lundi , 25 mai 2020
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Les différents types d’orgasme chez l’homme


L’orgasme masculin est plus complexe qu’on ne le pense. Pour mieux comprendre le plaisir sexuel masculin, j’ai écouté et noté les réponses d’hommes et d’experts, sexologues et médecins.

Faire la différence entre éjaculation, orgasme, et jouissance

Selon Samuel Salama, médecin gynécologue et sexologue, il faut distinguer les aspects mécaniques de la jouissance de l’homme et l’orgasme, qui est lié aux sentiments et aux sensations. Voici ses explications :

  • l’éjaculation, c’est l’émission de sperme grâce aux testicules à la vésicule biliaire à la prostate ;
  • l’orgasme, c’est la contraction de muscles du plancher pelvien (comme chez les femmes) qui va jouer un rôle sur l’éjaculation, mais aussi entrainer une sensation de plaisir ;
  •  la jouissance, c’est la perception de ce plaisir plus ou moins intense en fonction de l’excitation et du contexte.

Beaucoup d’hommes dissocient orgasme et éjaculation : lors d’une émission intitulée « Les Français au lit », des hommes ont été interrogés sur leur rapport au plaisir et au sexe. Face à des propositions d’affirmations, ils devaient appuyer sur un buzzer vert ou rouge selon qu’ils trouvaient l’affirmation proposée juste ou non. A la vision de la phrase suivante : « Ejaculation = Orgasme », les participants ont, pour la majorité, appuyé sur le buzzer rouge.

« C’est une erreur d’associer éjaculation avec orgasme, affirme l’un d’eux. J’ai connu des moments de fatigue où j’avais une éjaculation, mais pratiquement pas de plaisir » ; « L’éjaculation, c’est très mécanique, poursuit un autre. Ce n’est jamais un sentiment désagréable d’éjaculer, mais ce n’est pas un orgasme » ; « L’orgasme est juste avant l’éjaculation donc si je pouvais rester « avant », ce serait parfait. »


8 choses que l’on ignore sur l’orgasme

Et si certains hommes ne font pas la différence, ils identifient tout de même différentes phases de leur jouissance, à l’instar de Manuel, 33 ans : « Personnellement, je n’ai jamais éjaculé sans jouir ou inversement. Ce qui compte, ce sont tous les mouvements du plaisir pendant l’amour. La jouissance, c’est le pic ultime, mais pendant l’acte, c’est comme une montagne russe : on monte et on descend plusieurs fois de suite, plus ou moins haut, plus ou moins vite, et chacun de ces plaisirs est jouissif différemment… Quand on atteint le sommet de l’excitation, alors on est en extase, on éjacule et on redescend pour de bon. »

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Le plaisir par procuration

De plus en plus d’hommes affirment s’intéresser au plaisir de leur partenaire ainsi qu’à leur jouissance. Pour certains elle est même à l’origine de la leur : « Quand il y a un échange avec sa partenaire et qu’on lui procure du plaisir, l’orgasme n’a pas besoin d’être appelé, il arrive », affirme un homme interrogé.

Et tant mieux ! Car c’est visiblement dans ce sens que ça marche, ainsi que l’explique Samuel Salama, sexologue : « Puisqu’il y a une période réfractaire après que l’homme a éjaculé, un des conseils importants, c’est : monsieur, occupez-vous du plaisir de madame en premier lieu, elle, elle est capable de le rendre après, et elle saura vous le rendre largement après (ndlr: Oui ! Merci !) ».


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L’orgasme prostatique tabou

Quant à l’orgasme prostatique (oui, celui qu’on atteint par les fesses), il est certain qu’il fait de l’effet puisque les hommes l’évoquent en ces termes : « orgasme océanique » ; « abyssal » ; « sensations folles ». Toutefois, beaucoup sont encore très frileux sur la question, en tout cas au début, comme s’en moque gentiment Blanche Gardin dans son sketch (à partir de la dixième minute).

Les hommes simulent aussi le plaisir

Les femmes ne seraient pas les seules à simuler. Lors de l’émission citée plus haut, la phrase suivante a été proposée : «  Les hommes ne simulent jamais. » La plupart des interrogés ont là encore appuyé sur le buzzer rouge : faux. 

« Une éjaculation ça ne se simule pas, explique un homme interrogé, mais mon expression corporelle, c’est-à-dire respirer plus fort, faire des sons, ça, j’ai pu l’exagérer. »

En tout cas, beaucoup disent l’avoir fait quand ils n’étaient pas dedans pour une quelconque raison.

A quoi ressemble l’orgasme masculin ?

Quand ils doivent décrire l’orgasme, les hommes parlent d’électricité, de bombe et de muscles.

« Tu as l’impression que ton sexe devient très très sensible et le moindre va-et-vient te fait des frissons dans tout le corps, poursuit un jeune homme.

« C’est une bombe à retardement, ça va partir de tous les côtés. Je sens mon système veineux qui gonfle et mes muscles qui se tendent. »
 

« C’est comme si vous mettiez le doigt dans une prise de 120 volts », explique Michel 73 ans.

« C’est le nirvana. On tremble de la tête aux pieds, on a des battements cœur, comme une tétanie qui se passe au niveau des muscles. »

Enfin, quelques hommes ont l’impression de ne l’avoir pas vécu. Ils ressentent le plaisir lié à l’éjaculation, mais pas quelque chose de transcendant. Un peu comme les femmes qui n’ont pas eu d’orgasme ou ne le savent pas (sauf qu’elles sont plus nombreuses).


4 podcasts pour découvrir la sexualité des hommes

La petite dépression post-orgasme (la petite mort)

Après la jouissance, beaucoup d’hommes décrivent une sensation de tristesse, de vide, de plat. D’autres adorent le moment qui suit l’amour, sorte de repos du guerrier. « J’ai l’impression d‘être drogué et vidé » ; « J’aime l’après-orgasme, c’est le calme après la tempête. »

Transcender l’orgasme grâce au stop & go ou au sexe tantrique

Pour empêcher ce phénomène de descente on peut appliquer la méthode stop & go ou s’entrainer au sexe tantrique (lire le paragraphe « Résister à l’appel de l’orgasme »). Il semble que cela fasse des merveilles !

« Dans ma sexualité actuelle l’orgasme éjaculatoire n’est plus l’objectif. Quand j’avais 20 ans je pouvais recommencer tout de suite mais là, j’en ai 55 (…), j’ai envie que ça dure longtemps et pour cela, il ne faut pas que j’éjacule, ou juste à la fin. »

« Moi, j’ai une insatisfaction avec l’éjaculation qui est terrible et je prends beaucoup plus de plaisir à retarder ce moment-là, ce qui fait que je ne focalise plus mon plaisir uniquement dans le sexe mais dans tout mon corps, et… c’est énorme. »

« C’est un art de savoir monter mais pas au point de rupture où je vais éjaculer ; il y a beaucoup moins l’effet de petite dépression », explique un autre homme d’environ 70 ans.

En résumé, hommes et femmes semblent très proches face à l’orgasme, sinon que l’éjaculation signe la fin du rapport sexuel pour les hommes, ce qui n’est pas le cas chez les femmes. Donc, à moins de maîtriser l’art de la non-rupture, les hommes ont tout intérêt à privilégier le plaisir de leur partenaire, à la fois pour la combler, mais aussi pour laisser à leur orgasme le temps de monter et de gagner en puissance.

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