dimanche , 20 septembre 2020
Accueil » Santé et Remise en forme » Plantes sauvages : alerte après une intoxication due à la consommation de datura

Plantes sauvages : alerte après une intoxication due à la consommation de datura


Certaines plantes toxiques ressemblent à des plantes comestibleset peuvent être confondues avec ces dernières lors de cueillettes dans la nature mais également dans le jardin ou le potager. C’est pourquoi la cueillette de plantes pour la consommation n’est pas sans risques.

L’Anses (Agence de sécurité sanitaire de l’alimentation) et les Centres antipoison recensent ainsi 250 cas par an en moyenne de confusion de plantes toxiques avec des plantes comestibles aux conséquences pouvant être graves, voire mortelles. Leur dernière alerte concerne une intoxication grave suite à la consommation de feuilles de datura : quatre personnes d’une même famille avaient préparé et consommé dans un plat cuisiné des feuilles de datura (Datura stramonium).

Confusion avec des feuilles de tétragone cornue

Or, ces feuilles ont été confondues avec des feuilles de tétragone cornue ramassées dans leur jardin potager. « Les personnes intoxiquées pensaient avoir cultivé de la tétragone cornue (Tetragonia tetragonoides), plante également appelée « Epinard de Nouvelle-Zélande », ou « épinard d’été ».

Considérée comme un légume dit « oublié », la tétragone cornue connaît un regain d’intérêt ces dernières années », précise l’Anses. Les personnes ont rapidement présenté des signes d’intoxication grave nécessitant une hospitalisation, en réanimation pour chacune d’entre elles. Si l’évolution clinique a été favorable pour ces dernières, l’une d’elles a nécessité un suivi médical prolongé.

Les personnes avaient semé des graines achetées en sachet dans un magasin botanique, qui n’ont cependant pas poussé au moment prévu. Constatant, un an après, des petites pousses à l’endroit où avaient initialement été semées les graines de tétragone cornue, elles ont repiqué ces pousses qui étaient en fait du datura ayant poussé de manière involontaire.

Une fiche de reconnaissance mise en ligne par l’Anses et l’Inrae indique que le datura est une plante annuelle sauvage de 40 cm à plus 1m de haut qui pousse facilement sur tout le territoire, dans les champs cultivés, friches, terrains vagues, décombres ainsi que dans les jardins potagers : c’est une espèce présente dans toute la France, en expansion.

La tétragone cornue est, quant à elle, une plante annuelle atteignant 20-50 cm de haut et il s’agit d’une espèce naturalisée uniquement sur les sables et rochers du littoral (Bretagne, Var, Corse), rare et cultivée dans les potagers ailleurs en France.

Pour bien les distinguer,il faut savoir que le datura stramoine a de grandes feuilles (3-24 cm) à contour ovale, à bords inégalement dentés alors que la tétragone cornue possède des feuilles plus petites (2-11 cm), entières (sans dents), de formes losangiques-triangulaires.

Par ailleurs, le datura stramoine a de grandes fleurs blanches (6-11 cm) en entonnoir alors qu’elles sont vert-jaunâtres et discrètes à l’aisselle des feuilles chez la tétragone cornue.

Enfin, le datura a un port dressé et peut atteindre plus d’1 mètre de haut tandis que la tétragone cornue présente un port couché ou ascendant ne dépassant pas 20 à 50 cm de haut.

Selon l’Anses, « le datura est parfois semé en bout de rang de pomme de terre pour attirer et empoisonner les larves de doryphores dans une approche de lutte écologique.

Quels sont les symptômes d’une intoxication au datura ?

Toutes les parties de la plante sont toxiques et peuvent être à l’origine d’effets sanitaires graves voire mortels. » Dans un article dédié publié en mars 2019, la revue scientifique The Conversation souligne que cette toxicité provient du fait que toutes ses parties (fleur, feuille, graine, sève) contiennent d’importantes teneurs en alcaloïdes.

Comme l’affirme l’article, « ces alcaloïdes sont responsables des symptômes générés par l’intoxication au datura : augmentation du diamètre de la pupille (mydriase), hallucinations, tachycardie, confusion mentale, sécheresse des muqueuses. » Plus précisément, dans l’heure suivant le repas, les premiers signes cliniques apparaissent : troubles digestifs (nausées, vomissements), sécheresse de la bouche, accélération du rythme cardiaque, dilatation des pupilles, état d’agitation, hallucinations… pouvant être accompagnés d’une désorientation, voire de convulsions et d’un coma.

Ne pas improviser avant de cueillir et de manger des plantes

En cas de doute sur l’identification de la plante récoltée, l’Anses recommande donc de ne pas la consommer.

Il convient également de cesser de la manger si elle a un goût inhabituel ou désagréable et de photographier sa cueillette pour en faciliter l’identification en cas d’intoxication. « Assurez-vous de bien savoir à quoi ressemble la plante qui va pousser. Aidez-vous de photographies disponibles sur le sachet de graines achetées ou sur d’autres supports », atteste l’Agence.

Il faut aussi rester vigilant lors de la cueillette : ce n’est pas parce qu’une plantule émerge là où elle a été semée qu’elle est issue du lot semé, et il ne faut pas cueillir par brassées pour éviter de mélanger des espèces toxiques avec des espèces comestibles.

La première mesure à prendre en cas d’intoxication est de contacter un centre antipoison ou d’appeler le 15 en cas de détresse vitale (coma, détresse respiratoire…)

À lire aussi

Première apparition