mercredi , 22 janvier 2020
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Mon enfant dort mal – Planete sante

C’est un vrai casse-tête pour certains parents: le petit a du mal à s’endormir et, durant la nuit, se réveille à plusieurs reprises et se met à pleurer. Inutile de s’inquiéter pour autant, le phénomène est fréquent. Si votre enfant a le sommeil troublé, cela ne signifie ni qu’il a un trouble neurologique, ni qu’il souffre d’une autre maladie. D’abord, il est important de considérer ses besoins de sommeil, qui varient selon son âge. A la naissance, le nourrisson dort énormément: 16 heures sur 24. Durant son premier mois de vie, il enchaîne des cycles de quatre heures comprenant deux heures de sommeil suivies de deux heures de veille, sans faire la différence entre le jour et la nuit. La moitié de son sommeil est constituée de sommeil paradoxal, ce qui lui permet de consolider sa mémoire et ses capacités d’apprentissage. Il rêve donc beaucoup et c’est pour cette raison qu’il s’agite.

Progressivement, au cours de ses six premiers mois, l’enfant fait des nuits plus longues et reste plus longtemps éveillé pendant la journée, ce qui ne l’empêche pas d’avoir besoin de siestes. Son horloge biologique se met en place et règle peu à peu son rythme circadien. Ensuite, le besoin de sommeil diminue peu à peu jusqu’à l’âge de 4 ans. L’enfant dort pendant toute la nuit et reste éveillé pendant la journée. Il lui faut quand même deux siestes au début, puis il se contente d’une seule. De 6 à 12 ans, votre enfant se trouve dans la période qualifiée de «haute vigilance». Il fait preuve d’une grande activité dans la journée et, le soir venu, il tombe de sommeil et dort comme un loir. Dans cette phase de son développement, il est très rare qu’il souffre de problèmes de sommeil.

Bien dormir, ça s’apprend

Les enfants ne souffrent que très rarement de troubles du sommeil de nature organique et, d’ailleurs, on ne les traite jamais avec des médicaments. Certains ont toutefois du mal à s’endormir et à faire de bonnes nuits. En fait, bien dormir s’apprend. Il faut donc entraîner votre enfant à avoir un bon sommeil, avant six mois.

A cette fin, vous devez vous adapter au rythme de votre bébé et faire en sorte que la nuit soit différente du jour, par exemple en le nourrissant dans un lieu plus silencieux et peu éclairé. Le bébé doit aussi s’habituer à s’endormir sans vous avoir à ses côtés. Sinon, quand il se réveille, il est inquiet de ne pas vous voir, il risque de pleurer et vous, de vous précipiter vers son berceau pour l’apaiser. La séquence «éveil, pleurs, intervention d’un adulte» s’inscrit alors dans son cerveau et il lui faudra des années pour s’en débarrasser.

Ne pas se précipiter

Vous pouvez aider votre enfant en lui aménageant des horaires pour les repas, les bains, les jeux, les promenades et le coucher aux alentours de 20 h (s’il a entre 5 et 6 ans). Il peut être utile de trouver un rituel pour l’endormir: une peluche, qu’il gardera près de lui, une petite phrase lui souhaitant bonne nuit ou une musique, toujours la même. Evitez aussi, autant que faire se peut, les voyages et les décalages horaires et, s’il va à la crèche, donnez-lui des objets qui lui rappellent son foyer. Ces règles simples permettent en général une adaptation très rapide de l’enfant.

Mais que faire si, malgré tout, votre enfant pleure? Mieux vaut ne pas vous précipiter. La première fois que votre bambin se met à crier, attendez cinq minutes avant d’aller le voir et ne restez près de lui que deux à trois minutes, le temps de le rassurer en lui parlant, mais sans le prendre dans vos bras. En effet, un enfant peut pleurer sans être totalement réveillé et, en le prenant dans vos bras, vous ne ferez que le réveiller complètement. La deuxième fois, attendez dix minutes. Recommencez le lendemain, mais en différant encore un peu plus votre intervention.

Vous aurez peut-être du mal à vous conformer à ces conseils. Mais en cajolant ou en nourrissant votre enfant lorsqu’il s’éveille pendant la nuit, vous lui offrez une «récompense» qui peut renforcer son désir de réveils nocturnes. Mieux vaut donc vous abstenir, quoi qu’il vous en coûte.

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*Adapté de J’ai envie de comprendre… Le sommeil, d’Elisabeth Gordon, en collaboration avec Raphaël Heinzer et José Haba-Rubio, Ed. Planète Santé, 2016.

Paru dans Planète Santé magazine N° 36 – Décembre 2019


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