vendredi , 11 décembre 2020
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Ostéo, kiné ou chiro : comment choisir ?


Pour récupérer après une blessure ou venir à bout de douleurs musculaires et/ou articulaires (entre autres choses), l’intervention d’un professionnel est indispensable.

Le problème ? Comme de nombreux Français, vous ne savez pas nécessairement vers qui vous tourner, les différences entre kinésithérapeutes, ostéopathes et chiropracteurs étant souvent trop subtiles pour les profanes. Philippe Fleuriau, président de l’Association Française de Chiropraxie, l’admet volontiers : "C’est compliqué, parce que nous sommes tous sur le même terrain de prise en charge pathologique." Ce qui n’est toutefois pas une raison pour ne pas essayer de démêler tout ça.

Les kinésithérapeutes

  • Que traitent-ils ?

Problèmes orthopédiques (lésions, entorses, soucis musculaires etc.), rhumatologiques (arthrose, tendinopathies, maladies inflammatoires), uro-gynécologiques, neurologiques (maladie de Parkinson, sclérose en plaques, hémiplégie), pneumologiques (bronchopneumopathies, bronchiolites…) : le champ d’intervention des kinés, tous diplômés d’état, est vaste. "Et il existe, en plus, des spécificités chez certains, qui se spécialisent dans la kiné sportive et interviennent au niveau du suivi de l’entraînement et de la bobologie des athlètes", explique Laurent Rousseau, secrétaire général de la FFMKR (Fédération Française des Masseurs Kinésithérapeutes Rééducateurs).

  • Comment travaillent-ils ?

Avant toute chose, il est important de noter que, comme l’explique Laurent Rousseau, "les kinés travaillent sur prescription médicale. Il nous arrive parfois d’avoir un accès direct au patient pour une urgence, mais nous en faisons part à son médecin" Et ensuite ? "Il y a deux volets. D’abord l’accompagnement et le soin, pour lesquels nous mettons en place des techniques (comme des manipulations, des massages ou des exercices de renforcement, ndlr.) qui accélèrent et orientent la guérison d’une pathologie donnée." Une approche complétée par une démarche plus globale : "Dans certains cadres, comme tout ce qui est rhumatologique, nous allons travailler le biomécanique, mais aussi le psychologique et le social pour mieux comprendre la personne et l’origine de ses douleurs ou de ses handicaps."

  • Dans quel cas les choisir ?

"Je dirais que la personne doit déterminer le bon type de praticien par rapport à ses croyances et ses connaissances. Si le patient a une vision très mécanique de sa santé (quelque chose ne va pas, il faut le réparer), l’ostéo et la chiro peuvent coller", explique Laurent Rousseau, avant de préciser que les kinés sont peut-être plus indiqués pour celles et ceux qui veulent être "accompagnée par leur médecin et bénéficier d’une vision globale, notamment lorsqu’il s’agit de traiter une maladie chronique comme la lombalgie. Mais l’important est de partir du patient, au lieu d’accoler un type de praticien à un problème donné."

Les ostéopathes

  • Que traitent-ils ?

"En majorité des douleurs diverses et variées comme celles du dos (lombalgies, dorsalgies, cervicalgies) mais aussi des souffrances momentanées après des traumatismes, comme des entorses ou des fractures", détaille Dominique Blanc, président de l’Association des Ostéopathes de France.

  • Comment travaillent-ils ?

Pour mieux saisir le travail des ostéopathes, il est nécessaire de comprendre le principe de tissu conjonctif, ces membranes biologiques qui font le lien entre les différents tissus de l’organisme : "Les ligaments, les synoviales, le péritoine, les méninges, tout ça, c’est du tissu conjonctif", explique Dominique Blanc. "On en a partout dans le corps, et il est parfois soumis à des tensions liées à la l’histoire du patient, ses traumatismes et sa morphologie, ou encore une intervention chirurgicale." Suite à un bilan général, les ostéo identifient ces tensions appliquent  "des techniques de manipulation articulaires. Mais nous allons aussi nous intéresser aux viscères et au crâne. C’est notre vraie spécificité."

  • Dans quel cas les choisir ?

Encore une fois, tout dépend de vos convictions. "Mais ce qui est important dans notre cas, au-delà du travail crânien et viscéral, c’est la notion de globalité. Quand on reçoit un patient, on ne traite pas une région ou une articulation mais l’ensemble de l’individu", explique Dominique Blanc, qui précise également que les ostéo "travaillent en collaboration avec tous les professionnels de santé, et notamment les kinés. Nous sommes tout à fait complémentaires."

Les chiropracteurs

  • Que traitent-ils ?

"Tout ce qui est musculo-squelettique", explique Philippe Fleuriau. "Il s’agit donc d’un champ thérapeutique assez large, qui va du mal de dos au problème de genou en passant par le souci de cheville. Notre axe de traitement, c’est la colonne vertébrale et le bassin, mais nous travaillons aussi sur les articulations périphériques, comme les poignets, les coudes, les genoux ou les hanches."

  • Comment travaillent-ils ?

La mobilisation et la manipulation vertébrale. Voilà le grand principe sur lequel les chiropracteurs basent leurs interventions. "Ensuite, il y a trois types de manipulations : strictement manuelles, comme chez les ostéo, mécaniquement assistées ou instrumentales (c’est à dire avec des outils propres à la profession, pour les patients ne souhaitant pas être manipulées, ndlr.) Mais il faut savoir qu’en France, nous faisons partie des deux seules professions autorisées à pratiquer des manipulations vertébrales avec vecteurs de force (c’est à dire basées sur des impulsions, nldr.) Les kinés et les ostéo n’ont pas le droit."

  • Dans quel cas les choisir ?

Tout dépend, là encore, de vos préférences. "Mais il faut noter qu’un kiné, par exemple, ne peut pas aller beaucoup plus loin que ce que lui demande le médecin du patient", précise Phillipe Fleuriau. "Ceci dit, il existe des situations dans lesquelles l’intervention d’un autre praticien, comme pour un massage ou une mise en place d’exercices dans le cas du kiné, est nécessaire. Nous pouvons conseiller à nos patients une prise en charge pluridisciplinaire. Mais je dirais que le mieux est encore d’essayer pour savoir !"

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