mercredi , 22 janvier 2020
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Pourquoi le BDSM (bondage, domination, sado-masochisme) rend heureux – Santé

L’Université d’Anvers souhaite briser le tabou autour du BDSM. Pour se faire, elle a mené une expérience unique dans un club fétichiste en Flandre. Celle-ci a permis de révéler les mécanismes biologiques derrière cette pratique sexuelle qui n’aurait rien d’une déviance.

BDSM signifie Bondage et Discipline (BD), Dominance et Soumission (DS) et Sadisme et Masochisme (SM). Au cours des dernières années, grâce au succès des films et des livres Fifty Shades of Grey, entre autres, le BDSM est devenu de moins en moins tabou. Pourtant, ceux qui le pratiquent sont encore souvent confrontés à des préjugés.

La première étude du genre

Dans le cadre de la première étude de ce genre au monde, une équipe de chercheurs de l’université d’Anvers menée par le professeur Manuel Morrens et Élise Wuyts, se sont rendus dans un club fétichiste (le Club 78 de la municipalité de Ham, dans la province du Limbourg), pendant 12 soirées, pour mesurer et analyser la douleur et le plaisir qui sont associés au BDSM.

Pour se faire, les chercheurs ont cartographié les mécanismes biologiques en jeu lors des sessions BDSM de 35 couples expérimentés qui se sont portés volontaires pour être étudiés. Ils se sont basés sur des questionnaires, des échantillons de sang, des algomètres de pression (pour mesurer le seuil de douleur), des capteurs GSR (pour surveiller le stress) et des moniteurs de fréquence cardiaque. Plusieurs observateurs ont également suivi méthodiquement les interactions durant les sessions.

Ils ont séparé les personnes en deux groupes test : d’une part, les soumis ou assujettis et d’autre part les dominants. Les deux groupes ont fait l’objet de tests sanguins avant et après les séances pour détecter la présence d’hormones de stress et de plaisir dans leur sang. « Chez les soumis, nous avons constaté une augmentation significative des hormones de stress et de plaisir dans leur sang « , dit Wuyts. En réalité la réaction de plaisir pourrait être clairement liée à la réaction de stress. Ceci confirme l’hypothèse que le BDSM peut provoquer une réaction de stress positive qui induit le plaisir que disent ressentir ceux qui le pratiquent. Les réactions positives au stress peuvent être comparées à ce qu’on appelle le ‘runner’s high’, un sentiment de bien-être dû à la libération d’un flot d’endorphines que les coureurs peuvent ressentir lors d’un effort prolongé. « Dans les deux cas, le corps produit des endocannabinoïdes « , déclare Wuyts. Elle compare aussi les réactions ressenties à ce qu’on ressent quand on regarde des films d’horreur ou lorsqu’on se trouve sur des montagnes russes. À ceci près, que ces sentiments, pour les praticiens du BDSM, sont encore extrapolés par le plaisir induit par l’intimité ou la sexualité. On notera que pour ceux qui sont dominants, la réponse de plaisir est principalement liée au jeu de pouvoir et moins autour de la douleur.

Pas une anomalie psychologique

« Pendant longtemps, pratiquer le BDSM a été classifié comme une déviation sexuelle, et même un désordre », dit encore Morrens. En fait, le manuel de diagnostic psychiatrique (DSM-5) décrit encore le BDSM comme devant faire l’objet d’un « diagnostic », ce qui signifie que les praticiens font encore souvent face à des préjugés », a-t-il ajouté.  » Or en nous basant sur des facteurs biologiques, nous pouvons aujourd’hui démontrer qu’il n’y a aucune raison de faire du BDSM une pathologie qui doit être traitée. Ce n’est pas une anomalie psychologique, mais une expression normale de l’intimité ou de la sexualité « , précise encore Élise Wuyts, psychiatre qui a assisté Morrens.

En 2017, une enquête, également réalisée par l’Université d’Anvers, auprès de 1028 Flamands, a révélé que près de la moitié (46,8%) d’entre eux avaient déjà exercé une activité BDSM au moins une fois auparavant.

BDSM signifie Bondage et Discipline (BD), Dominance et Soumission (DS) et Sadisme et Masochisme (SM). Au cours des dernières années, grâce au succès des films et des livres Fifty Shades of Grey, entre autres, le BDSM est devenu de moins en moins tabou. Pourtant, ceux qui le pratiquent sont encore souvent confrontés à des préjugés. Dans le cadre de la première étude de ce genre au monde, une équipe de chercheurs de l’université d’Anvers menée par le professeur Manuel Morrens et Élise Wuyts, se sont rendus dans un club fétichiste (le Club 78 de la municipalité de Ham, dans la province du Limbourg), pendant 12 soirées, pour mesurer et analyser la douleur et le plaisir qui sont associés au BDSM. Pour se faire, les chercheurs ont cartographié les mécanismes biologiques en jeu lors des sessions BDSM de 35 couples expérimentés qui se sont portés volontaires pour être étudiés. Ils se sont basés sur des questionnaires, des échantillons de sang, des algomètres de pression (pour mesurer le seuil de douleur), des capteurs GSR (pour surveiller le stress) et des moniteurs de fréquence cardiaque. Plusieurs observateurs ont également suivi méthodiquement les interactions durant les sessions. Ils ont séparé les personnes en deux groupes test : d’une part, les soumis ou assujettis et d’autre part les dominants. Les deux groupes ont fait l’objet de tests sanguins avant et après les séances pour détecter la présence d’hormones de stress et de plaisir dans leur sang. « Chez les soumis, nous avons constaté une augmentation significative des hormones de stress et de plaisir dans leur sang « , dit Wuyts. En réalité la réaction de plaisir pourrait être clairement liée à la réaction de stress. Ceci confirme l’hypothèse que le BDSM peut provoquer une réaction de stress positive qui induit le plaisir que disent ressentir ceux qui le pratiquent. Les réactions positives au stress peuvent être comparées à ce qu’on appelle le ‘runner’s high’, un sentiment de bien-être dû à la libération d’un flot d’endorphines que les coureurs peuvent ressentir lors d’un effort prolongé. « Dans les deux cas, le corps produit des endocannabinoïdes « , déclare Wuyts. Elle compare aussi les réactions ressenties à ce qu’on ressent quand on regarde des films d’horreur ou lorsqu’on se trouve sur des montagnes russes. À ceci près, que ces sentiments, pour les praticiens du BDSM, sont encore extrapolés par le plaisir induit par l’intimité ou la sexualité. On notera que pour ceux qui sont dominants, la réponse de plaisir est principalement liée au jeu de pouvoir et moins autour de la douleur. « Pendant longtemps, pratiquer le BDSM a été classifié comme une déviation sexuelle, et même un désordre », dit encore Morrens. En fait, le manuel de diagnostic psychiatrique (DSM-5) décrit encore le BDSM comme devant faire l’objet d’un « diagnostic », ce qui signifie que les praticiens font encore souvent face à des préjugés », a-t-il ajouté.  » Or en nous basant sur des facteurs biologiques, nous pouvons aujourd’hui démontrer qu’il n’y a aucune raison de faire du BDSM une pathologie qui doit être traitée. Ce n’est pas une anomalie psychologique, mais une expression normale de l’intimité ou de la sexualité « , précise encore Élise Wuyts, psychiatre qui a assisté Morrens.


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