dimanche , 15 décembre 2019
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Pollution : les nanoparticules pourraient augmenter le risque de cancer du cerveau

Après dix années de recherches, des chercheurs affirment que de minuscules particules produites notamment par le trafic routier peuvent envahir le cerveau et véhiculer des agents cancérigènes avec à terme un risque d’apparition de tumeurs cérébrales.


© iStock

Les études scientifiques sont de plus en plus nombreuses à démontrer que la pollution de l’air peut avoir divers effets à court et à long terme sur la santé. Parmi les risques les plus connus, les maladies respiratoires aiguës (pneumonie) et chroniques (cancer du poumon, par exemple) ainsi que les maladies cardiovasculaires. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime ainsi qu’au niveau mondial, 1,3 million de personnes, dont plus de la moitié dans les pays en développement, meurent chaque année en raison de la pollution de l’air des villes. En outre, les populations plus vulnérables comme les enfants et les personnes âgées sont plus sensibles à ses effets préjudiciables.

Une nouvelle recherche menée par des membres de l’université McGill à Montréal et relayée par le site Slate et The Guardian s’est intéressée aux dangers des particules ultrafines (ou nanoparticules, dont le diamètre est inférieur à 0,1µm) issues de la combustion de carburant sur le cerveau. Leurs travaux publiés dans la revue Epidemiology indiquent que ces dernières peuvent non seulement atteindre le cerveau mais aussi provoquer l’apparition de tumeurs cérébrales. Cette étude est la première à suggérer cette relation de cause à effet, bien que des travaux antérieurs aient déjà montré que les nanoparticules peuvent pénétrer dans le cerveau et véhiculer des produits chimiques cancérogènes.

Des réglementations plus strictes pour réduire l’exposition des habitants.

« Les cancers du cerveau sont rares mais souvent mortels. Lorsque vous multipliez ces petits risques par un grand nombre de personnes, il peut arriver qu’il y ait beaucoup de cas. Dans une grande ville, cela pourrait être un chiffre significatif », explique le Pr Scott Weichenthal de l’Université McGill. Pour en venir à ces conclusions, les chercheurs ont analysé les dossiers médicaux et l’exposition à la pollution de 1,9 million de Canadiens adultes à Montréal et à Toronto dans des zones résidentielles entre 1991 et 2016. Pendant cette période, ils ont recensé le nombre de tumeurs développées au sein de la boîte crânienne malignes (ou cancéreuses) survenues chez l’ensemble des participants, avec un total de 1 400 cas.

Il s’avère que chaque augmentation de 10 000 nanoparticules par centimètres cube (cm³) et par an, la différence approximative entre les rues calmes et achalandées, était associée à une incidence de tumeur cérébrale plus élevée de 10%. Les niveaux de pollution dans les villes étudiées allaient de 6 000 cm³ à 97 000/cm³ et les chercheurs estiment par ailleurs que les personnes vivant avec une pollution de 50 000/cm³ avaient un risque de cancer du cerveau 50% plus élevé que celles vivant dans une zone polluée autour de 15 000 nanoparticules par cm³. L’équipe scientifique souligne que ces résultats sont cohérents mais que d’autres travaux doivent être menés pour confirmer ce risque.

Selon les chercheurs, l’enjeu d’une telle découverte est important car les polluants atmosphériques liés à la combustion, en particulier des véhicules, sont omniprésents dans l’environnement et de grandes populations y sont exposées au quotidien. Ainsi, les mesures réglementaires visant à réduire le taux de nanoparticules liées à la combustion pourraient avoir un impact important sur la santé publique dans le monde. A noter que d’autres études ont aussi mis en avant des effets néfastes de la pollution sur le cerveau, comme une baisse de QI, une démence et des problèmes de santé mentale chez les adultes et les enfants. Certaines d’entre elles évoquent même un danger pour le cerveau du fœtus pendant la grossesse.

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Alexandra Bresson


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