lundi , 20 janvier 2020
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Les colorations permanentes pour cheveux peuvent augmenter le risque de cancer du sein


Si le premier risque auquel est exposée une utilisatrice de teinture capillaire est l‘allergie cutanée, des chercheurs du National Institute of Environmental Health Sciences qui font partie du National Institutes of Health (NIH) mettent en garde contre une conséquence encore plus dangereuse pour la santé. Leur étude publiée dans l‘International Journal of Cancer affirme que les femmes qui ont recours à une teinture capillaire permanente et à des produits de lissage pour cheveux ont un risque plus élevé de développer un cancer du sein que les femmes qui n’utilisent pas ces produits. En utilisant les données de 46 709 femmes, ils suggèrent que plus leur utilisation est fréquente, plus le risque augmente.

Plus précisément, les chercheurs ont constaté que les femmes qui utilisaient régulièrement une teinture permanente au cours de l’année précédant leur inscription à cette étude étaient 9% plus susceptibles que les femmes qui n’en ont pas utilisé de développer un cancer du sein. Chez les femmes afro-américaines, l’utilisation de coloration permanentes toutes les cinq à huit semaines ou plus était associée à un risque accru de 60% de cancer du sein par rapport à un risque accru de 8% pour les femmes blanches. L’équipe de recherche n’a en revanche trouvé peu ou pas d’augmentation du risque de cancer du sein pour l’utilisation de coloration de type semi-permanentes ou temporaires.

Une composition riche en molécules indésirables

« Dans notre étude nous voyons un risque élevé de cancer du sein associé à l’utilisation de la teinture pour les cheveux, et l’effet est plus fort chez les femmes afro-américaines, en particulier celles qui en utilisent fréquemment », détaille Alexandra White, directrice du groupe NIEHS. Mais la découverte la plus intrigante selon l’équipe concernait les produits de lissage. Les chercheurs ont découvert que les femmes qui les utilisaient au moins toutes les cinq à huit semaines étaient environ 30% plus susceptibles de développer un cancer du sein. Si cette association était similaire chez les femmes afro-américaines et femmes blanches, l’utilisation du lisseur était beaucoup plus fréquente chez les premières.

Et lorsqu’on leur demande si les femmes devaient cesser de se teindre ou de se lisser les cheveux, les chercheurs affirment que : « Nous sommes exposés à de nombreuses choses qui pourraient potentiellement contribuer au cancer du sein, et il est peu probable qu’un seul facteur explique le risque d’une femme. Bien qu’il soit trop tôt pour faire une recommandation ferme, éviter ces produits chimiques pourrait être une autre chose que les femmes peuvent faire pour réduire leur risque. » Selon l’Association santé environnement France, certaines colorations capillaires incluent jusqu’à 17 molécules indésirables différentes parmi lesquelles la fameuse ammoniaque, fortement irritante.

« Mais ce n’est pas tout, les colorations peuvent aussi contenir du paraphénylènediamine lui aussi redoutablement irritant. Mais pour l’instant la réglementation ne les interdit pas dans nos cosmétiques », précise l’association. Celle-ci recommande aux amateurs de prendre garde à la liste des ingrédients ou d’opter pour des colorations au henné 100% naturel. Aussi, pour 60 millions de consommateurs, quelques trop rares produits réussissent à allier qualités cosmétiques et risques limités. « Pour tous les autres, leurs bonnes performances cosmétiques ne suffisent pas à masquer la présence d’ingrédients non recommandables », explique l’organisme après avoir testé des grandes marques de coloration capillaire permanente.

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