jeudi , 27 février 2020
Accueil » Santé et Remise en forme » Lombalgie : ce que peut faire une cure thermale

Lombalgie : ce que peut faire une cure thermale


La lombalgie est l’une des indications les plus fréquentes de la cure rhumatologie, précise le Dr Alain Françon, rhumatologue à Aix-les-Bains. Au stade chronique, une cure de trois semaines est appropriée. Quatre essais cliniques réalisés dans des centres thermaux français ont été publiés dans des revues internationales de référence. Ils comparaient une cure de trois semaines à la poursuite d’un traitement classique. Résultat : une amélioration significative de la douleur à 3 et 6 mois, une reprise des activités et une réduction de la consommation médicamenteuse avec la cure.

La cure thermale détend les muscles douloureux

Des douches, des applications de boue, des massages et de la rééducation en piscine, associés aux effets physiques de la chaleur des bains, décontractent les muscles endoloris. Car les mouvements font moins mal et sont plus faciles à réaliser en immersion dans l’eau chaude.

La mobilisation des muscles et des articulations en piscine s’effectue sous la conduite d’un kinésithérapeute. Cela permet de réduire la raideur de la colonne vertébrale, de restaurer la mobilité et de gagner en amplitude articulaire.

La cure thermale réapprend à bouger

Des prestations complémentaires de la cure, non prises en charge par la Sécurité sociale, sont parfois proposées. Aux Thermes Chevalley d’Aix-les-Bains (Savoie), le programme Lombalgie, apaiser son dos est personnalisé après un bilan avec la kinésithérapeute. Les cours de gymnastique et les ateliers santé sont adaptés en conséquence. "La lombalgie étant multifactorielle, je propose des exercices pour varier les efforts musculaires et les bonnes postures selon les possibilités physiques de chacun", précise Marianne Estève, kinésithérapeute aux Thermes nationaux d’Aix-les-Bains. "La douleur chronique enferme le patient. Nous lui permettons de réaliser que l’exercice ne fait pas mal et que, au contraire, il soulage."

La cure thermale permet de retrouver son autonomie

"Je conseille les curistes sur les gestes et les postures qu’ils peuvent choisir selon leur état de forme. Objectif : trouver une parade pour ne plus subir la lombalgie, explique Samuel Lagraula, ergothérapeute, animateur d’un atelier pour utiliser son dos au quotidien.

Celui-ci est proposé dans le programme Lombalgie, santé du dos aux Thermes Adour de Dax, dans les Landes. Le temps de repos de la cure favorise une rupture avec le milieu habituel. Il permet d’échapper aux contraintes gestuelles et postu rales inappropriées de la vie quotidienne.

J’encourage les curistes à lever leurs peurs et leurs a priori sur les attitudes à adopter. Je les incite notamment à trouver des compensations gestuelles en faisant le ménage, dans leur voiture… pour rester efficaces et autonomes malgré la lombalgie. Plus on réhabilite le mouvement, moins on se fait mal. La cure thermale est le lieu idéal pour prendre conscience que l’on peut changer son comportement. Cela permet à la fois de pérenniser les effets du traitement thermal et de limiter les récidives."

La cure thermale permet de regagner de la souplesse

"Une curiste souffrait d’importantes raideurs lombaires dues à une arthrose ankylosante, relate Iryna Dornier, médecin thermal à Jonzac. J’ai comparé ses examens cliniques d’entrée et de fin de cure. Lors du premier examen, la distance des doigts de la curiste penchée en avant, au sol, était de 50 cm. À la fin de la cure, elle touchait le sol et la mobilité de son rachis s’était améliorée. Elle a aussi diminué son traitement anti-inflammatoire."

3 curistes témoignent

  • Mireille Grac, 64 ans, lombalgie chronique due en partie à une scoliose : malgré une rééducation depuis l’enfance, j’avais des crises de douleurs lombaires. Après ma cure aux Thermes Chevalley d’Aix-les-Bains, j’ai pu reproduire chez moi, grâce à des fiches détaillées remises lors des ateliers, les exercices adaptés à mon problème. Notamment les étirements du dos réalisés avec plus de facilité et de confort sur un ballon. Aujourd’hui, je gère mieux mes douleurs. "
  • Alexandra le Bras, 40 ans, lombalgie chronique depuis 2 ans : je suis cuisinière de collectivité, debout 9 heures par jour, portant des charges lourdes. J’ai souffert de douleurs lombaires jusqu’à un point de non-retour. Grâce à l’écoute et aux conseils des équipes des Thermes Adour, à Dax, je dispose maintenant d’outils pour m’en sortir. J’ai aussi appris à compenser ma douleur grâce à des gestes et à des postures simples. Si je dois porter un plat, par exemple, je ne le mets plus au centre de la table, je le pose près de moi. J’ai acquis une connaissance de ma pathologie qui me préserve. Cela me donne de l’espoir pour reprendre mon travail.
  • Ghislaine Rinaldi, 70 ans, lumbagos à répétition : après 4 cures rhumatologie complétées par un programme Lombalgie chronique aux Thermes de Jonzac, en Charente-Maritime, je vais beaucoup mieux. Je souffrais de lumbagos à répétition et je prenais des anti-inflammatoires et des antidépresseurs car je ne dormais plus. Dès ma première cure, j’ai retrouvé une meilleure mobilité et ce, pendant plus de 6 mois. Aujourd’hui, je ne prends quasiment plus de médicaments.

A lire aussi :

  • Lombalgie : comment l’empêcher de devenir chronique
  • Je suis patiente experte en lombalgies chroniques
  • Lombalgie chronique : le yoga serait un bon antidouleur



Première apparition