mercredi , 23 octobre 2019
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Mentir à ses enfants pourrait en faire des manipulateurs

Les parents sont souvent amenés à mentir à leurs enfants, notamment pour les faire obéir. Malheureusement, cette astuce serait associée à des retombées néfastes une fois que l’enfant devient adulte. C’est ce que déplore une étude singapourienne.


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Que celui ou celle qui n’a jamais menti, même par omission, à un enfant lève la main. Le mensonge fait souvent partie de l’éducation des enfants, surtout si ceux-ci peinent à bien se comporter malgré toutes les autres méthodes employées.

Hélas, cette approche serait néfaste à l’enfant sur le long terme, puisqu’elle l’encouragerait à adopter une fois adulte un comportement de manipulateur. C’est en tout cas ce qui ressort d’une étude menée par des chercheurs de l’Université de Singapour, et publiée dans The Journal of Experimental Child Psychology. L’équipe a interrogé par questionnaires quelque 379 jeunes étudiants quant à leur éducation, et notamment sur la propension de leurs parents à leur mentir lorsqu’ils étaient enfants.

Résultat : les jeunes adultes à qui l’on avait menti le plus durant l’enfance étaient plus susceptibles de mentir à leurs parents à l’âge adulte. Ils ont également avoué avoir plus de difficultés physiologiques et sociales que les autres étudiants, moins exposés au mensonge en tant qu’enfants. Ces difficultés d’adaptation incluaient des problèmes de conduite, l’expérience de la culpabilité ou de la honte, ou encore un caractère égoïste ou manipulateur.

Le fait d’éduquer par le mensonge peut sembler faire gagner du temps, en particulier lorsque les véritables raisons pour lesquelles les parents souhaitent que leurs enfants fassent quelque chose, et est compliqué à expliquer. Lorsque les parents disent à leurs enfants que ‘l’honnêteté est la meilleure pratique’, mais ils affichent leur malhonnêteté en mentant, un tel comportement peut envoyer des messages contradictoires à leurs enfants. La malhonnêteté des parents peut éventuellement éroder la confiance et promouvoir la malhonnêteté chez les enfants”, détaillé Setoh Peipei, auteure principale de l’étude.

Nos recherches suggèrent que la parentalité par le mensonge est une pratique qui a des conséquences négatives pour les enfants lorsqu’ils grandissent. Les parents doivent être conscients de ces implications potentielles en aval et envisager des alternatives au mensonge, telles que le fait de reconnaître les sentiments de l’enfant, de lui donner des informations afin que l’enfant sache quoi faire, de lui proposer des choix et des manières de résoudre les problèmes ensemble, afin de susciter un bon comportement de la part des enfants”, a suggéré la chercheuse.

Notons que l’étude n’a pas différencié différents degrés de mensonges. Ainsi, peut-être y a-t-il des mensonges moins nocifs que d’autres (“il n’y a plus de bonbons” vaudrait mieux que “si tu ne te comportes pas bien, je vais te jeter au crocodile”).

Source : Eurekalert

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