mardi , 10 décembre 2019
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Personnalité borderline : un lien possible avec un traumatisme dans l’enfance

Une analyse menée sur plus de 5 000 personnes a montré que les personnes présentant un trouble de la personnalité limite ou borderline seraient plus susceptibles que les autres d’avoir subi un traumatisme durant l’enfance.


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Personnalité limite ou borderline et traumatisme dans l’enfance pourraient être liés. C’est en tout cas ce que suggère une méta-analyse menée par des chercheurs de l’Université de Manchester (Royaume-Uni), et publiée dans la revue Acta Psychiatrica Scandinavica.

L’analyse de 97 études internationales regroupant plus de 5 000 personnes a ainsi montré que les personnes présentant un trouble de la personnalité borderline (TPB) étaient 13,91 fois plus susceptibles que les personnes sans trouble mental d’avoir subi un traumatisme durant l’enfance. Et 71,1% des personnes présentant un grave problème de santé ont signalé au moins une expérience traumatisante durant leur enfance.

Pendant notre enfance et notre adolescence, notre cerveau connaît un développement considérable et nous affinons également nos stratégies pour faire face aux défis de la vie quotidienne et aux sentiments négatifs qu’ils entraînent”, a souligné le Dr Filippo Varese, coauteur de l’analyse. “Chez certaines personnes ayant subi un stress chronique et écrasant dans leur enfance, il est probable que ces réponses ne se développent pas de la même manière. Les personnes peuvent devenir plus sensibles au stress. Elles sont parfois incapables de gérer des pensées négatives intenses et peuvent avoir recours à des pratiques dangereuses ou inefficaces pour se sentir mieux, par exemple la prise de drogue ou l’automutilation, ce qui peut entraîner divers problèmes de santé mentale, notamment les problèmes couramment observés chez les personnes ayant reçu un diagnostic de personnalité borderline”, a ajouté le chercheur.

Les formes les plus courantes de traumatisme durant l’enfance rapportées par les personnes atteintes de TPB étaient le manque de soins (48,9%), suivie de la violence psychologique (42,5%), de la violence physique (36,4%), de la violence sexuelle (32,1%) et de la négligence émotionnelle (25,3%).

Le Dr Filippo Varese déplore le fait que le TPB soit encore perçu aujourd’hui comme un trouble mental mineur, alors qu’il peut être très pénible à vivre et difficile à prendre en charge. Il se caractérise par une impulsivité majeure et une instabilité marquée des émotions, des relations interpersonnelles et de l’image de soi. Il se manifeste par une hyperémotivité, des réactions excessives, des difficultés à gérer la colère et à prévoir les conséquences de ses actes, une perturbation de l’identité, une instabilité dans les relations interpersonnelles, des comportements impulsifs et dangereux, ou encore dans les cas les plus graves, des pensées et gestes suicidaires.

Source : MedicalXpress

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