vendredi , 21 février 2020
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Microbiote : certains aliments courants aideraient à le modeler


Depuis quelques années, les bienfaits de certains aliments et nutriments, nommés probiotiques ou prébiotiques, sont de plus en plus connus et reconnus pour leurs effets bénéfiques sur le microbiote intestinal.

Dans une étude parue le 13 janvier dans la revue spécialisée Gut Microbes, des chercheurs de l’Université d’Etat de San Diego (États-Unis) révèlent que des aliments plus courants, plus “quelconques”, ont aussi, à leur façon, un effet intéressant à exploiter pour “dompter” la jungle bactérienne du microbiote.

Les chercheurs ont ici commencé leur expérience en identifiant des aliments considérés comme “antimicrobiens”, tels que le miel, la réglisse, la stévia, l’aspartame, la sauce piquante, l’origan, la cannelle, le clou de girofle ou encore la busserole (ou raisin d’ours). Le dentifrice, connu pour contenir des agents antimicrobiens, a également été testé.

En mettant ces aliments en contact avec des échantillons de flore intestinale, les chercheurs ont constaté que ces aliments avaient un effet sur le nombre de bactéries en présence, car ils déclenchaient la production de bactériophages, des virus qui infectent et se répliquent à l’intérieur des bactéries, engendrant leur mort. En provoquant l’augmentation du nombre de phages tueurs de bactéries dans le tractus digestif, miel, stévia et autres aliments dits “antimicrobiens” pourraient ainsi modifier la composition bactérienne du microbiote intestinal.


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“Cela montre que nous pourrions sculpter le microbiote intestinal humain avec des composés alimentaires courants”, a commenté Forest Rohwer, spécialiste du microbiote et coauteur de l’étude.

La capacité de tuer des bactéries spécifiques, sans affecter les autres, rend ces composés très intéressants”, a-t-il estimé. “Nous pourrions en fait nous attaquer à certaines conditions en ajustant les aliments que nous consommons, ce qui affectera la diversité microbienne qui, à son tour, influencera la santé et les maladies”, a ajouté Lance Boling, biologiste moléculaire ayant participé à l’étude. Car la composition et la diversité du microbiote intestinal sont associées à l’augmentation ou à la diminution du risque de maladies telles que la dépression, le surpoids, l’obésité, le diabète ou encore les maladies inflammatoires de l’intestin (MICI).

Cette approche réductrice visant à utiliser des aliments producteurs de phages est “semblable [celle qui consiste] à arracher les mauvaises herbes d’un jardin afin que les plantes les plus désirables aient de la place pour pousser”, a précisé Lance Boling, d’où le terme d’aménagement paysager de l’intestin employé par l’équipe de recherche.

Notons que les phages font l’objet de nombreuses recherches visant à les utiliser en vue de remplacer les antibiotiques, du fait de l’émergence de résistances bactériennes aux antibiotiques. On parle alors de phagothérapie, technique qui était sommairement utilisée bien avant la découverte des antibiotiques.

Source : Eurekalert

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