mercredi , 20 novembre 2019
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Les patients qui s’auto-diagnostiquent sur Internet font très souvent erreur

Une étude dévoilée par Le Parisien indique que 85% des soignants sont quotidiennement confrontés à des patients qui s’auto-diagnostiquent mal avant la consultation.


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Aujourd’hui, grâce au web, les patients ont accès à une multitude de sources d’informations de santé… qu’ils privilégient souvent au détriment d’une consultation médicale. Or, ce réflexe serait trop répandu selon une étude de la start-up 360 Medics, qui se positionne comme le copilote des professionnels de santé pour répondre à leurs questions médicales, dévoilée par Le Parisien. Celle-ci avait pour but de comprendre l’impact de l’auto-diagnostic sur les relations patients-médecins mais aussi la manière dont cette pratique était perçue par les professionnels de la santé. Les auteurs ont interrogé via un questionnaire un échantillon de 300 soignants : médecins, pharmaciens, infirmiers…

D’après les résultats, il ressort que près de 83% déclarent recevoir souvent des patients qui se sont autodiagnostiqués juste avant leur consultation. Cette pratique est donc très courante mais elle n’est pas sans danger. En effet, le quotidien révèle que les soignants estiment que dans 85 % des cas, les auto-diagnostics posés par les malades sont peu souvent, voire rarement bons. « Ils confondent le symptôme et le diagnostic. », explique au Parisien le docteur Battistoni, président du syndicat des médecins généralistes. « Ils nous disent : j’ai une bronchite quand ils toussent, une sinusite pour un rhume, une gastro quand ils ont mal au ventre. » Une habitude qui n’est pas sans complexifier leur travail.

Des sites qui induisent les patients en erreur

En cause, les nombreux sites qui peuvent induisent les patients en erreur, notamment les forums de discussion. « Ils sont bien plus au courant qu’avant. », explique quant à lui le docteur Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France. « Mais ces sites ne sont pas toujours fiables et favorisent l’anxiété. Ils peuvent être un bon outil comme le pire. » De nombreuses études scientifiques ont d’ailleurs déjà attesté que pour un diagnostic, un médecin restera toujours plus fiable qu’une application ou un moteur de recherches, et que malgré la multiplication des sources d’informations médicales sur Internet, ces dernières ne peuvent se substituer à l’expertise des soignants.

Selon la start-up 360 medics, « le savoir faire de ces derniers demeure indispensable, voire incontournable à fortiori vu le nombre de sites qui induisent les patients en erreur. » Le Parisien évoque également d’autres raisons qui peuvent pousser autant de patients à faire leurs recherches en amont, à savoir une plus grande défiance vis-à-vis des professionnels de santé, et des malades de plus en plus exigeants. « Ils veulent un diagnostic si possible pas grave, un traitement qui marche et qu’on en parle plus dans quelques semaines. », affirme Bruno Fautrel, chef du service rhumatologie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, pour qui une bonne communication est nécessaire pour remporter l’adhésion.

Mais si le patient doit avant tout écouter son médecin, la relation de confiance s’établit dans les deux sens. Ainsi dans certains cas, il se peut que « les malades essayent de nous orienter pour nous aider et non pour nous court-circuiter. », indique Serge Smadja, secrétaire général de SOS Médecins. « Il n’est pas exclu que parfois ils aient raison ». A noter qu’en 2018, la société Newpharma s’est penchée sur les maladies ayant fait l’objet du plus grand nombre de requêtes sur Internet, dans le but de donner un éclairage sur ce qui semble le plus préoccuper le public. Il s’avère que l’endométriose, la maladie de Charcot, la maladie de Lyme ont été les trois pathologies les plus recherchées.

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