mardi , 21 janvier 2020
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Les prescriptions de Tramadol limitées à 3 mois


L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a pris la décision de restreindre la délivrance de médicaments antalgiques contenant du tramadol. A compter du 15 avril 2020, le délai maximal de prescription passera de 12 à 3 mois. Au delà de ces 3 mois, le patient traité devra faire renouveler son ordonnance par son médecin. 

Dans un communiqué publié jeudi 16 janvier, l’Agence indique que cette décision s’inscrit dans la continuité d’une étude menée en février 2019 pour mesurer la consommation d’antalgiques opioïdes en France. L’objectif est de limiter les risques de dépendance et de surdosage liés à une consommation non maîtrisée de cet antalgique à base d’opiacé. 

Le tramadol, une opioïde addictif

Le tramadol est le premier antalgique opioïde utilisé en France pour traiter la douleur. Un médicament dont l’usage s’est banalisé même s’il ne peut être obtenu que sur prescription médicale. En conséquence, les mauvaises utilisations de ce dérivé d’opiacés sont de plus en plus fréquentes. Plusieurs enquêtes d’organismes de vigilance et d’addictologie ont montré la dangerosité de ce médicament. 

En 2018, le tramadol est notamment le premier antalgique opioïde plebiscité par les usagers de drogues. C’est d’ailleurs le deuxième antalgique le plus fréquemment retrouvé sur les ordonnances falsifiées présentées en pharmacie, derrière la codéine. Triste constat : le tramadol est même devenu, devant la morphine, le premier médicament impliqué dans les décès liés à la prise d’antalgiques.  

L’ampleur du problème est sans comparaison avec la crise des opiacés aux États-Unis, mais suffisamment importante pour aiguiser la vigilance des décisionnaires sanitaires français.


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Sensibiliser les professionnels de santé et les patients

En dépit de ces dérives, l’ANSM n’interdit pas l’utilisation de ce médicament, utile dans plusieurs cas pour traiter la douleur. Elle incite les professionnels de santé à rester vigilants quant aux premiers signes d’addiction lors de la prescription ou de la délivrance des médicaments contenant du tramadol. Pour rappel : 

  • Le tramadol ne doit pas être prescrit pour des migraines, mais uniquement dans le cas de douleurs modérées à intenses. Il expose à des risques de convulsions. 
  • Dans le cas d’un patient accoutumé au médicament, la posologie doit être progressivement diminuée avant l’arrêt du traitement pour éviter un syndrome de sevrage. 
  • Pour limiter tout risque de dépendance, il doit être prescrit pour la plus courte durée possible, dans les plus petits conditionnements, mieux adaptés à la prescription. 

L’accoutumance au tramadol est pernicieuse et peut survenir rapidement, sans même que l’on s’en rende compte. Pourtant le risque de décès par surdosage de tramadol est bien réel et trop nombreux sont les utilisateurs peu conscients des conséquences. L’ANSM tient donc à préciser quelques règles d’usage :  

  • Limitez-vous strictement à la posologie et à la durée du traitement prescrites par votre médecin. 
  • Si le tramadol ne calme pas suffisamment ou rapidement la douleur, consultez de nouveau votre médecin. Ne prenez pas la décision d’augmenter vos doses tout seul
  • Ne prenez pas la décision d’arrêter brusquement votre traitement. Prenez conseil auprès de votre médecin ou de votre pharmacien qui vous accompagnera dans un sevrage progressif

Pour déclarer tout effet indésirable, abus, dépendance ou usage détourné lié au tramadol, donner l’alerte sur signalement-sante.gouv.fr

Si vous avez des questions sur les risques liés au tramadol, rapprochez-vous de votre médecin, de votre pharmacien, ou du centre d’addictovigilance de votre région.

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