dimanche , 15 décembre 2019
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Pourquoi râle-t-on sans arrêt ?

Vous n’arrêtez pas de râler, de vous plaindre. Pour tout, pour rien, et surtout plus de quinze fois par jour ! Est-ce bien raisonnable ? Et comment changer et devenir une personne plus positive?


© Adobe Stock / Daniel Berkmann

On ne naît pas râleur, on le devient. Alors, comment expliquer cette habitude de se plaindre sans cesse ?

Râler permet de verbaliser une tension intérieure


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« On se plaint lorsqu’un événement nous bloque, nous empêche, nous limite, explique Yves-Alexandre Thalmann, psychologue clinicien. Parce que l’on se sent impuissant, on cherche à se libérer d’une tension intérieure en la verbalisant à l’extérieur. »

L’embouteillage nous prive de liberté, les chaussettes qui traînent disent notre manque d’organisation. Insupportable pour certains ! Moins pour d’autres.

« Il semble qu’il y ait un facteur génétique à la stabilité émotionnelle qui influe sur l’anxiété et l’emportement. Mais ce sont aussi les expériences vécues qui façonnent la personnalité. » Quand on est élevé dans la plainte, on en prend l’habitude !

Pourquoi est-ce négatif ?

« Focaliser son attention sur ce qui ne va pas assombrit l’humeur et alimente la frustration. » La plainte est négative lorsqu’elle ne sert à rien.

« Pourtant, l’indignation est aussi source de motivation pour agir. Quand quelque chose ne va pas, plutôt que de s’en tenir à la parole, on peut aussi s’interroger et chercher des solutions. » Si on râle contre l’adolescent qui laisse traîner ses affaires, on peut se demander si, en faisant les choses à sa place, on ne brouille pas un peu le message… 

Peut-on changer son mode de fonctionnement ?

« Il ne s’agit pas de se conformer à des injonctions socioculturelles ! Il faut plutôt se poser les bonnes questions : “Est-ce que mes pensées et mes comportements participent à mon bien-être ?”, “Est-ce que je suis heureux ainsi ?” C’est en se responsabilisant que l’on peut changer. »

Ensuite, on prend son temps : « Une habitude ne cesse pas du jour au lendemain, mais elle peut être remplacée par de nouveaux comportements qui vont créer d’autres autoroutes dans le cerveau. Il s’agit de s’entraîner et de se faire aider par des proches pour bénéficier de soutien… et de rappels à l’ordre. »

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Comment arrêter de se plaindre

Yves-Alexandre Thalmann propose trois pistes.

D’abord, on évite les jugements à l’emporte-pièce ! « Quand l’autre nous contrarie, on est prompt à le disqualifier ! Mieux vaut cultiver sa curiosité, se décentrer et s’intéresser à lui. » Donc, demander à son ado pourquoi il laisse traîner ses affaires.

Ensuite, on change de point de vue :


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« On cesse les comparaisons dites ascendantes, qui focalisent sur le meilleur (“La circulation devrait être fluide”) et on privilégie les comparaisons descendantes (“La voiture pourrait être en panne”).

Et enfin, on cultive un esprit de gratitude : « Tenir un journal et faire l’effort de repérer chaque jour ce qui enchante, est un excellent antidote ». D’accord, on est coincé dans un bouchon, mais on écoute en ce moment même une émission passionnante !

A lire : On a toujours une seconde chance d’être heureux (éd. Odile Jacob), Yves-Alexandre Thalmann.

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Yves-Alexandre Thalmann, psychologue clinicien
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