mardi , 28 janvier 2020
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Les femmes ne sont pas assez informées sur la densité mammaire et le risque de cancer du sein


La densité mammaire fait référence au fait que le tissu glandulaire d’un sein, composé de canaux et de glandes productrices de lait appelées lobules, soit plus épais que le tissu graisseux ou adipeux. Celle-ci ne peut être observée qu’à la mammographie, alors que les seins deviennent moins denses avec l’âge chez la plupart des femmes. C’est pour cela que le dépistage du cancer du sein par mammographie entre 50 et 74 ans est justifié par les données d’incidence et par la modification de la densité mammaire, précise la Ligue contre le cancer. Selon la Société Canadienne du cancer, des recherches ont démontré que le risque de cancer du sein augmente en fonction de la quantité de tissu dense dans les seins.

Cependant, à l’heure actuelle, il n’existe pas assez de preuves scientifiques pour recommander d’autres examens aux femmes en fonction uniquement de leur densité mammaire. « Si vous avez les seins denses, la recherche a également démontré que vous n’êtes pas plus susceptible de mourir du cancer du sein que quelqu’un qui n’a pas les seins denses. », précise l’organisme. Bien que la densité mammaire comme facteur de sur-risque de développer un cancer du sein attire l’attention, elle demeure toujours moins évoquée que les facteurs de risque liés au mode de vie. Aux Etats-Unis, cependant elle est davantage prise en considération, comme l’indiquent des chercheurs de l’université de Dartmouth.

« Très peu de femmes sont informées lors de leur visite médicale »

En effet, plusieurs états (Connecticut, New York, Virginie, Texas, Californie) ont voté une loi rendant obligatoire l’information qu’être porteuse de seins denses en mammographie entraîne une plus grande difficulté d’interprétation des résultats et donc la possible nécessité d’examens complémentaires. Les chercheurs ont voulu explorer à travers un groupe de discussion de 90 minutes les connaissances et les perceptions de 47 femmes ayant subi un dépistage récent et qui avaient des seins denses sur la densité mammaire et leurs expériences de dépistage. Les résultats ont montré que ces femmes avaient des connaissances variables sur leur propre densité mammaire et sur ce sujet en général.

Si un certain nombre de femmes étaient conscientes de la difficulté de détecter ce cancer avec des seins denses (le tissu mammaire dense normal apparaît blanc à la mammographie, tout comme les tumeurs), une seule d’entre elles savait cependant que la densité mammaire pouvait augmenter le risque de cancer du sein. « Nous avons constaté que très peu de femmes recevaient de l’information sur la densité des seins lors de leurs visites chez le médecin, bien que certaines aient été encouragées à obtenir une imagerie complémentaire ou à payer pour de nouveaux types de mammographie, comme la tomosynthèse mammaire. » explique dans un communiqué le Pr Karen Schifferdecker.

En France, pas d’examens en dehors du dépistage national

Par ailleurs, les femmes qui se sont vu proposer davantage d’examens d’imagerie ou de technologies différentes pensaient généralement que celles-ci étaient « mieux », même si elles recevaient peu d’informations sur l’efficacité ou les inconvénients de ces technologies. L’étude a également révélé que de manière générale, ces femmes exprimaient un fort désir d’obtenir plus d’informations dans ce domaine. Enfin, ses conclusions publiées dans le Journal of General Internal Medicine évoquent l’importance d’améliorer l’éducation de toutes les femmes sur ce sujet afin que celles-ci puissent prendre des décisions éclairées concernant la mammographie et la possibilité d’un dépistage supplémentaire.

« Il est nécessaire de mener plus de recherches pour comprendre comment le corps médical peut mieux aider les femmes à prendre des décisions éclairées en matière de densité mammaire et de dépistage. », préconise le Pr Schifferdecker. A noter que la Haute Autorité de Santé précise qu’un seuil de 75% de tissu dense dans le sein après la ménopause est retenu pour définir une densité élevée, et considère qu’aucun dépistage spécifique par imagerie ne doit être proposé en dehors du programme de dépistage organisé. Selon elle, seule une échographie mammaire peut être réalisée devant des difficultés d’interprétation de la mammographie « en raison de l’effet masquant de la densité sur la détection des lésions. »

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