébés pris en compte étaient « sous vaccinés » et à l’âge de 3 ans, un tiers l’était toujours. Les chercheurs ont déclaré que leur découverte s’avère préoccupante car les prématurés sont plus susceptibles de tomber gravement malades s’ils contractent les infections qui peuvent être évitées par les vaccins. Si les raisons de cette situation ne sont pas claires, ils estiment que l’hésitation » des parents sur la sécurité des vaccins pour les prématurés pourrait représenter le frein principal.

Un sujet de conversation trop peu évoqué

« Les parents de bébés prématurés ont parfois le sentiment d’avoir affaire à un enfant fragile. », explique dans un communiqué le e Dr Rahul Gupta, médecin membre de l’association caritative américaine « March of Dimes », dont la mission est d’améliorer la santé des bébés. « Même s’ils ne sont pas « anti-vaccin », ils peuvent se soucier des effets des vaccins sur leur enfant. » Le scientifique souligne qui plus est que les unités de soins en néonatalogie connaissent beaucoup d’activités au cours des premiers jours, avec des médecins, des infirmières et des parents concentrés sur divers besoins médicaux de l’enfant : les conversations sur la vaccination risquent de fait d’être laissées de côté.

Pourtant, il est essentiel que les nouveau-nés prématurés se fassent vacciner rapidement, car il est établi que le risque de complications résultant d’infections est supérieur à la moyenne. « Tous les vaccins disponibles sont sûrs et efficaces pour les bébés prématurés et de petit poids de naissance. », ajoute le médecin. L’étude comprenait plus de 10 000 bébés nés dans l’État de Washington entre 2008 et 2013 dont 19% étaient nés prématurés. Les chercheurs ont voulu savoir si ces derniers étaient à jour à leurs 19 mois des sept vaccins recommandés à cet âge aux Etats-Unis, ceux contre la polio, la rougeole, les oreillons, la rubéole, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la varicelle et l’hépatite B.

« Les parents doivent en parler aux médecins »

Les résultats ont montré que si dans l’ensemble, beaucoup de bébés n’avaient pas été vaccinés avant l’âge de 19 mois, dont 48% des bébés nés à terme, ce taux était encore plus élevé chez les prématurés, à 54%. Et à l’âge de 3 ans, l’écart n’était toujours pas comblé : moins de 64% des enfants prématurés étaient à jour, par rapport à 71% des nourrissons nés à terme. « Les taux généralement faibles de vaccination au moment opportun sont inquiétants mais les faibles statistiques parmi les prématurés le sont particulièrement. », ajoutent les chercheurs. La prochaine étape serait de sonder les parents et professionnels de santé pour évaluer leur connaissance quant aux recommandations vaccinales.

Il est compréhensible selon eux que les parents de prématurés soient « prudents » en ce qui concerne les vaccins, c’est pourquoi ils invitent les professionnels de la santé à bien les informer sur le sujet. « Et si les parents ont des inquiétudes, ils doivent en parler aux médecins. », conclut-il. A noter qu’en France, le ministère de la Santé précise dans le calendrier vaccinal qu’étant donné que la maturation du système immunitaire débute dès l’exposition aux antigènes de l’environnement, « les prématurés doivent être vaccinés dès 2 mois, quel que soit le terme à la naissance, par les mêmes vaccins et avec les mêmes doses (hors vaccinations contre le pneumocoque et l’hépatite B) que les enfants nés à terme. »

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