samedi , 17 octobre 2020
Accueil » Santé et Remise en forme » Les interventions de pleine conscience peuvent réduire les symptômes du TDAH chez l’adulte

Les interventions de pleine conscience peuvent réduire les symptômes du TDAH chez l’adulte


Le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un trouble, un syndrome qui apparaît pendant l’enfance, majoritairement chez les garçons, et associant trois symptômes dont l’intensité varie selon la personne : le déficit de l’attention, l’hyperactivité motrice (agitation incessante, incapacité à rester en place…), et l’impulsivité. Ses causes restent à ce jour inconnues tandis que son traitement commence toujours par des mesures non médicamenteuses. Mais si celui-ci reste insuffisant, un médicament psychostimulant peut être prescrit dans certains cas. Or, la pharmacothérapie a ses limites et n’est pas bien tolérée par certains individus en raison de réactions indésirables.

« C’est pourquoi il importe de s’intéresser à de nouvelles thérapies non pharmacologiques pour traiter les symptômes d’inattention et d’hyperactivité, y compris celles basées sur la pleine conscience », expliquent des chercheurs de l’Université de Montréal. Ces derniers viennent de publier une méta-analyse portant sur 14 études effectuées sur ce sujet auprès de 834 adultes ayant un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité. Leurs conclusions indiquent que les interventions thérapeutiques basées sur la pleine conscience, telles que la méditation, le yoga, la respiration profonde et la visualisation du corps, permettent aux adultes atteints de réduire leurs symptômes.

Peu d’études menées auprès des adultes

Son objectif était de recenser les études existantes dans la littérature scientifique sur les effets des approches de pleine conscience sur les symptômes du TDAH, la dépression et les fonctions exécutives chez les adultes ayant reçu un diagnostic. L’équipe s’est penchée sur 700 études après avoir interrogé les différentes bases de données, pour n’en retenir que 14. « Nous nous sommes aperçus que peu d’études répondaient à nos critères de sélection, notent les chercheurs. Plusieurs constituaient des doublons, d’autres ne concernaient pas la pleine conscience ou n’avaient pas été menées auprès de sujets présentant un TDAH ou ne portaient que sur des enfants ou mélangeaient les jeunes avec les adultes. »

Sur les 14 études analysées, 11 ont conclu que les approches de pleine conscience réduisaient de façon importante l’inattention et l’hyperactivité ou l’impulsivité. Par ailleurs, il est apparu que l’âge des participants influait sur les résultats, ce qui laisse croire que les adultes, comparativement aux enfants, « peuvent avoir une meilleure compréhension de leur état et donc être plus engagés dans leur traitement que les enfants », ajoutent-ils. La durée des traitements (6 à 96 heures) et le degré d’expérience des thérapeutes (psychologues cliniciens, instructeurs de pleine conscience, infirmières, étudiants diplômés en psychologie) variaient aussi considérablement d’une étude à l’autre.

Réduction des symptômes d’anxiété et de dépression

Les études analysées ont également montré que les interventions basées sur la pleine conscience s’avèrent efficaces pour traiter les symptômes du TDAH chez les adultes et pour diminuer l’anxiété et l’intensité de la dépression. « Ces approches ont démontré leur efficacité contre la dépression et maintenant, nous savons qu’elles peuvent également avoir un effet positif sur les symptômes du TDAH », concluent les chercheurs, pour qui « cette nouvelle stratégie thérapeutique devrait être davantage recommandée. » Cette étude s’ajoute aux nombreuses recherches mettant en avant les bienfaits des thérapies axées sur la pleine conscience, notamment la méditation, contre l’anxiété, la dépression et l’insomnie.

En juillet 2017, une étude publiée par l’Inserm dans la revue Scientific Reports affirmait ainsi que méditerpouvait améliorer le vieillissement. Pour cette étude, 73 personnes âgées de 65 ans en moyenne ont passé des examens d’imagerie cérébrale. Parmi elles, les “experts en méditation” (15 000 à 30 000 heures de méditation à leur actif) présentaient des différences significatives au niveau de certaines régions du cerveau. Or, c’est en permettant une réduction du stress, de l’anxiété, des émotions négatives et des problèmes de sommeil qui ont tendance à s’accentuer avec l’âge que la méditation pourrait réduire les effets néfastes de ces facteurs et avoir un effet positif sur le vieillissement cérébral.


Première apparition